La batterie, le maillon faible en période de canicule qui risque de vous immobiliser
Alors que le thermomètre s’affole sur une large partie de l’Hexagone, nos organismes ne sont pas les seuls à souffrir. Contrairement aux idées reçues, c’est en été, et non en hiver, que les batteries de nos voitures subissent les dégâts les plus lourds. Explications, alors que les services de dépannage s’attendent à un pic d’activité.

Cinquante-trois départements sont actuellement placés en vigilance orange par Météo-France. Si cette vague de chaleur pèse sur les corps, elle met également la mécanique automobile à rude épreuve. Un élément en souffre particulièrement : la batterie de démarrage.
Si l’hiver est traditionnellement redouté, les professionnels du secteur sont unanimes : la période estivale est la plus critique. « On sait qu’à partir de 35 °C annoncés, ça va être une hécatombe côté batteries », confie un dépanneur. Les chiffres confirment cette tendance. Selon les données de l’Union des assisteurs, une vague de chaleur de dix jours enregistrée à la fin du mois de juin dernier avait provoqué une hausse record de 16 % des dépannages, principalement liés à des défaillances électriques. Sur l’ensemble de la période courant de juin à début juillet, l’activité globale du secteur avait bondi de 30 %.
La chimie de la batterie s’emballe sous le capot
Pour comprendre ce phénomène, il faut se pencher sur le fonctionnement interne d’une batterie. La température idéale pour une batterie de démarrage se situe autour de 20 °C. Dès que le thermomètre extérieur affiche 30 °C, la situation se corse, la chaleur étant supérieure sous le capot à cause du moteur.
Sur le plan technique, l’activité chimique au sein de la batterie double à chaque fois que la température augmente de 10 °C. Cette accélération provoque des dommages irréversibles : apparition de corrosion dans le circuit et décomposition de l’alliage de plomb à l’intérieur des cellules. La conductivité électrique s’en trouve lourdement dégradée, empêchant le véhicule de démarrer. Paradoxalement, une batterie qui lâche en plein hiver a souvent été mortellement fragilisée durant l’été précédent.
Anticiper pour éviter la panne sur la route des vacances
Face à ce risque, les experts recommandent la vigilance et l’anticipation. Faire contrôler sa batterie ainsi que son circuit de charge chez un professionnel s’avère indispensable avant les grands départs. Attention toutefois aux délais : les carnets de rendez-vous des garages se remplissent à vitesse grand V en mai et juin.
Enfin, ce bilan estival doit être l’occasion de vérifier un autre élément clé : le système de refroidissement du moteur. Pour éviter la surchauffe, le circuit doit être exempt de toute fuite, le moto-ventilateur doit s’enclencher correctement autour de 90 degrés, et le liquide de refroidissement doit être purgé et remplacé tous les quatre ans.
Quid des voitures électriques ?
Sachez que les modèles électriques sont également équipés d’une batterie de 12V, avec le même risque de panne. En revanche, la batterie de propulsion est prévue pour fonctionner à haute température, mais cela réduit son autonomie puisque la demande en refroidissement est plus forte. La recharge rapide risque aussi d’être plus lente afin de la préserver.




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