"L'enfer, c'est les autres": ce mensonge dangereux que 98 % des conducteurs français se racontent au volant.
Le 16e baromètre de la Fondation VINCI Autoroutes publié ce jour, révèle un paradoxe saisissant. Si les automobilistes se jugent presque tous exemplaires, leurs comportements réels dessinent une route de plus en plus fragmentée par le déni, l'agressivité et l'hyper-connexion.

C’est un miroir déformant que tend chaque année la Fondation VINCI Autoroutes aux usagers de la route. Selon l'enquête publiée ce 12 mai 2026 , les Français vivent dans une forme d'autosatisfaction chronique.
98 % jugent positivement leur comportement au volant. À l’inverse, 71 % des sondés n'hésitent pas à qualifier leurs pairs d’agressifs ou d’irresponsables. C’est bien connu, "l'enfer, c'est les autres".

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Le smartphone : l'attention détournée par l'illusion du contrôle
L'habitacle est devenu une extension du bureau ou du salon, au mépris de la sécurité élémentaire. "77 % (+2 % vs 2024) des conducteurs français utilisent leur smartphone ou programment leur GPS en roulant". Cette inattention chronique est confirmée. 81 % des automobilistes admettent quitter la route du regard pendant plus de deux secondes. Chez les moins de 25 ans, près d'un conducteur sur deux (49 %) avoue envoyer ou lire des messages tout en conduisant.
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La vitesse : le "petit" excès érigé en norme
La vitesse demeure impliquée dans 31 % des accidents mortels. Pourtant, "88 % des conducteurs dépassent de quelques quelques kilomètres/heure les limitations". Ce petit accommodement est souvent justifié par un sentiment de "sécurité" (12 %) ou par le rejet de "limitations de vitesse jugées inadaptées" (36 %). Le rapport rappelle pourtant que réduire la vitesse moyenne de 1 % permet de faire baisser la mortalité de 4 %. En plus de rouler vite, 66 % des personnes interrogées ne respectent pas les distances de sécurité.

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La fatigue : le déni du risque
Prendre le volant en état d'épuisement n'est plus une exception, mais une pratique pour 35 % des automobilistes. Plus inquiétant encore, c'est l'absence de conscience du danger qui alerte. Parmi ces conducteurs fatigués, seuls 23 % considèrent leur comportement comme réellement dangereux. Pourtant "83 % reconnaissent qu'il lleur arrive d'être moins attentifs à leur conduite et que leur esprit vagabonde". 44 % d'entre eux rapportent avoir "déjà eu l'impression de s'assoupir au volant". Les pauses, recommandées toutes les deux heures, sont négligées avec un temps moyen de conduite atteignant 2h49.
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L'incivilité : la fin du respect des règles communes
La route est devenue un exutoire. 62 % des conducteurs reconnaissent "injurier les autres" et 29 % admettent "coller" délibérément un véhicule pour manifester leur énervement. Cette agressivité ne se limite pas aux altercations entre particuliers ; elle frappe de plein fouet les professionnels de la route. Si la règle du corridor de sécurité est connue par 85 % des usagers , 59 % ne l'appliquent toujours pas systématiquement. En 2025, cette négligence a conduit à la collision de 143 fourgons d'intervention, soit près de trois par semaine.
Face à ce bilan, Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation, appelle à une introspection collective. "Chaque conducteur doit mesurer les conséquences tragiques de ses prises de risques inconsidérées". À la veille du pont de l'Ascension, le message sonne comme un ultime avertissement.
En 2025, 3 513 personnes sont décédées en 2025 sur les routes de France métropolitaine ou d’outre-mer, en hausse de +2,4 % par rapport à 2024.


















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