La nouvelle Formula E est-elle devenue une vraie Formule 1 électrique ?
Ce mardi, l’organisateur de la Formula E présentait sa nouvelle monoplace « Gen4 » qui débutera en compétition lors de la prochaine saison. Elle accélère plus fort qu’une Formule 1, voit sa puissance augmenter beaucoup et possède même quatre roues motrices. De quoi enfin intéresser le grand public alors que la « discipline reine » est sous le feu des critiques cette année à cause de sa dernière réglementation ?

Pendant que la Formule 1 cherche à régler les problèmes posés par la mise en place de sa nouvelle réglementation technique, le monde de la Formula E se rassemblait ce mardi au Circuit Paul Ricard pour la présentation officielle de la « Gen4 ». On parle de la monoplace qui remplacera les voitures actuelles à partir de la saison 2026/2027 du championnat du monde, dont la première course est prévue pour le mois de décembre prochain.
Comme annoncé par les premiers chiffres officiels révélés il y a quelques mois, elle progresse beaucoup en performances sur le papier, cette Gen4 : sa puissance maximale grimpe à 612 chevaux de façon permanente en course et même à 816 chevaux en « Attack Mode » ou pendant les qualifications. Elle possède par ailleurs une transmission intégrale permanente, élément unique dans le monde actuel de la compétition automobile sur circuit, procurant un énorme avantage de motricité en ligne droite (et permettant de revendiquer un 0 à 100 km/h en 1,8 seconde).

Surtout, la voiture reçoit enfin de vrais appendices aérodynamiques générant de l’appui, alors que les précédentes monoplaces n’en produisaient que très peu. « Je pense qu’on est au niveau ou au-dessus d’une F3 en appui », estime le jeune pilote français Théo Pourchaire, pilote de Peugeot Sport en Hypercar, qui connaît déjà bien ces Formula E au simulateur.
Une monoplace qui paraît plus « sérieuse »
Cette nouvelle « Gen4 » paraît en tout cas plus performante visuellement, c’est sûr. Elle impose toujours aux écuries constructeur de conserver la même monocoque et la même carrosserie (y compris au niveau des appendices aérodynamiques), la réglementation technique n’autorisant pas de changer ces pièces communes pour limiter les coûts au maximum. Mais les constructeurs peuvent faire la différence au niveau du design de la suspension arrière, du moteur électrique arrière et de la gestion des batteries. Il y aura désormais deux configurations aérodynamiques (l’une à fort appui et l’autre à faible appui), autre élément nouveau.
« En tant qu’ingénieurs, on préférerait évidemment pouvoir concevoir toutes les pièces de la voiture afin de battre nos concurrents. Mais on comprend cette nécessité de garder les coûts le plus bas possible et le défi de faire mieux que nos rivaux sur ces éléments-là est déjà très excitant pour nous », nous explique le vice-président de Porsche Motorsport Thomas Laudenbach.
« Elle ira plus vite que les F2 »
Côté performances, en tout cas, la Formula E n’aura plus à rougir par rapport aux monoplaces thermiques des formules de promotion. Les ingénieurs de Porsche Motorsport estiment que la Gen4 réalisera des chronos similaires à ceux des Formule 2 sur circuit. « Je pense qu’elle pourra faire mieux que les F2 une fois que les équipes auront appris le fonctionnement de la voiture », pense même Théo Pourchaire. Un sacré progrès sachant que la Gen3 actuelle se fait battre par de modestes F3 en temps au tour sur le circuit de Monaco (4 secondes derrière les F3 et 19 secondes derrière les F1 en 2025) !

De quoi parvenir enfin à intéresser le grand public, jamais réellement convaincu par les précédentes voitures malgré un très haut niveau du plateau des pilotes ? C’est en tout cas l’objectif de la Formula E qui a toujours ressemblé, depuis ces débuts, à une excellente plateforme de « business to business » pour les marques plutôt qu’à une compétition intéressant les spectateurs en masse.
A l’heure où la Formule 1 peine à contenter tout le monde avec sa motorisation hybride si critiquée, la Formula E pourra sans doute profiter de cette voiture plus performante et plus impressionnante pour améliorer son image. Il faudra attendre le mois de décembre pour voir pour la première fois ces nouvelles voitures batailler entre elles, avec toujours des pilotes de grand talent (souvent des anciens de la Formule 1 ou des espoirs qui avaient le niveau pour cette discipline). On y trouvera Porsche, Cupra, Jaguar, Citroën, Mahindra, Nissan Lola et la nouvelle équipe Opel qui se distinguera en engageant la seule femme pilote du plateau, Sophia Flörsch. Le défi est grand aussi pour elle, après des saisons très compliquées en monoplace où elle n’a pas réussi à obtenir de bons résultats.














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