Pourquoi les grandes enseignes de l’entretien auto se ruent sur les flottes d’entreprises
Historiquement tournés vers les particuliers, les réseaux de centres auto multiplient les offrent sur mesure pour séduire les professionnels. Une offensive qui leur permet de s’assurer à court terme un volume d’affaires et de se positionner sur le secteur naissant de l’électrique. Avec l’objectif de tailler des croupières aux concessionnaires sur le marché naissant de l’entretien des véhicules électriques.

La récente inauguration d’un site Feu Vert exclusivement dédié aux professionnels en dit long sur le basculement stratégique des grandes enseignes de l’entretien automobile.
Historiquement grand public, les Midas, Speedy, Norauto et consorts se livrent une sévère bataille sur le terrain du B2B pour attirer un max de flottes dans leurs réseaux et empocher une partie des 10 milliards d’euros en jeu.
Des millions de véhicules à l’usure accélérée
Pour comprendre cette frénésie, il convient d’observer la nature même du parc roulant français. Quand un véhicule particulier parcourt en moyenne 12 000 km par an, une voiture professionnelle en avale le double, voire le triple. Cette utilisation intensive implique mécaniquement des besoins d’entretiens accrus, à même de booster l’activité des ateliers. Avec au passage, une rentabilité nettement supérieure à celle de la clientèle particulière.
Là où un ménage touché par l’inflation reporte ou restreint ses dépenses d’entretien (350 € panier moyen), une entreprise ne peut se permettre le moindre retard. Soumise à une obligation de sécurité envers ses salariés et face à la nécessité d’avoir un actif roulant toujours performant, une société ne peut tergiverser sur l’entretien de ses véhicules. Les pièces d’usures (frein, pneu…) sont changées de façon prédictive avant même la première alerte. Les visites au garage sont ainsi plus fréquentes, mais aussi plus lucratives avec un panier moyen autour des 600 €.
L’artillerie des services
Pour s’assurer ces volumes financiers récurrents, via des contrats-cadres pluriannuels, chaque enseigne structure sa propre division B2B pour séduire entreprises et gros leasers comme Arval ou Ayvens. Il faut dire que les loueurs, compte tenu de leur volume de flotte, achètent des prestations d’entretien par dizaines de milliers. En signant avec les mastodontes de l’entretien automobile, ils négocient des tarifs, pièces et main-d’œuvre, bien inférieurs à ceux proposés par les concessionnaires. De leur côté, les enseignes d’entretien s’assurent un volume régulier d’activité et remplissent leurs ateliers.
Avec Fleet-Hub, Mobivia (Norauto-Midas) joue la carte de la complémentarité entre ses deux enseignes. Les professionnels ont ainsi accès à un réseau combiné de 800 centres. Norauto, installé en périphérie urbaine, avec des vastes ateliers, absorbe le flux de VUL ou des grosses berlines, alors que Midas plus au centre des agglomérations prend le relais sur la réactivité quotidienne et l’entretien de proximité pour les voitures de fonction par exemple. Speedy, propriété de Bridgestone, mise sur l’intégration numérique. Grâce aux e-Cards, toutes les interventions réalisées partout en France sont regroupées sur une seule et unique facture mensuelle dématérialisée, claire et pré-analysée. Feu Vert Services Entreprises met le paquet sur le service. Un système de conciergerie gère la logistique du véhicule et propose des véhicules de remplacement dédiés pendant l’immobilisation du véhicule pro.
Garder la main sur le marché de la transition électrique
Au-delà du regain d’activité immédiat, l’offensive sur le B2B répond également à un impératif industriel. Celui de l’électrification des flottes. Poussées par les contraintes environnementales et les quotas de verdissement des parcs pros, les flottes d’entreprises s’électrifient presque deux fois plus rapidement que les particuliers.
Pour les réseaux de réparation, répondre à cette nouvelle demande, réclame des investissements massifs pour former les équipes et acheter du matériel spécifique. Capter les flottes, permet de rentabiliser les investissements consentis. Et de garder la main sur le marché de demain.




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