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Le Renault Trafic Escapade est-il un van minimaliste ou un monospace à la défiscalisation maximaliste ?

Dans Loisirs / Voyages

Michel Holtz

ESSAI - Sur le papier, c’est un van aménagé prêt pour le grand air. Dans les faits, c’est un énorme monospace 7 places taillé pour la famille, mais il est surtout doté d’une une imparable pirouette fiscale. Grâce à son homologation VASP qui lui évite de sombrer sous un malus écologique de plus de 80 000 €, le Renault Trafic Escapade ruse avec la réglementation pour rester abordable. Mais que vaut vraiment cet engin au camouflage tarifaire parfait une fois sur la route ?

Le Renault Trafic Escapade est-il un van minimaliste ou un monospace à la défiscalisation maximaliste ?
Faux van habitable ou vrai monospace 7 places ?

EN BREF

Van aménagé

Moteur diesel 170 ch

BVA 9 rapports

À partir de 46 000 euros

Il cache bien son jeu. Derrière sa tenue de bon docteur vanlife, ce Renault Trafic Escapade dissimule l’uniforme d’un mister défiscalisation. C’est que l’engin, descendant direct du Renault Trafic utilitaire se veut, sur le papier, un van aménagé comme les autres.

Mais sur le papier seulement. Car s’il dispose des équipements minimums pour y dormir de temps à autre et manger parfois, pas question d’y passer de longues vacances en famille. L’Escapade n’est pas le SpaceNomad, le vrai van du losange. La famille et les longs trajets, en revanche, c’est son truc lorsqu’il s’agit de trimbaler 7 personnes à son bord. Dans ce cas, il répond présent, comme le très grand monospace qu’il est réellement.

Deux fois moins cher que le Trafic Combi

Car s’il est déguisé en van, c’est surtout pour réussir un tour de passe passe. L’Escapade, grâce à son homologation VASP, comme n’importe quel camping-car, est totalement exclue du moindre malus. Bye bye la taxe au poids et adieu la ponction C02.

Au final, cet engin, vendu entre 46 000 et 52 000 euros fait donc semblant d’être un van et son camouflage est on ne peut plus efficace. Car il fait baisser l’addition finale de 73 000 euros (pour la version DCI de 150 ch qui émet 184 g/km) et plus de 80 000 euros (pour la version DCI 170 ch.

Des sièges « Captain chair » au deuxième rang et une banquette extra large troisième.
Des sièges « Captain chair » au deuxième rang et une banquette extra large troisième.

En fait, cet Escapade est la seule solution qui se présente aux particuliers qui souhaitent s’offrir un Trafic civil sans se ruiner et n’ont pas trois enfants ou plus. Avant lui, ceux qui ont de lourds bagages ou souhaitent embarquer l’intégralité de leur équipe de basket devaient s’acquitter du prix catalogue de 43 200 euos en y ajoutant le fameux et très gros malus. 110 000 euros la camionnette diesel (au minimum) : de quoi calmer le potentiel client.

Autant dire que la version Combi classique de neuf places n’est plus réservée qu’aux navettes d’hôtels et aux entreprises soucieuses de trimbaler leurs invités. Cet Escapade et son entourloupe fiscale, mais parfaitement légale, est donc la bienvenue pour la clientèle particulière.

Mais en dehors de ce gros avantage pécunier, y a-t-il un intérêt à rouler dans un tel engin, mi-camping-car mi-monospace ? Le plus simple consiste à l’examiner avant de, bien entendu, l’essayer.

Un tout petit bloc-cuisine dans le coffre de 580 l.
Un tout petit bloc-cuisine dans le coffre de 580 l.
Une douchette est alimentée par 5 litres d’eau.
Une douchette est alimentée par 5 litres d’eau.

Plutôt discret dans sa livrée, cet Escapade ne se distingue de ses compères purement utilitaires qu’au travers de ses très larges surfaces vitrées qui courent tout au long de son profil et seule la mention « Escapade » sur la custode arrière le distingue du cousin.

Aux places avant, l’engin ne se distingue pas non plus de ses congénères. Et c’est tant mieux. Car on y retrouve l’excellente ergonomie Renault en général et celle du Trafic en particulier. Une ergonomie qui en passe par des réglages physiques pour la clim ou l’autoradio et ne laissent à l’écran que des tâches subalternes comme le GPS.

À noter l’autre point fort de cet engin, et de tous ceux de la marque : deux appuis sur un bouton très accessible sont suffisants pour couper les (très) intrusives aides à la conduite comme le dépassement de voies qui fait vibrer les haut-parleurs comme si une alerte incendie résonnait dans l’habitacle.

Certes les plastiques sont durs comme sur tous les utilitaires du losange et d’ailleurs, mais on ne saurait leur reprocher un mauvais assemblage, ce qui n’est pas toujours le cas de la concurrence. Un petit tour à l’arrière ? Rien de plus facile grâce à l’espace entre les deux sièges de l’avant.

Dans l’habitacle, on retrouve les plastiques durs du Trafic, mais aussi l’excellente ergonomie de ses commandes.
Dans l’habitacle, on retrouve les plastiques durs du Trafic, mais aussi l’excellente ergonomie de ses commandes.

En deuxième rangée on découvre deux assises démontables, façon « captain chair », une configuration plus VIP que familiale qui garantit un excellent confort. Ces sièges sont orientables et entre les deux, une console permet à chaque passager de disposer d’une tablette de bonne performance. Le tout est agrémenté de prises USB et d’un réglage de clim pour cette deuxième rangée. Enfin, au troisième rang, une classique banquette permet d’accueillir trois autres passagers plutôt à l’aise dans les 160 cm de large dont ils disposent.

Un aménagement minimaliste

Mais qu’en est-il de l’aménagement en maison roulante ? Les tablettes des passagers du rang 2 permettent, en faisant pivoter les sièges, d’y déjeuner à quatre, voir cinq personnes. En rabattant la banquette et les sièges en question, on obtient un lit aussi vaste (160 x190 cm) que légèrement bosselé.

Les repas, quant à eux, devront être préparés dans le coffre. Car c’est en soulevant le lourd hayon qu’on découvre un petit bloc-cuisine avec un réchaud à un seul feu et une toute petite réserve d’eau de cinq litres branchée à une mini-douchette. Le frigo, la batterie auxiliaire et le second couchage ? Ils sont aux abonnés absents de ce van minimaliste ou monospace maximaliste, selon le point de vue de celui qui souhaite se l’offrir.

Le petit levier qui permet d’actionner la performante BVA à 9 rapports.
Le petit levier qui permet d’actionner la performante BVA à 9 rapports.

Sauf que si l’on pardonne à cette auto de ne pas être aussi bien équipé qu’un vrai camping-car, surtout si l’on ne compte pas y dormir, il doit au moins se montrer au niveau sur la route. Que l’on se rassure : c’est un Trafic qui, comme toute la famille dispose de suspensions de premier ordre. Dans le cas de cet Escapade, elles sont plutôt réglées pour les familles que pour les lourdes palettes. En conséquence, l’engin est plutôt confortable, ce qui lui vaut quelques mouvements de caisse dans les petits virages, mais rien de bien affolant.

Un couple moteur et boîte en parfaite harmonie

Sous le capot, le 2,0 l DCI de 170 ch, pourtant loin d’être un perdreau de l’année, se montre aussi efficace que sobre. Non seulement son couple de 380 Nm arrache les presque 2 tonnes de l’engin de toutes les situations, mais en plus, ce moteur est brillamment servi par la boîte automatique EAG à 9 rapports. C’est simple : il est quasi impossible de la prendre au dépourvu. Ville, autoroute, campagne ou montagne, elle est à l’aise partout. Cette belle alliance entre le moteur et sa boîte se traduit par une consommation qui n’a jamais dépassé les 7,5 l / 100 km et descend à 7 l sur un trajet autoroutier.

Seule ombre au tableau : une direction plutôt lourde à l’arrêt. Un choix très étonnant à une époque ou les ingénieurs versent plutôt dans l’excès inverse au point de rendre flou le guidage des autos. Ce qui n’est nullement le cas de ce Trafic Escapade.

Chiffres clés *

  • Taux d'émission de CO2 : NC
  • Date de commercialisation du modèle : --

* pour la version .

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