Au premier trimestre, Stellantis sort la tête de l’eau mais n’a pas repris pied sur la terre ferme
Après avoir essuyé la perte la plus lourde de l’histoire économique française en 2025, Stellantis semble enfin sortir de la tempête, même si l'accalmie n'est pas encore définitive. Entre un chèque surprise de 400 millions de dollars tombé du ciel américain, le retour pragmatique aux moteurs thermiques, le retour en grâce de Jeep et Ram et le projet d’ouvrir les usines françaises aux constructeurs chinois, Antonio Filosa abat ses premières cartes pour redresser le géant

Il serait vain d’y voir une manœuvre. Ce n’est pas parce que Stellantis annonce ses résultats du premier trimestre à la veille d’une fermeture de 3 jours de la Bourse de Paris, que le groupe souhaite minimiser la réaction des marchés. Au contraire.
Parce que la galaxie est présente à la corbeille de Milan et de Wall Street et si le 1er mai est férié en Italie, il ne l’est pas aux États-Unis. Et surtout parce que les résultats en question sont meilleurs que prévus.
Trump à la rescousse ?
Étonnamment, et bien malgré lui, Donald Trump participe lui aussi au joli printemps de Stellantis. Ses droits de douane du début 2025 ayant été revus à la baisse, les avocats de Detroit ont réclamé un trop perçu. Et la Cour Suprême leur a donné raison. Et voilà 400 millions de dollars de versés sur le compte du groupe.
Évidemment, on n’éponge en un trimestre les pertes colossales de l’année passée qui ont valu à Stellantis le record de la plus lourde chute de l’histoire économique française avec 22 ? 3 milliards. Mais l’embellie est réelle. Le chiffre d’affaires est en hausse de 6 % depuis janvier à 38 milliards d’euros.
Surtout, cette hausse s’établit presque équitablement des deux côtés de l’Atlantique. En Amérique du Nord, elle est de 6 % (de 4 pour les seules États-Unis) et de 5 % en Europe.
Mais l’Amérique du Sud, l’Afrique est le Moyen-Orient sont un meilleur élève encore que l’Amérique du Nord, puisque le premier s’affiche à plus 11 % et le second à 12 %.
En Europe, l’offensive produit est plus spécialement axé sur les tarifs, avec des nouveautés au plus juste prix qu’auparavant chez Citroën notamment, et avec des baisses plus déguisées sur des modèles déjà en circulation, qui passent par des cadeaux en concession, plutôt que par des catalogues aux prix diminués. C’est le cas chez Opel et Fiat, avec des remises de 5 000 euros.
Mais qu’est ce qui explique ce bon début d’année ? Antonio Filosa, le boss du groupe l’explique par « les produits que nous avons lancés en 2025 et qui ont été bien accueillis ». Notamment aux US ou les restylages des Ram et Jeep Grand Cherokee ont réconcilié les Américains avec le groupe de Detroit. Le Cherokee, que Carlos Tavares avait abandonné, est donc réapparu et visiblement, ses versions PHEV séduisent.
Fiabilité, tarifs en baisse et partage d’usines
Cette politique du retour au thermique aux États-Unis et partout sur la planète, et de prix raisonnables en Europe est donc l’un des thèmes que Filosa entend mettre en avant pour sortir le groupe de l’ornière, avec le retour à la fiabilité plutôt indispensable qu’il prône également. Mais ce n’est pas son seul chantier.
Il entend bien régler le problème de sous-production chronique des usines européennes du groupe. Sa solution pourrait en passer par des cessions, ou des partages en joint venture de quatre unités de production sur le continent en Italie, en Espagne et en France ou Rennes - La Janais pourrait être reprise, ou du moins abriter le Chinois Dongfeng. Les autres pourraient également tomber entre les mains d’un groupe de l’empire du Milieu puisque plusieurs constructeurs, comme Chery, sont à la recherche de sites pour y produire des autos.


















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