Pourquoi Donald Trump s’en prend-il encore à l’automobile européenne ?
Excédé par les critiques du chancelier Friedrich Merz, Donald Trump fait passer les taxes sur l’automobile européenne de 15 à 25 %. Une décision aux allures de punition pour l’Allemagne, dont l’industrie auto vacille déjà. Entre retrait de troupes et guerre commerciale, Berlin tente désormais de jouer l’apaisement.

Quand Donald Trump fâché, lui toujours faire ainsi ? En tout cas, la décision du président des États-Unis d’augmenter les taxes sur les automobiles européennes importées aux US, et de les passer de 15 à 25 %, est bel et bien liée à son courroux, plus qu’à une quelconque stratégie économique.
Certes, il reproche à l’UE de ne pas respecter les accords signés en juillet dernier dans lesquels Bruxelles s’engageait à pousser ses industriels à produire plus outre-Atlantique. Mais au-delà de ces bisbilles, le reproche s’adresse d’abord à un membre de l’Union en particulier : l’Allemagne.
L’auto allemande dans le viseur
Pour s’en convaincre, il suffit de consulter la liste des produits taxés : l’automobile est le seul visé par le locataire de la Maison Blanche. Or celles qui viennent du Vieux Continent sont majoritairement allemandes, sauf les Volvo EX60 et EX30, assemblées en Suède pour le premier et en Belgique pour le second.
Il y a bien quelques Alfa Romeo, et dans une moindre mesure encore, Ferrari, Lamborghini et Maserati made in Italie qui traversent l’Atlantique, mais le gros des troupes est bel et bien germanique.
C’est évidemment pour punir ce pays que Trump dégaine son arme préférée : les taxes, car l’homme fort de Washington n’a pas du tout supporté les critiques du chancelier allemand à son encontre.
Friedrich Merz a déploré la semaine dernière « l’absence de stratégie américaine » dans sa guerre contre l’Iran et, pire, il a expliqué que le conflit est une « humiliation pour la nation américaine » La charge est lourde et la réplique sévère, car outre l’annonce du retrait de 5 000 soldats américains du sol allemand, et l’abandon du projet d’installation de missiles Tomahawk, Trump s’en prend donc à l’automobile, car il sait qu’elle est actuellement le talon d’Achille germanique.
En Chine, les ventes de Volkswagen, Audi, Mercedes, BMW et surtout Porsche se sont effondrées de 20 à 42 % selon les cas. En Amérique, ces marques souffrent déjà des taxes de 15 % appliquées depuis l’été dernier et en Europe, le marché est tendu et les constructeurs chinois menacent.
La hausse de 10 % des taxes américaines prend donc l’allure d’une plaie d’Égypte supplémentaire pour l’industrie auto allemande qui, à la vue de cataclysme qui se profilait a rapidement voulu calmer le jeu. La VDA (Verband der Automobilindustrie), l’association qui regroupe les constructeurs d’Outre-Rhin a appelé à la « désescalade » et semble avoir été entendue par l’exécutif qui est monté au créneau tout au long du week-end dans les médias allemands.
On se calme
En ce qui concerne les sanctions militaires, Boris Pistorius, le ministre de la Défense, a expliqué que le retrait des soldats américains était prévu depuis longtemps, ajoutant qu’« il n’y a aucune raison de paniquer ». De son côté, Friederich Merz a lui aussi rangé ses flèches visant Washington, en affirmant, ce dimanche qu’il souhaitait toujours « travailler avec Donald Trump ».
Le changement de ton allemand conduira-t-il à calmer les ardeurs de la maison blanche, qui souhaite que les nouvelles taxes entrent en vigueur dès cette semaine ? Impossible de le savoir, car l’imprévisibilité de son locataire est désormais légendaire.














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