L’automobile thermique n’est pas morte : l’Europe veut finalement la garder après 2035
Ça se précise au sein de la Commission européenne : les parlementaires s’accordent à relâcher les obligations pour les constructeurs automobiles en matière d’électrification « forcée » pour 2035. On se dirige vers un compromis dans lequel près de 40 % des voitures neuves pourront garder un moteur thermique après cette date.

Restera-t-il des voitures neuves utilisant un moteur à énergie fossile en 2035 dans les pays de l’Union européenne ? D’après les accords officialisés en 2023, la réponse était négative puisqu’on prévoyait alors une réduction des quotas de CO2 de 100 % par rapport au niveau de 2021 : il devenait impossible, dès lors, de continuer à commercialiser des modèles thermiques sauf en les alimentant avec du carburant synthétique admis comme « neutre en CO2 » (ce qui n’est techniquement pas vrai, au passage).
Mais en trois ans, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Même si les ventes de véhicules 100 % électriques ont fortement progressé récemment (avec largement plus de 30 % du total des voitures neuves chez nous en France depuis le début de l’année), on reste loin de la trajectoire imaginée par les constructeurs et surtout les instances réglementaires européennes au début de la décennie. Depuis l’année dernière, les négociations vont bon train au sein de la Commission européenne alors que les constructeurs ont pour la plupart révisé à la baisse leur stratégie d’électrification à moyen terme.
Plus de voitures électriques que prévu
Récemment, on a entendu un chiffre de réduction de l’objectif de baisse des quotas de CO2 à 90 % au lieu de 100 % comme premier renoncement aux voitures thermiques. Mais comme le rapportent les journalistes de Reuters, on évoque désormais le chiffre de 87,5 % de réduction de CO2 par rapport au niveau de 2021 dans un projet voté ce 4 novembre 2026 par le Comité sur l’environnement, le climat et la sécurité alimentaire de la Commission européenne. On parle bien de quantité de CO2 et non pas de proportions de véhicules.
Concrètement, il n’obligerait plus les constructeurs qu’à réduire leurs quotas de CO2 de 87,5 % au lieu de 100 % par rapport aux niveaux de 2021 (fixés alors à 95 g/km). Et cela ne veut pas dire qu’il ne resterait ainsi plus que 12,5 % de voitures thermiques neuves après 2035 au sein de l’Union européenne : comme le calculent les journalistes de Reuters et Automotive News, on pourrait théoriquement rester à environ 39 % de véhicules neufs disposant d’un moteur thermique sous le capot sachant que la plupart de ces modèles seraient des autos hybrides rechargeables déjà faiblement émettrices en CO2 sur leur fiche technique.
Théoriquement toujours, il serait aussi possible de garder des modèles 100 % thermiques en toute petite série du moment où ils permettent de respecter les quotas.
Ce vote a été passé entre les principales forces politiques de l’Union européenne et doit être soumis en décembre prochain au parlement complet. A noter que cette réduction de l’objectif de CO2 sera conditionnée à des critères de production européenne pour un certain nombre de composants des voitures, qui devront être respectés par les constructeurs automobiles. On en connaîtra donc les modalités précises le mois prochain.




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