Votre navigateur ne supporte pas le code JavaScript.
Logo Caradisiac    

Publi info

Huile de boîte automatique « à vie » : le faux bon plan qui peut mener tout droit à la panne

Dans le domaine automobile, les idées reçues ne sont pas rares, comme celle qui consiste à croire qu’une boîte de vitesses automatique n’a pas besoin d’être vidangée car l’huile qu’elle contient est « à vie ». Évidemment, c’est loin d’être le cas.

Huile de boîte automatique « à vie » : le faux bon plan qui peut mener tout droit à la panne
Vidanger sa boîte automatique : 31 % des clients français refusent à cause du prix, et 20 % n'en voient tout simplement pas l'utilité.

Il y a encore une petite trentaine d’années, la transmission automatique n’était pas si courante. Cet équipement était peu répandu, proposé en option ou obligatoirement associé à de grosses cylindrées.

Les temps ont bien changé puisque l’on estime que la bonne vieille boîte mécanique va disparaître au profit de la BVA. Si l’on excepte les voitures électriques qui en sont dépourvues, cette transmission équipe aujourd’hui la très grande majorité des autos neuves, soit plus de 80 % des ventes. Mécaniquement, le parc d’occasion suit le même chemin avec environ 40 % de l’offre.

Cette mutation est due au développement de l’hybridation et des aides à la conduite comme le stop & go. De plus, généraliser cette technologie permet aux constructeurs de réduire les coûts de développement et de production.

Comme pour les intervalles de vidange moteur, espacés de 30 000 km grâce aux huiles « long life », il est communément admis que l’huile de boîte automatique est prévue pour la durée de vie du véhicule, une donnée apparue dans les années 90 et 2000 lorsque les systèmes se sont complexifiés et surtout avec l’apparition des huiles synthétiques et très hautes performances.

C’est ce que nous indique François Couraudon, formateur technique chez Meyle (fabricant de pièces détachées) : « l’expression « à vie » de l’huile de boîte s’est calée sur celle des moteurs avec un cycle théorique de 200 000 à 240 000 km à l’époque, ce qui est toujours le cas aujourd’hui. » Pour les constructeurs, cela permet également de réduire le coût des contrats de leasing, qui peuvent courir jusqu’à 150 000/200 000 km. « Quand on regarde les statistiques, les cas de casse avant 200 000 km sont assez rares sur les boîtes de vitesses automatiques » nous assure M. Coudauron.

Trois à quatre fois dans la durée de vie

Pourtant, à l’usage, le fonctionnement des pièces mécaniques de la boîte finit par créer de la limaille qui se détache et vient se mélanger au lubrifiant. Or, une huile trop usagée, trop chargée en résidus, peut abîmer différentes pièces, altérer le fonctionnement, allant jusqu’à la casse. Pour maintenir votre boîte automatique en bon état il est indispensable de faire une vidange régulièrement.

« Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire qu’il faut vidanger la boîte trois à quatre fois sur toute la durée de vie du véhicule. » L’huile doit assurer le refroidissement, la lubrification et transmettre la pression pour le bon fonctionnement de l’ensemble. Avec le temps et les distances parcourues, elle perd de ses propriétés et n’a plus la capacité d’assurer ses rôles.

Convertisseur et double embrayage : même régime ?

La BVA est un composant très fiable, quelle que soit la technologie employée (convertisseur, double embrayage et variation continue). Elle peut atteindre sans souci les 500 000 km, voire dépasser le kilométrage du moteur. Pour notre formateur : « Si les conceptions sont différentes, la mécatronique qui permet de commander hydrauliquement la boîte est un composant commun à toutes, quel que soit leur type ». La fréquence de vidange dépend davantage du fabricant (ZF, Aisin…) que de la technologie utilisée.

À l’inverse d’un moteur, dont on peut faire évoluer la norme d’huile avec le temps, surtout lorsque l’économie de carburant était privilégiée au lancement, la référence de l’huile de boîte restera la même notamment parce que « les jeux de fonctionnement à l’intérieur sont extrêmement faibles, même à plus de 300 000 km. »

Une vidange onéreuse, mais moins qu’une panne

Pour un voiture relativemment âgée, une vidange par gravité suffira.
Pour un voiture relativemment âgée, une vidange par gravité suffira.

Selon que vous vous adressez à un garage indépendant ou à une concession, le prix de l’intervention peut démarrer sous les 1 000 € et atteindre 2 000 €. Il existe deux techniques de vidange. La première, dite par gravité, est similaire à celle d’un moteur. Elle permet de renouveler environ 40 % de l’huile, ce qui est idéal pour une boîte qui affiche un fort kilométrage et qui n’a jamais été vidangée. Ce chiffre peut paraître faible, mais il permettra à la boîte de s’habituer au nouveau lubrifiant. Dans certains cas, des à-coups peuvent apparaître à la suite de cette intervention et disparaître le temps qu’elle réapprenne à fonctionner avec.

Pour les voitures modernes et raisonnablement kilométrées, la vidange via une machine est nécessaire de même qu’une valise électronique pour effectuer un diagnostic, parfois indispensable.

« C’est au moment où cela commence à ne plus fonctionner qu’il est déjà trop tard avec potentiellement des dommages à l’intérieur de la boîte. » En conclusion, mieux vaut prévenir que guérir.

Mots clés :

Commentaires ()

Déposer un commentaire

SPONSORISE

Toute l'actualité Guide fiabilité - Autres actu fiabilité