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Stellantis : les ventes repartent (un peu) en Europe, mais pas les profits

Dans Economie / Politique / Marché

Michel Holtz

Grâce à l’Europe, les ventes du géant aux 14 marques retrouvent des couleurs au troisième trimestre. Problème : entre la guerre des prix menée par les constructeurs chinois et les marges faméliques des modèles électriques, cette hausse des volumes ne se traduit pas dans les caisses. Mais Antonio Filosa croit en sa bonne étoile et les marchés aussi.

Stellantis : les ventes repartent (un peu) en Europe, mais pas les profits
Antonio Filosa, le patron de Stellantis est confiant dans l'avenir de son groupe. Photo : MaxPPP.

Le grand malade va mieux. Mais Stellantis n’est pas pour autant tiré d’affaires après sa sombre année 2025, où les pertes atteignaient 22,3 milliards d’euros (ramenées à -4,5 milliards après provisions). Au troisième trimestre de cette année, la galaxie aux 14 marques a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires de 1 % par rapport à l’an passé, atteignant 37,6 milliards d’euros.

L’Europe en hausse, l’Amérique en baisse

Pourtant, rien n’est simple et la donne historique est chamboulée. L’Amérique du Nord, qui a toujours généré le plus de profits pour le groupe, est en baisse de 3 % au niveau des ventes, alors que l’Europe, marché réputé difficile, progresse à l’inverse de 3 %. Mais l’histoire bégaye et c’est toujours l’Amérique du Nord (avec l’Amérique du Sud) qui tire le groupe vers le haut et lui permet d’afficher une marge opérationnelle de 0,4 %, contre -3 % en 2025.

Comment se fait-il que les bons résultats en volume des marques européennes (Citroën, Fiat, Peugeot, Opel, etc.) ne permettent pas de damer le pion aux blasons américains (Dodge, Ram et Chrysler) ? Pour Antonio Filosa, c’est la faute aux Chinois. « Le contexte européen est très difficile, notamment en matière de tarification, sous l’effet de la concurrence chinoise, et ce résultat reflète cette concurrence croissante », a résumé le patron du groupe en présentant ses chiffres. La faute aussi aux voitures électriques, dont les ventes explosent depuis le printemps mais dont les marges riquiquis grèvent les bénéfices de la vieille Europe.

Pourtant, Antonio Filosa, qui aurait autant de raisons que ses concurrents d’être pessimiste, croit en un avenir radieux et maintient ses objectifs à fin 2026. Il assure, comme il le prévoyait dès le printemps dans son plan stratégique Fastlane, progresser de 5 % par rapport à 2025 et revenir dans le vert dès l’année prochaine. Et la Bourse de Paris lui a donné raison dès les résultats connus puisqu’à paris, avec une progression de 11 %, Stellantis est devenu le champion du jour du CAC 40.

Les marchés confiants

Pour parvenir à maintenir ses fameux objectifs, il compte bien sûr sur l’Amérique. La réduction des stocks, qui a limité la production là-bas, est en phase d’être achevée, tout comme la réduction des coûts. Quant à l’Europe, il affirme « avoir réussi à stabiliser les prix" sans en passer par des remises à tout va. Il compte sur cette stabilisation pour remonter la pente, puisque les ventes, elles, répondent présent. Le seront-elles encore fin décembre et les profits seront-ils revenus, malgré les faibles marges des électriques et la concurrence chinoise ? Réponse dans deux mois.

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