Pour faire taire les rumeurs de désamour de Stellantis envers la France, le groupe investi 1 milliard dans l’hexagone
Alors que les dirigeants italiens, et la préférence américaine, laissaient craindre un déclassement de la France au sein de la galaxie Stellantis, le groupe officialise une enveloppe d’un milliard d’euros pour le site de Mulhouse. Ébruité par l’Élysée, ce plan de relance sécurise l’avenir des 4 500 salariés alsaciens avec l’attribution de trois futurs modèles Peugeot du segment C.

Emmanuel Macron a ébruité le secret il y a une semaine, mais Stellantis a attendu ce 2 juin pour le confirmer : le groupe va bien investir 1 milliard d’euros en France et à Mulhouse en particulier. À cette occasion, Antonio Filosa a fait le déplacement à Mulhouse, accompagné du ministre de l’économie Roland Lescure et du ministre délégué à l’industrie Sébastien Martin.
Mais non seulement l’Élysée avait vendu la mèche, au moment du sommet sur l’électrification, mais de plus, la nouvelle a rassuré tous ceux qui, d’une part, pensaient que la France était devenue le vilain petit canard de la galaxie Stellantis loin derrière sa gouvernance italienne et ses investissements américains.
La France gâtée et Peugeot chouchouté
Après les 320 millions d’euros investis dans la modernisation du site de Sochaux, ce milliard est aussi une manière de redonner le sourire aux 4 500 salariés du site de Mulhouse qui assemblent ces jours-ci les dernières DS7 qui seront bientôt remplacées par les DS numéro 7 délocalisées en Italie.
Des salariés qui ne savaient pas non plus quel serait le futur des Peugeot 308 et 408 qu’ils fabriqueront jusqu’en 2029. Désormais ils savent que dans 3 ans, ils assembleront non pas deux remplaçantes des modèles actuels, mais carrément trois. Berlines, SUV ? SUV coupés ? Aucun détail n’a fuité sur ces nouvelles autos, toutes de marque Peugeot. Seule certitude, ce seront des modèles du segment C et qu’ils seront basés sur la nouvelle plateforme STLA One.
Cette nouvelle plateforme mondiale, annoncée par Antonio Filosa lorsqu’il a exposé sa stratégie d’ici à 2030, ne sera pas réservée au Lion évidemment, même si la marque a été distinguée par le groupe parmi les quatre hauts potentiels (Peugeot, Fiat, Jeep et Ram). Le Français chouchou sera néanmoins le premier à utiliser cette fameuse STLA One qui sera à vocation mondiale par la suite.
Des soubassements qui posent pourtant question, et que l’industrie auto attend au tournant. Car cette plateforme est non seulement modulaire pour s’adapter à plusieurs tailles de voitures, un classique en la matière, mais elle est également multi-énergie pour accueillir des autos hybrides ou 100 % électriques.
Une plateforme qui pose question
Or, les détracteurs des électriques du groupe, et du prédécesseur de Filosa Carlos Tavares, expliquent que les plateformes polyvalentes sont moins efficaces et efficientes que celles qui sont spécifiques à chaque type d’énergie.
En revanche, personne n’a de doute sur l’une des qualités de ce couteau suisse : le gain de temps qu’il permet au moment de concevoir une nouvelle auto. Et comme le temps, c’est de l’argent, Stellantis a chiffré la diminution des coûts engendrés par STLA One et l’estime à 20 %.
Évidemment, la nouvelle plateforme ne va pas engloutir à elle seule le milliard d’investissement, et n’en absorbera que 500 millions. 400 autres millions seront consacrés à la mise en production des nouvelles autos, et les 100 derniers se destinent à la R&D. Des sommes qui vont creuser plus encore le déficit de Stellantis, et ses 22 milliards de pertes de l’an passé ? Pour Antonio Filosa, c’est le contraire. Il joue la relance, et entend de cette manière, gommer les pertes en question.


















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