Voitures électriques : même en 2050, la France comptera encore 9 millions de voitures thermiques et hybrides
Alors que l’Europe vise le tout-électrique (ou presque) pour 2035, les calculs du SDES douchent les espoirs d’un basculement éclair. Portées par l’envolée des prix du neuf, les autos carburent désormais à la longévité. Avec des durées de vie qui franchissent le cap des 20 ans, les vieilles mécaniques n’ont pas du tout l’intention de s’effacer d’ici le milieu du siècle.

On peut se dire, tout à fait raisonnablement, qu’en 2050 ce sera totalement plié pour le thermique. Après tout, quinze ans se seront passés depuis l’obligation de ventes de voitures neuves électriques, qui pourrait être de l’ordre de 90 % si les votes au Parlement européen vont dans ce sens.
Quinze ans qui semblent donc un délai raisonnable pour une bascule totale, puisque l’âge moyen du parc automobile, du moins en France, frôle aujourd’hui les douze ans.
Deux ans d’allongement de la durée de vie du parc en 7 ans
Mais cette estimation est battue en brèche par une étude que le SDES (Service des données et études statistiques) vient de publier. Pour les statisticiens du ministère des transports et de l’environnement, il restera encore 9 millions de voitures thermiques en circulation dans 24 ans sur les routes de l’hexagone.
Ce calcul est valable même si 100 % des autos neuves vendues à partir de 2035 sont électriques. Mais comment le SDES est-il parvenu à ce surprenant calcul ?
Tout simplement en raison de l’allongement de durée de vie du parc auto français. Non pas que les voitures soient de plus en plus fiables (quoique) mais en raison de la pratique des automobilistes qui est en cours et qui, prix des autos oblige, prolongent la vie de leur monture qui s’est allongée de deux ans depuis 2019.
Pour l’organisme, il n’y a aucune raison pour que cet allongement ne se prolonge pas. Il prévoit même que l’âge moyen du parc pourrait atteindre 13,3 ans en 2035 et estime que la durée de vie possible d’une auto thermique, du type de celles qui sont en production cette année et a fortiori dans quatorze ans, pourrait être de 19,6 ans.
Mieux : pour le SDES, la durée de vie possible pour une thermique à essence dépassera les 21 ans, contre 17,6 ans pour les diesel. Un phénomène qui expliquerait les 9 millions de voitures thermiques qui feraient de la résistance et seraient encore vaillantes en 2050.
Le tout électrique obligatoire dès 2030 ?
Comment faire pour éviter que ces effluves de carburant durent aussi longtemps ? Le service des données a bien une idée. S’il ose à peine le suggérer, il en évoque les conséquences. En passant au 100 % électrique neuf en 2035, il resterait 20,9 % de thermiques quinze ans plus tard. Alors autant devancer l’appel. Ainsi, selon le calcul, si l’obligation était instaurée dès 2030, il ne resterait, vingt ans plus tard, que 16,3 % d’autos à pétrole.
Une prospective qui ne devrait pas réjouir la filière auto plus que ça. À moins que la transition vers l’électrique aille de soi d’ici là, et qu’elle suive la progression des ventes de VE de 41 % constatés au mois d’octobre et leur envolée depuis le mois de mars 2026 et la guerre en Iran. Mais personne ne souhaite un prolongement de la crise, pas même le SDES.




Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération