Ira-t-on bientôt jusqu’à interdire les pneus trop performants ?
Aux Etats-Unis, l’État de Californie planche sur une loi pour interdire aux manufacturiers pneumatiques la commercialisation de gommes à la résistance au roulement trop forte. On parle des pneus à très hautes performances, conçus surtout pour les voitures les plus sportives.

Pas besoin d’être un spécialiste pour comprendre qu’il existe de grosses différences d’efficacité entre les différents types de pneus du marché. Les gommes les plus vendues, chaussant la « voiture de monsieur tout le monde », affichent généralement un profil classique favorisant les économies d’énergie avec un niveau suffisant de grip. Les voitures à hautes performances, au contraire, utilisent des pneus plus larges aux composés favorisant l’efficacité dynamique absolue, conçus pour offrir une adhérence maximale au détriment de la résistance au roulement. Par définition, ces gommes-là ont naturellement un effet négatif sur la consommation du véhicule.
Et justement, l’Etat de Californie se penche sur le sujet. Son projet ? Interdire à la vente les pneus jugés trop énergivores à cause d’une résistance au roulement trop importante. Comme le rapportent les journalistes de Motor1, le CEC (California Energy Commission) planche sur une loi pour interdire la vente des pneus affichant un coefficient de plus de 10,5 N/kN (Newton par kiloNewton), soit la force nécessaire pour déplacer 1 000 Newtons en poids de véhicule. Un pneu « classique » favorisant les économies d’énergie, par exemple, affiche généralement un coefficient de 6 N/kN. Un Michelin Pilot Sport 4S, plus optimisé pour la performance pure et le grip, se situe à 9,8 N/kN. Et les pneus semi-slick chaussant les voitures de sport les plus radicales du marché (souvent chez Porsche, Ferrari, Alpine ou encore McLaren…) peuvent dépasser cette barre des 10,5 N/kN.
Une exemption pour les pneus vendus à moins de 15 000 unités par an
Le projet prévoit cependant une exemption de cette interdiction de commercialisation pour les pneus vendus à moins de 15 000 unités par an. Sachant que les pneus « semi-slick » à très hautes performances ne courent pas les rues même en Californie, cela n’entraînerait pas forcément la mort de ces gommes très spécifiques conçues pour les voitures de sport les plus extrêmes du marché.
Mais c’est un point de vigilance pour les professionnels de ces pneus à hautes performances, dans un contexte où ce genre de mesure se multiplie d’autant plus au sein de l’Union européenne et de ses normes automobiles.
Chez nous, d’ailleurs, les constructeurs automobiles sont souvent forcés d’homologuer leurs véhicules avec des pneus au profil moins agressif : outre une légère augmentation de la consommation, le fait de chausser des gommes à très hautes performances fait augmenter les rejets officiels de CO2 de plusieurs g/km à véhicule identique. Sur la Volkswagen Golf GTI 50, par exemple, le choix des gommes semi-slick optionnels lui fait prendre 3 g/km de CO2. En France tout particulièrement, cela fait grimper son malus écologique CO2 de 8 000€.




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