À l'usine de Douvrain, c’est la fin
Après 57 ans d’histoire et 52 millions de moteurs assemblés, la mythique Française de mécanique éteint définitivement ses lumières ce 30 octobre. Du glorieux moteur TU aux désillusions de la reconversion vers la gigafactory de batteries voisine, le site Stellantis tourne dans le calme une page majeure de l’industrie automobile nordiste. Tout un symbole de la transformation de l’automobile.

L’aventure de la Française de mécanique, comme certains l’appellent encore, s’achève ce 30 octobre au soir. Le site Stellantis de Douvrin ferme définitivement ses portes, victime du changement et de la fin annoncée du moteur thermique de masse.
15,6 millions de moteurs TU
La page se tourne dans le Nord, après 57 ans d’activité et 52 millions de blocs fabriqués dans ce qui était, à sa création, une coentreprise, inimaginable aujourd’hui, entre les frères ennemis PSA et Renault. Une énorme usine de 140 hectares à son apogée qui a vu naître l’indestructible TU qui a équipé des dizaines de modèles Citroën, de l’AX à la BX, de Peugeot, évidemment, de la 309 à la 207 et au 1008, mais aussi certaines Nissan Micra.
Il s’appelait TU pour type utilitaire et s’il a équipé peu de camionnettes, il a mérité son nom, par sa véritable utilité et sa fiabilité. 15,6 millions d’exemplaires sont sortis des chaînes de Douvrin qui, dans sa période faste des années 80 employait 6 800 personnes.
C’est là aussi qu’est assemblée une autre gloire de l’automobile nationale : le Douvrin qui, a équipé quelques Peugeot 505 et Renault 21 de fort belle manière
Mais l’âge d’or n’a pas duré. Le déclin commence dès les années 90 et en 2005, le département fonderie ferme ses portes. En 2013, Renault claque la porte. La suite ? Le fameux moteur Puretech 1.6 l fabriqué à la Française de mécanique sera délocalisé en Pologne en 2024, et les 700 salariés restants doivent être, en principe, réemployés, pas très loin, dans la gigafactory ACC qui fabrique des batteries de voitures électriques. Un symbole de ce qui, en partie, tué Douvrin : la voiture électrique.
Une fermeture programmée
Mais 348 ouvriers seulement sont repris par la factory, les autres sont recalés, inaptes à ce nouveau métier après avoir passé des dizaines d’années sur des chaînes d’assemblage ou d’usinage sans jamais avoir été formés à un autre métier.
Ce 30 octobre, ils ne sont plus que cinquante dans des ateliers désaffectés depuis des années. Cinquante à attendre une fermeture décidée et programmée par Stellantis depuis trois ans sans qu’aucun industriel ne se manifeste pour reprendre la bonne vieille française de mécanique qui ferme ses portes discrètement.


















Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération