La crise pétrolière s’enlise entre mesurettes et volonté de rassurer
Pas de panne sèche, mais une facture salée. C’est le message envoyé par l’Union française des industries pétrolière plus d’un mois arès le début de l’offensive en Iran. De son côté, l’exécutif tente de calmer les automobilistes et les partis d'opposition, en misant sur le tout électrique sans pouvoir s’en donner les moyens.

Quel est l’avenir du prix des carburants à la pompe ? Y aura-t-il de l’essence dans un mois dans les stations et du kérosène dans les avions Ce sont les questions à 111 dollars (le prix du baril de Brent le 7 avril) en ce retour de week-end pascal. Pour y répondre, toutes les boules de cristal sont de sortie, avec dans le rôle des madame Irma, des spécialistes du secteur.
Olivier Gantois l’est indubitablement. Président de l’UFIP (union française des industries pétrolières), il entend calmer le jeu, et rassurer tout le monde. Sur RTL, il a assuré qu’il n’y a aucune pénurie à craindre. Quant aux stations à sec à la fin du week-end, « c’est un simple problème de livraison, un problème logistique ». Soit.
« Si on veut de l’essence, il faut l’acheter au prix du marché »
Il reste zen et envisage un mois d’avril sans soucis. Selon lui, les « pétroliers auront de quoi approvisionner leurs clients durant les prochaines semaines ». Et les avionneurs, comme leurs passagers n’ont rien à craindre. Re-soit.
Mais à quel prix ? À ce niveau-là, le spécialiste se déclare démuni. « Il n’y a rien à faire : si on veut de l’essence, il faut l’acheter au prix du marché ». Un marché en surchauffe. Pour éviter d’alourdir la douloureuse, il conseille de covoiturer ou de passer à l’électrique. Un conseil qui, en tout cas, et toujours selon lui n’a pas été entendu au mois de mars, alors que les prix du baril se sont très vite envolés après le début de l’offensive américano-israelienne sur l’Iran le 28 février.
Car la consommation de carburant n’a pas du tout faibli durant tout le mois dernier, elle a même progressé de 1 % selon le président de l’UFIP. Le covoiturage n’aurait donc pas vraiment augmenté. Un chiffre a rapprocher d’un autre, même s’il ne tient pas compte de l’ensemble de la période. Selon Francis Pousse, le président du pôle carburant de Moibilians, qui regroupe les distributeurs, 50 % des exploitants (hors TotalÉnergies) auraient constaté des baisses de volume de 20 à 40 % la semaine passée.

Reste la possibilité de l’électrique, que les industries pétrolières semblent encourager, quitte à marquer contre leur camp. Elle est du ressort du gouvernement. Sébastien Lecornu doit justement annoncer de nouvelles mesures pour pousser à l’électrification du pays en général et celle des voitures en particulier ce 8 avril, fort des 270 millions d’euros de surplus fiscal découvert par Bercy. Un surplus un peu honteux que l’exécutif a annoncé, par la voie de l’AFP, le 1er avril, à 4h du matin.
Mais le Premier ministre semble tenir sa ligne des zéros dépenses supplémentaires, quelques jours seulement avant que les agences de notation ne rendent leur verdict en ce qui concerne la solvabilité française. Le plan Lecornu tient en une phrase : des watts à tout va. Et une orientation destinée à sortir du pétrole et à foncer vers l’électrique, dans tous les domaines. Une démarche somme toute logique, puisque l’hexagone produit de l’électricité, mais pas de pétrole et que son importation coûterait chaque année 60 milliards d’euros.
Un leasing social pour les pros et des tests d’électrification total au niveau territorial
Alors peut-on s’attendre à une hausse du bonus pour l’achat d’un VE ? Pas vraiment. Les premières fuites du train de mesures évoquent simplement un leasing social étendu aux professionnels. Une mesure qui devrait surtout toucher les professions libérales et les TPE.
Le ministre des transports Philippe Tabarot doit, quant à lui, plancher sur une « décarbonation complète des mobilités routières dans certains territoires pilotes ». Lesquelles et comment ? Mystère.
Dans tous les cas, les mesures réclamées par l’ensemble des partis d’opposition, réclamant une baisse des taxes diverses et/ou un blocage des prix, n’est toujours pas à l’agenda de Matignon. Et pendant ce temps, tout le monde a les yeux rivés sur le détroit d’Ormuz, et sur l’énième ultimatum que Donald Trump a fixé à l’Iran.




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