Le ministre de l’Économie veut booster la recharge électrique dans les copropriétés
Brancher 1,7 million de parkings collectifs d'ici 2035 ? Pour lever le verrou des copropriétés, Bercy lance une offensive massive : équiper 1,2 million de places supplémentaires dans les parkings d’immeubles en moins de dix ans. Un défi logistique et industriel qui ne pèsera pas sur le budget de l’État, puisque le financement repose sur le dispositif des Certificats d’économies d’énergie (CEE), payés par les fournisseurs d’énergie, et sur l’avance de frais de la Caisse des dépôts.

La décision ne va certes pas permettre à la France de basculer rapidement vers le tout électrique. Mais elle pourrait bien réparer un peu l’une des erreurs originelles qui a freiné l’introduction de la voiture électrique en France.
Car Roland Lescure veut passer la surmultipliée en matière d’installation de bornes dans l’immobilier collectif. Le ministre de l’Économie a annoncé la création de 1,2 million de places de parking électrifiées supplémentaires dans les copropriétés d’ici à 2035, pour atteindre un total de 1,7 million de places de stationnement dotées de borne de recharge dans les immeubles.
L’électrique plus évident à la campagne qu’en ville, pour le moment
C'est que, jusqu’à présent, seules 500 000 places branchées sont opérationnelles sur le territoire, soit seulement 5 % des parkings des copropriétés. Et c’est un paradoxe. Car à ses débuts, l’un des principaux arguments en faveur de la voiture électrique, c’est que c’était une technologie idéale en ville.
Or, comment faire pour recharger ses batteries ailleurs que sur des bornes publiques, forcément plus chères que sur une box à domicile ? L’affaire est plutôt du genre mission impossible. Les Parisiens ont résolu le problème en se passant purement et simplement de voiture pour 66 % d’entre eux. Pas les banlieusards qui ont souvent besoin d’une auto et qui, eux aussi, vivent souvent dans des immeubles sans possibilité de se recharger. D’où un recours encore massif au thermique de leur part.
Ce nouveau dispositif est évidemment l’un des étages de la fusée électricité de Sébastien Lencornu. Le Premier ministre l’a présenté la semaine passée avec une idée derrière la tête : en finir avec l’addiction française au pétrole, alors qu’il n’en produit pas.
Une idée simple et logique mais difficile à mettre en place, malgré un leasing social renforcé, des aides pour sortir du chauffage au fioul et au gaz et donc, ce coup de pouce pour les bornes en copropriétés. Sauf que les financements pour réaliser cette révolution sont limités.
Une opération blanche pour l’État ?
Pour la fameuse multiplication, c’est Logivolt qui se charge du financement des infrastructures. Cette filiale de la caisse des dépôts se charge d’avancer les frais du branchement général requis dans les immeubles. La copropriété devra ensuite rembourser la caisse (qui offre 12 500 euros sur un total moyen de 25 000 euros). Enfin, chaque propriétaire paie les frais inhérents à sa borne personnelle qui devrait coûter un peu plus de 1 000 euros.
Ces aides, qui doivent permettre à terme de mettre en place 1,2 million de bornes dans les dix prochaines années sont prises en charge, non pas par l’État qui n’en a plus les moyens et cherche ces temps-ci à économiser 6 milliards d’euros, mais par les entreprises, au travers de leurs cotisations aux CEE (certificats économies d’énergie), payés par les entreprises fournisseuses d’énergie. En France on n’a pas de pétrole, pas de sous, mais quelques taxes.




Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération