Cessez-le-feu en Iran : Ce que cela change concrètement pour votre prochain plein
Alors que le cours du baril vient de repasser sous la barre symbolique des 100 dollars ce 8 avril, une bouffée d’oxygène se dessine enfin pour le portefeuille des automobilistes. Entre espoir d’un cessez-le-feu en Iran et réouverture du détroit d’Ormuz, les prix à la pompe pourraient chuter de 5 à 10 centimes d’ici 48 heures. Mais le retour à la normale, et aux tarifs d'avant la guerre, risque de prendre plusieurs semaines, si toutefois les étoiles s’alignent.

Il devrait y avoir de l’éconduite dans l’air dans les heures, et peut-être dans les jours qui viennent. Pourquoi ? Parce que les automobilistes bien informés savent que le prix du baril est repassé sous la barre des 100 dollars au matin du 8 avril, que le détroit d’Ormuz devrait réouvrir, et qu’ils attendent que les prix du sans-plomb comme du gazole baissent pour faire leur plein.
Ont-ils raison de patienter et d’économiser les dernières gouttes qui leur restent avant de se diriger vers les stations dans des conditions plus favorables ? Selon l’Ufip (union française des industries pétrolières) interrogé par l’AFP, « le carburant devrait baisser de 5 à 10 centimes dans les 48 heures ».
Pourquoi la baisse attendue de 15 cts n’est pas certaine ?
Ce délai n’est pas une évaluation au doigt mouillé, il tient simplement compte des réapprovisionnements des distributeurs qui vendent le carburant au prix ou ils l’ont acheté, augmenté de leur marge.
Or, de nombreuses stations ont rempli leurs cuves le 7 mars, après le week-end pascal et l’ont donc payé au prix fort, avant la volte-face de Donald Trump et le cessez-le-feu. Ils devraient donc se faire livrer à nouveau, à un tarif inférieur, d’ici deux ou trois jours.
Restent de nombreuses inconnues dans cette baisse promise qui, quoi qu’il advienne n’atteindra pas cette semaine les prix pratiqués avant la crise iranienne. D’une part, les automobilistes, s’ils attendent effectivement, et plutôt logiquement, les baisses attendues, même faibles, risquent de faire en sorte, bien involontairement, de retarder ladite baisse, puisque les cuves se vident moins vite qu’à l’habitude, empêchant les distributeurs de recommander rapidement du carburant.
D’autre part, pour que la baisse des coûts soit réellement sérieuse, il risque de se passer plusieurs semaines bercées par l’attentisme général. Même si le détroit d’Ormuz est à nouveau, et rapidement, accessible, les super tankers qui le traversent mettront plusieurs semaines à arriver jusque dans nos ports, dans nos raffineries et, in fine, dans nos réservoirs d’essence au prix d’avant la guerre.
Pourquoi le retour aux prix d’avant n’est pas pour demain ?
En outre, cet apaisement dans le Golfe est incertain. Il est lié à la volonté des États-Unis et de l’Iran de prolonger, ou non, le cessez-le-feu, dont on ne se sait même pas s’il sera effectif en raison, notamment de la position d’Israël.
On le sait, la moindre escarmouche, ou le moindre changement d’avis de Donald Trump, que l’on sait versatile, peut faire basculer les marchés et faire repartir les prix du baril à la hausse d’un moment à l’autre.
En tout cas, cette incertitude conforte la position du gouvernement français qui risque de persister dans sa ligne de ne pas aider massivement les automobilistes. Et s’il est un endroit où l’on a affiché un grand sourire en cette matinée du 8 avril, au-delà de l’Iran et de son peuple qui ne va peut-être plus souffrir sous les bombes, c’est bien à Matignon. Même si, du côté du régime des Mollahs, l’on sourit également, et l’on est également conforté, mais pour de plus mauvaises raisons.




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