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Route de nuit - La boîte automatique, cette invention française

Dans Rétro / Autres actu rétro

Stéphane Schlesinger

Longtemps réfractaires à la boîte automatique, les Français la plébiscitent désormais. Mais savent-ils que son inventeur n’est pas américain, comme on le croit souvent, mais bien de chez nous ? C’est l’Alsacien Gaston Fleischel.

Gaston Fleischel (au centre de la moitié gauche de la photo) présentant sa boîte automatique au Président de la République Albert Lebrun (tout à gauche), au salon de Paris 1935. (Photo : ensemblepourbleneau.com)
Gaston Fleischel (au centre de la moitié gauche de la photo) présentant sa boîte automatique au Président de la République Albert Lebrun (tout à gauche), au salon de Paris 1935. (Photo : ensemblepourbleneau.com)

Ainsi que l’indiquait Florent Ferrière, sur Caradisiac, le 1er septembre dernier, la boîte automatique est désormais majoritaire dans les voitures neuves vendues en France en 2021. Elle en équipe 54 %, contre 8 % en 2004. Elle doit ce succès notamment aux énormes progrès qu’elle a réalisés.

Qu’elle est loin l’époque où on croyait bon la mépriser, du moins publiquement, de peur de passer pour incapable de conduire correctement ! A contrario, aux Etats-Unis, elle équipe l’écrasante majorité des automobiles depuis plusieurs décennies.

A tel point qu’on pense qu’elle y a été créée. Si la première voiture à s’en équiper est bien américaine (une Oldsmobile en 1939), le brevet de la transmission 100 % automatique (utilisant des trains planétaires, une pression hydraulique, la dépression dans la tubulure d’admission et la position de la pédale d’accélérateur) ne demandant aucune opération du pilote ni pour s’élancer ni pour changer de rapport (au contraire des systèmes Cotal ou Wilson, par exemple), est déposé le 20 décembre 1935 par un Français : Gaston Fleischel, né en 1885.

Ce brevet fait suite à plusieurs autres, couvrant les divers éléments de ladite transmission, qu’il a commencé à développer de façon satisfaisante dès 1923 sur une Citroën B14. Il possède à l’époque une usine fabriquant des mécanismes de précision, à Bléneau, dans l’Yonne, mais doit la fermer en 1931 à cause de la Grande Dépression. Il se consacre alors à la recherche pure et crée en 1934 la « Société des Transmissions Automatiques Fleischel ».

La Peugeot 402 a failli être commercialisée avec une boîte automatique Fleischel dès 1935.
La Peugeot 402 a failli être commercialisée avec une boîte automatique Fleischel dès 1935.

Dès 1935, Peugeot présente au salon de Paris une 402 équipée de la boîte Fleischel, qui présente tout de même deux gros écueils. Elle avale pas mal de puissance et coûte fort cher, représentant près de 25 % du prix de la berline sochalienne ! Aussi les amateurs d’automatisme lui préféreront-ils la transmission Cotal, moins onéreuse, conduisant Peugeot à ne pas commercialiser la 402 à boîte Fleischel.

Entre-temps, notre homme, avisé, a pris contact avec de nombreuses sociétés, dont Chrysler, déposant même dès le début de la décennie ses brevets aux Etats-Unis. Ceux-ci ne passent pas inaperçus : de nombreux constructeurs américains s’y intéressent.

En 1938, Fleischel crée la TAF (Transmissions Automatiques Fleischel) qui détient tous ses brevets, et en 1939, il est envoyé par le Gouvernement en mission aux Etats-Unis puis, surpris par l’armistice, reste là-bas, soutenant les combattants de la France libre.

Seulement, l’Oncle Sam, entré en guerre contre l’Allemagne en 1942, considère la France occupée comme un territoire ennemi et, en conséquence, s’accapare tous les brevets que la TAF a déposés aux USA.

Ils ne sont restitués qu’en 1947 à la société de Fleischel, qui se met en branle pour poursuivre tous ces constructeurs américains qui les ont exploités sans lui demander son avis. Mais, comment un petit français peut-il affronter de tels mastodontes ? C’est David contre plusieurs Goliath !

Pour ce faire, la TAF vend ses brevets à une société américaine dirigée par un français, la Speciality Equipment and Machinery Corp. Après une longue bataille judiciaire, elle obtient gain de cause : en 1953, les dirigeants de grandes marques US (Chrysler, Ford, GM, Hudson, Packard, mais aussi Bendix et Borg-Warner) signent un accord où ils reconnaissent qu’ils ont bien utilisé les brevets de Fleischel. Excusez du peu !

Le jugement montrant l’accord signé entre les constructeurs américains et Gaston Fleischel. Photo : ensemblepourbleneau.com
Le jugement montrant l’accord signé entre les constructeurs américains et Gaston Fleischel. Photo : ensemblepourbleneau.com

Pour autant, l’inventeur n’accèdera pas à la notoriété et décèdera en 1965 à Nanterre. Quant à l’automatisme en France, Renault tentera avec un certain succès de redorer son blason en développant la première boîte auto française à être produite en série.

La Renault 16 TA a été la première voiture française commercialisée à s’équiper d’une boîte automatique française.
La Renault 16 TA a été la première voiture française commercialisée à s’équiper d’une boîte automatique française.

Innovante, elle se dote d’une gestion électronique, et se voit montée d’abord sur la R16 à partir de 1969. Le constructeur estime qu’en 1975, 25 % des voitures vendues s’équiperont d’une boîte automatique Les parts de marché de celle-ci ne commenceront toutefois à réellement s’accroître chez nous qu’au milieu des années 2000…

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