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4x4, 2 moteurs électriques, 400 km d’autonomie : le nouveau Renault Forefront pourrait entrer en guerre

Dans Economie / Politique / Industrie

Cédric Pinatel

Le Forefront servira-t-il à défendre les intérêts de la France en Ukraine ou dans d’autres conflits armés ? Renault présente un véhicule tout-terrain électrique sans conducteur, compatible aussi bien avec des tâches militaires que civiles.

4x4, 2 moteurs électriques, 400 km d’autonomie : le nouveau Renault Forefront pourrait entrer en guerre
Ce véhicule électrique à quatre roues motrices peut transporter une tonne et rouler plus de 400 kilomètres.

Quatre roues motrices, un châssis tout-terrain, 1 000 kg de charge utile et une autonomie de 400 kilomètres au moins (encore plus avec un eventuel prolongateur d’autonomie). Voilà des chiffres qui intéresseraient probablement les clients du marché automobile neuf, mais correspondants à un véhicule de Renault très différent d’une voiture « classique ».

Il s’agit du Forefront Concept, un engin à double motorisation électrique mesurant 3,5 mètres de long (plus petit qu’une Twingo donc) et conçu pour emporter de lourdes charges en pouvant les déplacer sur des terrains difficiles. Il ne possède pas d’habitacle car il s’agit techniquement d’un drone terrestre, commandé à distance.

A quoi servira-t-il ?

« Il peut répondre à une grande diversité d’usages militaires (soutien logistique, reconnaissance, lutte anti-drone, appui feu ou évacuation) mais aussi civils, notamment pour les opérations de sécurité civile, la logistique et les interventions dans des environnements professionnels contraints ou dangereux », précise le communiqué officiel publié par Renault.

Ici, le Forefront est utilisé par l’armée pour charger notamment des armes et se transformer ainsi en « mini char d’assaut » (à droite).
Ici, le Forefront est utilisé par l’armée pour charger notamment des armes et se transformer ainsi en « mini char d’assaut » (à droite).

A noter que ce véhicule a été développé avec John Cockerill, société belge spécialisée notamment dans les systèmes d’armement : « John Cockerill a assuré la conception de la téléopération et des fonctions d’autonomie de ce concept en environnement complexe, et apporte son savoir-faire dans la militarisation des véhicules, l’intégration des systèmes de mission et le soutien opérationnel », peut-on lire. Le communiqué mentionne aussi que le Forefront va « participer à plusieurs exercices et tests dans les semaines qui viennent » avec des représentants des forces armées françaises afin de préparer d’éventuelles améliorations en plus de faire la démonstration de ses capacités.

Qui voudra le commander ?

Comme le rapportent les journalistes des Echos, ce Forefront est actuellement en test aussi avec l’armée belge et pourrait théoriquement intervenir dans la guerre en Ukraine (y compris sans doute pour la suite de son développement).

Ici, le Forefront est utilisé à des fins « civiles ».
Ici, le Forefront est utilisé à des fins « civiles ».

Mais pour l’instant, il n’y a aucune commande ferme de cet engin par des forces armées gouvernementales ou des entités administratives civiles. L’évolution du contexte géopolitique international pourrait cependant convaincre le gouvernement français d’investir dans ce genre de technologies, jugées de plus en plus vitales à l’heure des conflits armés « modernes » où les arsenaux militaires conventionnels ne paraissent plus vraiment adaptés. En Allemagne, Volkswagen explore des pistes similaires.

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