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Faut-il obliger les constructeurs automobiles à garder une roue de secours dans les voitures ?

Dans Equipement / Pneus

Cédric Pinatel

Alors que les marques automobiles remplacent de plus en plus souvent la vraie roue de secours par de simples bombes anti-crevaison, cette solution peut déboucher sur des situations cauchemardesques pour les automobilistes. Faut-il faire marche arrière sur le sujet ?

Faut-il obliger les constructeurs automobiles à garder une roue de secours dans les voitures ?
Au siècle dernier, les roues de secours faisaient carrément partie de la décoration de la voiture ! Photo MaxPPP.

Lorsque les voitures évoluaient le plus souvent sur des routes en terre avec leurs pneus équipés de chambres à air, il paraissait absolument impensable de ne pas les équiper d’au moins une roue de secours. Jusqu’au début du siècle, encore, cet équipement figurait quasi-systématiquement dans la dotation de série des voitures neuves.

Et puis, progressivement, cette roue de secours a commencé à se raréfier : d’abord remplacée par des « roues galettes » permettant uniquement de rouler à petite vitesse sur de courtes distances, puis carrément supprimées au profit d’une simple bombe en tube à utiliser soi-même sur le pneu en cas de crevaison. Non seulement la suppression de la roue de secours permet aux constructeurs d’économiser de la masse et de réduire les coûts, mais certaines solutions techniques comme la bi-carburation GPL imposent parfois de remplacer leur espace dédié par un réservoir additionnel.

La « roue galette », une alternative à la roue secours permettant de rouler jusqu’au garage, à vitesse réduite. Photo MaxPPP.
La « roue galette », une alternative à la roue secours permettant de rouler jusqu’au garage, à vitesse réduite. Photo MaxPPP.

La bombe anti-crevaison, ce n’est pas une solution parfaite

Le problème, évidemment, c’est que cette solution de la bombe anti-crevaison n’a vraiment rien d’universel lorsqu’on se retrouve sur le bas-côté de la route avec un pneu dégonflé. Ce système permet bien de repartir sur de petites distances jusqu’au garage le plus proche lorsque le pneu en question est simplement troué par un petit objet sur sa bande de roulement. Mais en cas de grosse déchirure, il n’y a plus aucune autre solution que d’appeler une dépanneuse.

Les journalistes d’Ouest-France rapportent à ce sujet l’exemple d’une automobiliste qui a vécu un véritable calvaire, obligée de se déplacer en taxi pendant deux jours et de perdre beaucoup de temps avant de récupérer enfin son véhicule en état de rouler à nouveau.

Faut-il obliger les marques à garder cette roue de secours ?

Alors que la loi européenne impose aux constructeurs automobiles d’embarquer de plus en plus d’équipements de série dont l’utilité fait parfois débat, faut-il envisager de rendre la roue de secours obligatoire dans les voitures neuves ? Certes, certains modèles très spécifiques (voitures de sport…) pourraient difficilement se conformer à une telle mesure pour d’évidentes raisons techniques. Par ailleurs en raison de la taille des jantes qui ne cessent de grossir sur les voitures modernes, il devient de plus en plus difficile d’installer une vraie roue de secours sous châssis arrière ou dans le coffre. Elles deviennent d’ailleurs parfois trop lourdes pour être manipulées seul ! Mais c’est sans doute un point pratique aussi important que d’obliger les véhicules à réactiver toutes les aides à la conduite sans exception au redémarrage moteur, par exemple.

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