On en parle beaucoup, mais est-ce vraiment la ruée sur les voitures électriques d'occasion ?
La conjoncture actuelle est favorable à l’essor de la voiture électrique. Au vu des prix pratiqués en neuf, beaucoup sont tentés de se diriger vers le marché de la seconde main. Quelle est la tendance, l’offre est-elle suffisante, quels sont les prix pratiqués ? Caradisiac fait le point, exemples à l'appui.

En mars dernier, le site de petites annonces La Centrale (à laquelle Caradisiac appartient) mettait en avant un phénomène brutal : les recherches de voitures électriques ont bondi de 91 %. Pourquoi une telle hausse ? C’est la réponse directe à la flambée du prix du pétrole depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Dans une moindre mesure, l’offre plus importante et la baisse des prix du marché contribuent à cette tendance.
Grâce aux multiples données recueillies par La Centrale, nous pouvons davantage « entrer dans le dur » et mesurer de l’intérieur l’état du marché d’occasion de la voiture électrique.
Clairement, le marché ne reflète pas vraiment l’intention des automobilistes à vouloir troquer leur thermique contre une électrique. Une telle évolution demande du temps, beaucoup de temps. Le marché de l’automobile, à l’image de son industrie, accuse de l’inertie et se mesure sur de longues périodes.
Le premier constat est la forte tension du marché, c’est-à-dire le ratio entre l’offre et la demande. À la suite d’une augmentation des ventes, donc une baisse de l’offre, et une demande croissante, l’indicateur de tension a augmenté de 20 % en l’espace de six mois.
Cela veut-il dire qu’il est plus facile, du moins plus rapide, de vendre une électrique d’occasion ? Paradoxalement non. En jargon professionnel, les rotations sur parc (le temps qu’il faut pour vendre une auto) n’ont que légèrement baissées. Lorsqu’il fallait en moyenne 108 jours en janvier, nous sommes passés à 101 jours pour ce mois de mai. La tendance est bel et bien à la baisse, mais dans de faibles proportions.
Combien de jours pour vendre ?
| Modèle | Rotation en janvier | Rotation en mai | Variation |
| Renault 5 | 67 jours | 64 jours | - 3 jours |
| Tesla Model Y | 40 jours | 37 jours | - 3 jours |
| Renault Scénic | 87 jours | 75 jours | - 12 jours |
| Citroën ë-C3 | 92 jours | 86 jours | - 6 jours |
| Peugeot E-208 | 93 jours | 87 jours | - 6 jours |
| Volkswagen ID.4 | 151 jours | 133 jours | - 18 jours |
| Skoda Elroq | 64 jours | 58 jours | -6 jours |
| Renault 4 | 52 jours | 62 jours | + 10 jours |
| Renault Mégane | 72 jours | 68 jours | - 4 jours |
| Peugeot E-3008 | 86 jours | 79 jours | - 7 jours |
Sur les dix meilleures ventes, tous les modèles ne sont pas logés à la même enseigne. Lorsqu’un Tesla Model Y trouve un nouvel acquéreur en 37 jours, un Volkswagen ID.4 a besoin de 133 jours. Dans les bons élèves, on note le Skoda Elroq avec 58 jours, la Renault 5 avec 64 jours. Si la Renault 4 ne tarde pas trop avec 62 jours, elle prend du retard.
Quels sont les modèles dont les prix baissent ?
Bonne nouvelle, d’après les prix affichés dans les annonces de La Centrale, les prix baissent et ce, malgré une demande croissante. Dans le tableau ci-dessous, nous avons placé les dix meilleures ventes avec les tendances entre janvier et mai.
| Modèle | Prix affiché en janvier | Prix affiché en mai | Variation |
| Renault 5 | 29 062 € | 28 080 € | - 3 % |
| Tesla Model Y | 32 923 € | 30 619 € | - 7 % |
| Renault Scénic | 39 517 € | 37 867 € | - 4 % |
| Citroën ë-C3 | 21 817 € | 20 291 € | - 7 % |
| Peugeot E-208 | 16 295 € | 16 784 € | + 3 % |
| Volkswagen ID.4 | 33 463 € | 28 953 € | - 13 % |
| Skoda Elroq | 38 011 € | 37 001 € | - 3 % |
| Renault 4 | 32 687 € | 33 245 € | + 2 % |
| Renault Mégane | 23 867 € | 23 842 € | 0 % |
| Peugeot E-3008 | 39 755 € | 36 430 € | - 8 % |
La baisse moyenne de ces dix modèles s’élève à 4 %, mais tous n’évoluent pas de la même façon. Les Volkswagen ID.4 et Peugeot E-3008 se déprécient les plus vite alors qu’une Renault 4 voit au contraire ses prix augmenter.
Un marché de l’occasion globalement à la baisse
Les chiffres situés dans le tableau ci-dessous ne reflètent pas le marché dans son ensemble. Selon l’Observatoire de La Centrale sur le premier trimestre 2026, par rapport à la même période l’année dernière, le prix des modèles de seconde main baisse, quelle que soit la motorisation. L’hybride chute de 11,8 %, l’électrique de 9,5 %, le diesel de 5,9 % et l’essence de 2,3 %.
Quelle direction va prendre les wattures ? Difficile à dire, mais le cours du pétrole élevé, et qui le restera sans doute pendant de longs mois, ajouté à la volonté du gouvernement de promouvoir la mobilité électrique (création de 240 000 bornes d’ici à 2030), va sans doute pousser les automobilistes à se diriger vers l’électrique, et tendre davantage un marché déjà tendu.




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