Essai Alfa Romeo Tonale microhybride 175 ch : mieux qu'un SUV allemand ?
ESSAI - L’Alfa Tonale profite de son restylage pour rappeler qu’il demeure l’un des rares SUV compacts dotés une mécanique essence microhybride capable d’évoluer épisodiquement en tout électrique pour plus de sobriété. Une mécanique qui annonce désormais sa puissance cumulée, coquette avec 175 ch. De quoi faire frémir la concurrence allemande, du moins en théorie…

Sommaire
Note
de la rédaction
13,7/20
Note
des propriétaires
En bref :
Modèle essence microhybride
175 ch cumulés
À partir de 128 g/km de CO2
Malus à partir de 650 €
À partir de 42 500 €
Après un premier essai de l’hybride rechargeable, Caradisiac revient sur la déclinaison micro-hybride 48 Volts du Tonale d’Alfa, restylé récemment. Une déclinaison qui avait fait parler d’elle à sa sortie en 2022, et pour cause : elle inaugurait une électrification légère « révolutionnaire », capable de propulser seule le véhicule à basse vitesse, telle une hybride intégrale de Toyota, mais dans une moindre mesure.
Pas de quoi attirer la clientèle sur le long terme, hélas : une fois l’effet nouveauté retombé, le SUV compact au Biscione s’est vu totalement éclipsé par des rivaux qui ont su évoluer dans le bon sens, tant du côté des prémiums allemands que des marques généralistes. Mais le restylage est l’occasion pour l’Italien d’attirer à nouveau les projecteurs sur cette version d’appel, bien moins chère que la rechargeable et a priori compétitive.
Certes, avec un ticket d’entrée fixé à 42 500 €, le Tonale « Ibrida » (une appellation qui laisse imaginer une électrification plus poussée) paraît plus coûteux que jamais sachant que la mouture de 130 ch a disparu. Mais le modèle se place tout de même entre le Peugeot 3008, et le trio d’Outre-Rhin composé de l’Audi Q3, du BMW X1 et du Mercedes GLA.

Mieux, il est systématiquement plus puissant avec 175 ch affichés. Ne vous y trompez pas, il n’a pas gagné de chevaux réels par rapport à la précédente version VGT (Variable Geometry Turbo), annoncée à 160 ch : pour se conformer à la législation, Alfa comptabilise désormais les équidés du moteur électrique. Pour ne rien gâter, le malus au CO2 reste raisonnable avec 650 € minimum, contre 800 à 3 500 € pour les Teutons. En fait, seul un 3008 microhybride reste moins taxé, mais il est aussi bien moins puissant…
Ce Tonale ne manque donc pas d’arguments pour attirer dans les concessions, y compris les amateurs de premium. Et il n’a pas à rougir en termes de prestance, au contraire : il apparaît cossu, son design typique de la marque fait encore tourner les têtes (surtout dans cette teinte), et son regard intimide. Surtout, en digne Alfa, il vous classe dans la catégorie des esthètes. Et à une époque où l’uniformisation règne, ne pas suivre les chemins tout tracés revêt une certaine importance.

Une distinction que l’on retrouve à l’intérieur : certes, la finition n’est pas tout à fait aussi soignée qu’à bord de ses plus sérieux concurrents et les écrans paraissent désuets, mais l’élégance de la planche de bord et la qualité de la sellerie plongent dans une ambiance chaleureuse.
Par ailleurs, le Tonale n’a pas encore cédé aux commandes des Peugeot-Citroën ; son élaboration sous l’ère Fiat Chrysler Automobiles sur la plateforme du Jeep Compass 2 lui confère une certaine originalité. Si l’ergonomie n’est pas irréprochable, on apprécie la commande de climatisation physique.
Enfin, tout le monde est bien installé et le coffre, plus volumineux que dans la version rechargeable, montre l’exemple avec 500 litres disponibles, même si le 3008 propose 20 dm3 de plus… Reste à savoir si les promesses sont tenues au volant, tant en termes d’agrément que de sobriété.


Au volant : performant et sobre, mais peu fluide…
Contact via le bouton de démarrage sur le volant, l’auto est prête à partir. Si elle ne fait pas l’unanimité, l’inédite molette de la boîte robotisée DCT à 7 rapports est facile à utiliser. Par contre, le frein de stationnement automatique est long à la détente et oblige à bien enfoncer l’accélérateur pour décoller. Si vous rêviez de partir d’un coup de baguette magique de la fée électricité, c’est raté : le quatre cylindres 1.5 turbo essence s’ébroue en conséquence, heureusement sans se faire trop entendre. Sa sonorité est même assez enthousiasmante.
Les quelques kilomètres parcourus sur routes départementales réjouissent : les accélérations sont toniques avec un 0 à 100 km/h en 8s5, la boîte sait monter les rapports de manière quasi imperceptible, et les quelques phases en tout électrique autorisées sur un filet de gaz permettent de rouler zen et de contenir la consommation à environ 5,5 l/100 km. Top !
En outre, la conduite est pimentée par une direction très directe (peut-être même un peu trop), tandis que les grandes palettes, en alu « S’il Vous Plaît » et fixées directement à la colonne de direction, permettent de changer manuellement les rapports volant braqué sans s’emmêler les pinceaux.
S’il limite l’évolution en électrique, le mode Dynamic privilégie les mi-régimes (où le moteur offre davantage de couple) et sollicite plus rapidement la récupération d’énergie à la pédale de frein pour garantir une sensation de mordant instantané. De quoi garantir une conduite plus sportive, surtout dans cette finition Veloce qui permet, grâce à la suspension pilotée livrée en série, de durcir l’amortissement pour davantage de réactivité en entrée de virage et des mouvements limités en détente lors des changements d’appui.
Le dynamisme alors obtenu, au détriment de l’absorption des routes bosselées, demeure bluffant s’agissant, pour rappel, d’une « antique » plateforme de Jeep Compass. Les pneus Bridgestone Turanza au format XXL ici (235/45 R19), ne sont pas étrangers à cette efficacité.

Hélas, tout n’est pas rose : déjà, la boîte fait un peu ce qu’elle veut et manque à la fois de réactivité en mode de conduite confort (au kick down par exemple), et de rapidité en mode dynamique ou via les palettes, surtout comparée aux transmissions des modèles allemands. On lui reproche aussi un étagement irrégulier, avec notamment un « trou » entre le deuxième et le troisième rapport.
On déplore également un manque de fluidité quand on revient au calme, notamment en ville où des à-coups peuvent se faire sentir, non seulement lors des changements de vitesses, mais également lors des réveils du moteur thermique. Si un 3008 ne se montre pas plus docile, les Allemands font toujours mieux.
Enfin, pas de miracle à la pompe lors des longs trajets : avec environ 7 l/100 km constatés sur autoroute, le Tonale ne peut toujours pas revendiquer la sobriété de son homologue diesel. Le lot de tous les SUV essence à électrification légère ou intégrale.
Chiffres clés *
- Longueur : 4,52 m
- Largeur : 1,84 m
- Hauteur : 1,60 m
- Nombre de places : 5 places
- Volume du coffre : 500 l / 1 550 l
- Boite de vitesse : Auto. à 7 rapports
- Carburant : Essence
- Taux d'émission de CO2 : NC
- Date de commercialisation du modèle : Mars 2022
* pour la version (2) 1.5 IBRIDA 175 VGT VELOCE TCT7.
Le bonus / malus affiché est celui en vigueur au moment de la publication de l'article.
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