A toute vitesse (série d'été): "170 km/h en Suzuki Wagon R, un sport extrême"
La première de nos traditionnelles séries estivales est consacrée à la vitesse. A tour de rôle, nos journalistes vont évoquer des souvenirs personnels liés à des allures un peu folles atteintes au volant de véhicules divers et dans des circonstances variées. Des moments qui les ont suffisamment marqués pour qu’ils s’en souviennent encore des années plus tard. Comme vous allez le découvrir dans ce premier volet, rouler à 170 en minispace offre plus de sensations qu’à 280 au volant d’une supersportive…

La vitesse? J’aurais pu vous parler des 280 km/h atteints sur autoroute allemande au volant d’une Nissan GT-R. C’est mon "record" personnel, mais vous allez découvrir dans les semaines qui viennent que certains de mes confrères m’ont très largement dépassé. J’aurais aussi pu vous parler du jour où j’ai eu le privilège d'embarquer en passager d’une Citroën C4 WRC pilotée par Sébastien Loeb, expérience absolument inoubliable qui m’aura permis de constater les qualités quasi-surnaturelles du nonuple champion du monde des rallyes.

En quelques années de carrière dans l’automobile, j’ai eu maintes et maintes fois l’occasion d’atteindre des allures élevées, et il serait ennuyeux au possible de tout vous détailler ici. J'évoquerai donc la fois où je me suis senti le plus "à la limite", et ce n'était pas au volant d'une Ferrari. C’était aux commandes d’un…Suzuki Wagon-R ! Oui, je parle bien de ce mini-monospace commercialisé à la fin du siècle dernier, à la fois très court (3,41 m.), très étroit et haut sur pattes. Le cocktail idéal, donc.
S’il fait merveille en ville par son agilité, cet engin aux très modestes qualités routières est totalement inapte à des allures élevées. C’est pourquoi, un soir de grand optimisme, j’ai tenté de profiter d’une longue descente (sur autobahn, bien évidemment…), vent dans le dos, pour voir jusqu’où je pouvais faire grimper l’aiguille du compteur, au-delà des 142 km/h mesurés par la presse automobile de l’époque.
Pied droit soudé au plancher, j’ai approché les 170, et je dois dire que jamais je ne me suis senti aussi vulnérable qu’à ce moment-là, avec un modeste châssis totalement à la limite et une direction adoptant alors une sorte de flou nautico-artistique des plus inquiétants. La moindre correction de trajectoire aurait potentiellement eu des conséquences que je préfère ne pas imaginer. Inutile de dire que l’exercice n’aura pas duré bien longtemps, mais au moins puis-je me dire que "je l’ai fait" et, surtout, que l’on ne m’y reprendra plus ! Encore aujourd'hui, j'ai des sueurs froides rien que d'y repenser.
Mon plus gros P-V ? J’aurais aussi pu vous parler de ces 161 km/h mesurés un soir de janvier 2000 sur l’A12 au volant d’une 406 V6 du parc presse Peugeot. Une allure peu impressionnante en tant que telle, mais l’infraction fut relevée par un Mesta 208 couplé à un appareil photo argentique, et j’ai depuis précieusement conservé ce cliché désormais très "youngtimer". J’avais 24 ans, et c’était en fait mon tout premier P-V (bien salé) pour excès de vitesse !










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