Pourquoi est-ce que la Renault Clio pourrait voir les prix de sa version haut de gamme augmenter de 2 900 euros ?
Alors que le compromis franco-allemand sur l’assouplissement des règles automobiles à l’horizon 2035 suscite l’enthousiasme, il pourrait réserver une mauvaise surprise aux acheteurs de Renault Clio, notamment. En réservant les avantages du Made in Europe aux seuls pays membres de l’UE, l’accord exclut la Turquie et le Maroc, où Renault produit une grande partie des exemplaires de son best-seller. Et la citadine au losange pourrait subir des hausses de coûts, pour le plus grand bonheur de ses concurrents.

Depuis une semaine, tout le monde se réjouit du compromis franco-allemand qui pourrait permettre aux constructeurs automobiles des deux pays qui veulent assouplir le passage à l’électrique en 2035 d’avoir gain de cause.
Ils souhaitent que le taux de 100 % ne soit plus que de 90 % de VE neuves à cette date, tout en favorisant le made in Europe à hauteur de 70 %. Un accord que le Parlement doit évidemment valider, mais le poids du couple franco-allemand, pilier de l’UE devrait permettre d’y parvenir.
Le Maroc et la Turquie ne sont pas en Europe
Mais si ce compromis entre Paris et Berlin ravit beaucoup de monde, il pourrait bien causer quelques dégâts du côté de chez Renault. Car le losange demandait explicitement aux représentants du gouvernement français de tenter d’obtenir de Berlin, et de Bruxelles, que l’accord entérine une sorte d’Europe élargie de l’automobile en incluant la Turquie et le Maroc. Mais pas vraiment pour des raisons humanitaires.
Car c’est qu’à Bursa en Turquie que 89 % des Clio vendues dans le monde sont fabriquées. De même, à Tanger, sont assemblées une bonne partie des Dacia Sandero distribuées sur la planète. Des soucis météorologiques avaient d’ailleurs largement freiné les ventes de la marque, et ses parts de marché au début 2026 selon les dirigeants de la marque, c’est dire l’importance du site
C’est qu’en n’incluant pas ces deux pays, malgré des accords douaniers, les autos turques et marocaines, n’entreraient pas dans le package du made in Europe et pourraient se voir taxer plus que les autres. De combien ?

Selon Kemal Yazici, président de l’Association turque des exportateurs automobiles, interrogé par BFM Business, la hausse du prix de revient d’une Clio turque importée en Europe « pourrait être comprise entre 4 et 9 % ».
Une fourchette qui tient compte des différentes finitions et motorisations. Ainsi, la Clio de base, qui s’affiche aujourd’hui à 19 900 euros pourrait atteindre 21 700 euros. Quant à la Clio e-tech, en finition « Esprit Alpine à 31 300 euros, elle pourrait augmenter de 2 900 euros.
Ces hausses pourraient aussi toucher les VU Ford, fabriquées à Yeniköy et Gölcük, toujours en Turquie.
Les équipementiers sont également punis
Évidemment, ces augmentations qui font le malheur des uns font aussi le bonheur d’un autre, à savoir Stellantis qui voit de bon augure la hausse des prix pour son concurrent Ford en VU, et de son rival Renault dont la nouvelle Clio serait moins concurrentielle par rapport à la bonne vieille Peugeot 208 toujours d’attaque, même si une partie des citadines du losange sont elles aussi assemblées au Maroc, à Kenitra. Mais Stellantis dispose d’autres unités de production pour son auto en Slovaquie et en Espagne.
Mais c’est sans compter sur les équipementiers, eux aussi bien installées en terre turque. Bosch, Forvia et Valeo y fabriquent des pièces, vendues, entre autres aux usines d’assemblage des constructeurs européens, dont Stellantis et bien entendu Renault.
Bien sûr, toute la filière à neuf ans pour relocaliser sa production dans l’UE. À moins que d'ici au 23 novembre prochain, date du vote à Bruxelles de ce texte franco-allemand, les lobbyistes soient suffisamment persuasifs pour que la Turquie et le Maroc fassent partie de cette autre Europe. Celle de l’automobile.


















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