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L’Europe sera-t-elle le parent pauvre du colossal investissement de Stellantis ?

Dans Economie / Politique / Industrie

Michel Holtz

Soixante milliards de dollars et 60 nouveaux modèles. En dévoilant son plan stratégique, le patron de Stellantis, Antonio Filosa, déborde d’ambition. Mais derrière ces chiffres monumentaux, une réalité plus sombre se dessine peut-être pour le Vieux Continent, avec des marges au rabais, des usines partagées et des marques reléguées au second plan. L’Europe automobile est-elle en train de sacrifier son avenir au profit du rêve américain ?

L’Europe sera-t-elle le parent pauvre du colossal investissement de Stellantis ?
C'est à Auburn Hill, non loin de Detroit, qu'Antonio Filosa a dévoilé son énorme plan stratégique. Photo : MaxPPP.

Lorsque l’on perd 22,3 milliards d’euros, l’on pourrait légitimement avoir tendance à se recroqueviller et à calculer au plus juste. Pas chez Stellantis, du moins sous l’ère Filosa.

Le patron vient de dévoiler son plan stratégique, baptisé FaSTLAne, savant jeu de maots mêlant « voie rapide » et STLA, le nom des plateformes maison. C’est depuis son siège américain à Auburn Hills dans le Michigan qu’il a fait exactement le contraire de la rigueur économique attendue : il accélère et dépense (presque) sans compter.

DS et Lancia deviennent-elles des sous-marques ?

Le groupe pose 60 milliards de dollars sur la table, annonce 60 nouveaux modèles d’ici à 2031 et 50 restylages. Rien de moins. Sauf que cet énorme investissement, et chantier, fait une large place à l’Amérique, au détriment, évidemment, de l’Europe. C’est peut-être l’une des raisons pour laquelle l’annonce de ces chiffres monumentaux a été livrée dans la banlieue de Detroit, plutôt qu’à Poissy ou à Turin.

On sait que le groupe n’est vraiment pas au mieux de sa forme sur le Vieux Continent et que l’Amérique du Nord assure, traditionnellement, 60 % de ses profits, mais le régime auquel l’Europe de Stellantis va être soumise ne risque pas de la voir pointer aux premières places de sitôt.

C’est simple : alors qu’Antonio Filosa prévoit une croissance de 25 % pour ses marques américaines (Chrysler, Dodge, Jeep et Ram) avec une marge de 8 à 10 %, il exige 10 points de moins pour les enseignes européennes et des marges européennes entre 3 à 5 %.

Pour commander la prochaine DS n°7 faudra-t-il bientôt en passer par un concessionnaire Citroën ?
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Une moindre exigence liée à un moindre investissement multimarques. Car le plan FaSTLAne pour le monde entier va privilégier 4 marques. Jeep, Ram, Peugeot et Fiat vont bénéficier de 70 % des investissements. Les autres ? Et surtout Alfa Romeo, Citroën et Opel, en ce qui nous concerne, auront droit aux 30 % restants. En d’autres termes, ces « marques régionales », selon l’expression du boss devront attendre que les marques « phares » étrennent les nouvelles technologies avant de les adopter.

Le sort de DS et Lancia est encore moins enviable, puisque la première sera placée sous la coupe de Citroën (un retour aux sources d’avant 2015 ? ) et Lancia sous celle de Fiat. Reste une grosse surprise dans cette purge européenne et elle s’appelle Maserati. La marque que l’on disait moribonde, et à laquelle Byd a annoncé s’intéresser, va bénéficier de nouveaux investissements et de deux nouveaux modèles.

Mais si l’Europe est en retrait par rapport à l’Amérique dans ce plan stratégique, elle bénéficiera tout de même de la nouvelle plateforme mondialiste STLA One. Une plateforme non seulement destinée à toute la planète, mais qui, en plus, sera multi-énergies et multisegment. Elle devrait couvrir les besoins des citadines comme des compacts et des routières.

Enfin, ces restrictions européennes s’accompagnent des restructurations déjà connues, comme la fermeture de l’unité d’assemblage de Poissy. Une reconversion qui sera entamée dans les Yvelines, et qui pourraient toucher d’autres sites qui arrêteraient l’assemblage de voitures pour devenir des centres de reconditionnement ou de pièces détachées.

Stellantis loueur d’usines ?

Déjà annoncée également, l’ouverture des usines européennes aux constructeurs chinois, comme Leapmotor en Espagne et Dongfeng à Rennes – La Janais est également à l’ordre du jour. Pour autant, Antonio Filosa parle de « partage » et non de cessions de ces sites. Stellantis devraient conserver la majorité dans les coentreprises ainsi créées et se transformerait en un super loueur d’usines.

C’est, entre autres, de cette manière que le groupe entend endiguer sa sous-production chronique en Europe et passer d’un taux d’utilisation de 60 % aujourd’hui à 80 % demain. Des actions entreprises pour générer une croissance qui, malgré ces efforts sera largement inférieure à celles de ses grandes sœurs, les marques américaines.

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