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Volkswagen n’en finit plus de plonger dans le rouge

Dans Economie / Politique / Industrie

Michel Holtz

Avec une perte opérationnelle de 5,9 milliards d’euros au troisième trimestre, le constructeur allemand s’enfonce plus profondément que prévu. Entre l’effondrement historique de ses positions en Chine, un virage américain qui passe mal auprès des syndicats et 100 000 suppressions de postes, le groupe cherche à colmater les brèches sans abandonner son statut de géant mondial.

Volkswagen n’en finit plus de plonger dans le rouge
Le colosse allemand de plus en plus aux pieds d'argile. Photo : MaxPPP.

Les chiffres sont bien pires que prévus. Et les pertes pas loin de deux fois supérieures aux estimations du printemps, qui n’étaient déjà pas très joyeuses. Au troisième trimestre de cette année, le groupe Volkswagen a essuyé une perte opérationnelle de 5,9 milliards d’euros, contre les 2,6 milliards dans le rouge attendus.

Une situation qui, si elle n’est pas neuve, va de mal en pis. L’an passé, sur la même période, les pertes s’élevaient déjà à 1,3 milliard. Comment l’expliquer ? Par des charges exceptionnelles de près de 8 milliards. Mais aussi par une baisse du chiffre d’affaires et des ventes. Le premier a chuté de 6,3 % et les secondes de 2,2 %.

La Chine et les États-Unis grands coupables

Évidemment, tout le monde désigne la Chine comme étant le grand coupable de cette Bérézina, et les États-Unis de Donald Trump dans une moindre mesure. Et c’est vrai que dans l’empire du Milieu, VW est passé de 5 milliards de bénéfices en 2016, à une perte de 115 millions d’euros l’an passé. La Chine, un marché perdu pour les constructeurs européens ?

C’est en tout cas l’avis de Håkan Samuelsson, le patron de Volvo qui, lui aussi est confronté à des pertes et des licenciements. Comme il l’a exprimé devant les analystes le 24 octobre dernier, « la Chine est désormais hors de portée des constructeurs occidentaux ».

Une manne disparaît, mais Oliver Blume, le patron de VW n’entend pas abandonner la Chine. Il veut adapter les modèles au pays, et compte bien sûr son partenariat avec XPeng pour continuer à exister là-bas.

Mais cela ne suffira peut-être. Alors pour tenter d’écoper et de renflouer le navire VW, 100 000 postes sont supprimés, sur les 680 000 du groupe, mais son boss a également décidé d’investir pour retrouver la croissance perdue.

Il entend poser 9 milliards sur la table pour rénover ses usines allemandes et en construire de nouvelles. Comme celle que sa filiale Audi entend bâtir en Georgie pour la bagatelle de 4,2 milliards de dollars. Une manière de produire 200 000 autos aux anneaux chaque année en échappant aux taxes de douane.

9 milliards d’investissements pour sortir du tunnel

L’annonce de cette offensive américaine en plein meeting de Trump par le boss d’Audi Gernot Döllner a d’ailleurs fait grincer des dents jusqu’en Allemagne, notamment auprès des dirigeants du syndicat IG Metall. D’autant que le show georgien s’est déroulé au moment même où le syndicat négociait les suppressions d’emploi du groupe avec la direction.

Le timing américain n’est certes pas bon, et l’acharnement pour rester en Chine est un pari difficile. Mais Volkswagen n’entend pas perdre ses deux principaux marchés pour ne conserver que l’Europe, une partie de l’Asie et l’Amérique du Sud, des régions insuffisantes en matière de profit pour lui. Et qui lui ferait perdre sa deuxième place au classement des constructeurs mondiaux.

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