« Débarrassons-nous des grands écrans » : quand le designer d'Alfa Romeo les critique ouvertement
Ils sont devenus incontournables et font partie intégrante de nos planches de bord. Pourtant, ils ne plaisent pas à tout le monde et certaines voix s’élèvent contre cette tendance, même au sein des constructeurs. quand le designer d'Alfa Romeo les critique ouvertement

« Nous assistons à une sorte de « guerre des centimètres » autour des écrans ; pour moi cela n’a aucun sens, car ils finissent par devenir démesurés. En somme, ce sont eux qui dictent la conception de la planche de bord. »
Voici ce qu’a déclaré Alejandro Mesonero-Romanos, le chef du design d’Alfa Romeo, auprès de nos confrères d’Autocar. Il n’est pas vraiment étonnant qu’une personne qui dessine les voitures soit remontée contre la prolifération des écrans. En revanche, c’est moins courant que ce thème soit abordé de cette façon.
Il complète sa critique : « Nous avons cherché à créer du vide. Les écrans sont agréables lorsque l’on est assis dans la voiture, mais en situation de conduite, je ne suis pas convaincu. » Le designer évoque aussi un aspect plus pratique et proche du consommateur : « Je pense que, dans quelques années, ces écrans seront obsolètes, dépassés, et qu’ils finiront même par représenter un coût. »

Ce dernier paramètre est d’ailleurs déjà documenté. D’après le SRA, le prix d’un bloc instrumentation numérique complet sur un SUV moderne oscille entre 2 500 € et 4 500 €. D’ici 10 ans, une voiture achetée 25 000 € aujourd’hui n’en vaudra plus que 5 000 € en moyenne, selon la dépréciation du barème de La Centrale. Si l’écran lâche à ce moment-là, la réparation représentera environ 80 % de la valeur du véhicule. Ce n’est pas tout puisque si votre écran tombe en panne sur une citadine de 2019, la pièce de remplacement n’est parfois plus produite ou coûte une fortune.
De l’envie à la réalité ?
La volonté du designer se traduit dans le dernier concept présenté au Mondial de l’auto, la berline Cuorerosso. Même s’il se dit « conscient qu’une grande partie du public réclame de grands écrans », il est aussi « convaincu que beaucoup de gens partagent notre vision. » Ainsi, la console centrale regroupe des commandes physiques, alors que les deux écrans derrière le volant permettent de se passer d’un troisième, central et tactile. L’un peut afficher la navigation et l’autre l’instrumentation de bord.
L’aménagement d’une telle planche de bord et surtout sa validation pour intégrer une voiture de série seraient un contre-pied à toute l’industrie automobile. Alfa Romeo aura-t-elle l’audace d’aller jusque-là ? L’avenir nous le dira.
Juste pour le plaisir des yeux, deux photos de la splendide Cuorerosso :




















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