Le premier SUV compact de Volkswagen n’est pas le Tiguan mais bien une Golf très étrange !
La très sérieuse maison de Wolfsburg traverse parfois des moments de folie, ce qui a donné en 1990 la surprenante Golf Country, aux airs de baroudeuse avec sa garde au sol considérable. Jamais une compacte n’avait à ce point impressionné, du moins en Europe…

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !
Contrairement à ce que certains écolos un brin conspirationnistes veulent nous faire croire, les constructeurs ne cherchent absolument pas à imposer les SUV. Au contraire, ils ont été assez lents à trouver la bonne formule, celle dont rêvaient les acheteurs. Leurs tâtonnements ont engendré la Volkswagen Golf Country, un jalon assez improbable dans le cheminement vers le SUV moderne. Nantie d'un look incroyable de baroudeuse, elle se révèle capable de belles escapades hors bitume grâce à sa transmission intégrale, ce qui en fait une Golf à part. Très chère en son temps, elle s'est peu vendue, donc se révèle très rare actuellement, surtout en bel état. Les prix ont commencé leur ascension, raison de plus pour s'intéresser à ce coup de folie made in Wolfsburg.

Bien avant la fin des années 80, les constructeurs anticipent la fin de l’ère de la vitesse incarnée par les GTI. A commencer par Volkswagen qui a pourtant popularisé le genre. Au moment où sa Golf II atteint des sommets de puissance en version Rallye (160 ch), la marque de Wolfsburg prend tout le monde à rebrousse-poil en dévoilant sa Golf Country, une variante tout-terrain de sa compacte. Ceci a lieu début 1990, mais la vraie surprise a lieu un an auparavant, au salon de Genève 1989. Volskwagen s’est-elle inspirée de l’AMC Eagle Kammback ?

En effet, là, elle expose ce qui n’est alors qu’un concept un peu délirant, la Golf Montana. Surélevée de 12 cm, bardée d’accessoires de 4x4 et nantie de quatre roues motrices, elle impressionne bien davantage que n’importe quelle GTI et suscite une forte envie. Elle a un look d’enfer et les gens la veulent ! Comme ce n’est pas bien compliqué de la réaliser, Volkswagen dit ok, on va la faire. La réalisation est confiée à la firme autrichienne Steyr-Puch, à qui Fiat s’est adressée pour la Panda 4x4.

L’Allemagne lui envoie des Golf GT Syncro, dotées d’une transmission intégrale non permanente, et là, avec un kit de 438 pièces, Steyr-Puch la démonte et en fait un tout-terrain. La caisse est montée sur un cadre tubulaire en métal épais, sur lequel se fixent également toute la mécanique ainsi que la suspension, aux ressorts et amortisseurs spécifiques.
On ajoute des protections pour le carter, une roue de secours extérieure, des extensions pour les passages de roue, bref on en fait une sorte de SUV moderne avant l’heure ! Car il est bien évident que malgré sa garde au sol de 18 cm, elle ne servira pas ou peu en tout-terrain, d’ailleurs, son absence de vitesses courtes, de blocage de différentiel et de pneus spéciaux l’en empêchent.

Sous le capot, cette Golf s’équipe de l’excellent 1,8 l de la GL, mais doté d’une injection monopoint et d’un catalyseur. Il produit 98 ch, ce qui n’est pas de trop pour emmener les 1 245 kg de l’engin, qui pèse 190 kg de plus que la Syncro dont il dérive. La Golf Country plafonne à 155 km/h, contre 178 km/h à la Syncro pourtant moins puissante, mais là n’est pas la question.
Commercialisée le 1er août 1990 en France, la Country coûte très cher : 141 750 F, soit 38 800 € actuels selon l’Insee. Grosso modo le prix d’une G60. Heureusement, selon les normes de VW, la Country est bien équipée : direction assistée, quatre vitres électriques, banquette arrière 1/3-2/3, jantes de 15 pouces Speedline SL 398, projecteurs additionnels, protections diverses…

Deux séries spéciales de cette série déjà très spéciale seront proposées. D’abord la Chrome Edition, nantie d’un intérieur cuir et bardée de chromes comme son nom l’indique (exemplaires, non proposée en France). Ensuite, la Wolfsburg Edition, 50 unités dotées d’un bloc de GTI catalysée (107 ch) et réservées aux employés de l’usine VW. Vu le prix trop lourd, le constructeur proposera aussi une variante simplifée Allround en Allemagne, avec des jantes en tôle, une couleur unique (Forest Green) et un habitacle en simili dépourvu de vitres électriques.

La Golf II n’ayant plus qu’un an à vivre, la Country n’aura pas le temps de beaucoup se vendre : 7 735 unités jusqu’en 1992, 50 étant réservées à la France en 1990. Volkswagen n’avait pas compris que seul le look comptait : en simple traction, donc moins chère, plus légère et frugale, elle se serait davantage vendue à coup sûr. Les constructeurs ont du mal à comprendre la demande des gens pour ces engins qui ont envahi nos routes : les SUV…

Combien ça coûte ?
L’auto est rare mais pas excessivement chère. Comptez de 10 000 € pour un exemplaire sain totalisant 250 000 km environ à 25 000 € pour un autre impeccable et affichant moins de 100 000 km.

Quelle version choisir ?
En France, c’est simple, il n’y en avait qu’une. Privilégiez les exemplaires soignés et parfaitement d’origine car les pièces spécifiques ne sont pas évidentes à trouver.

Les versions collector
Toutes, évidemment, si leur état le justifie. Les Chrome Edition seront plus recherchées, vu leur rareté. Les Wolfsburg Edition encore plus, mais qui en a déjà vu ?

Que surveiller ?
Mécaniquement, la Country est une Golf II, donc une auto extrêmement résistante si elle a été bien entretenue. Le bloc 1,8 l finira par user ses joints de queues de soupapes, mais il encaisse les centaines de milliers de km sans broncher. Idem pour la transmission, là encore à condition de bien vidanger le différentiel central, comme sur une Syncro. Les soucis seront liés à l’usage qui aura été fait de la Golf Country, appréciée dans les régions montagneuses, très salées l’hiver.
On traquera donc la rouille qui attaque les soubassements, caisse comme cadre tubulaire. C’est le principal ennemi de cette allemande ! Dans l’habitacle, les bourrelets gauches du siège conducteur s’affaissent, puis se trouent à la longue, les vitres électriques peuvent tomber en panne, mais dans l’ensemble, le cockpit résiste bien.

Sur la route
C’est amusé qu’on monte dans la Golf Country. Puis, une fois installé, fini de rire. L’ambiance reste celle, sombre, de la compacte allemande. Une petite déco sympa n’aurait pas été du luxe ! Néanmoins, on retrouve avec plaisir l’excellente position de conduite typique de la Golf II (même si le volant ne se règle pas). Le siège renforcé prodigue un confort étonnant, et dès qu’on roule, la rondeur du 1,8 l séduit.

Plutôt vif grâce à la boîte courte (et plaisante à manier), il emmène la Country avec moins de vivacité qu’une banale GL, mais la différence n’est pas immense. La suspension, pourtant plus ferme que celle d’une Golf basse, conserve une certaine souplesse. Le confort en profite, mais pas le comportement routier.

Il demeure sûr et sain, mais la voiture prend beaucoup de roulis et accuse un léger mouvement de galop en ligne droite sur les aspérités. Et en tout-terrain, la Country arrive vite en butée de suspension. Remettons ça en contexte : en 1990, aucun autre véhicule tout-chemin ne se comportait aussi bien. Le freinage est un peu léger, mais à 10 l/100 km, la consommation demeure raisonnable vu la vocation de l’auto.
L’alternative newtimer
Volkswagen Golf Alltrack (2015 – 2019)

Jamais à court d’idée pour couvrir l’intégralité du marché, Volkswagen a réédité d’une certaine manière le coup de la Country. Comment ? Avec l’Alltrack, une Golf 7 SW (entendez break) dotée de la transmission intégrale 4Motion, d’une garde au sol surélevée de 2 cm et d’une décoration façon SUV. Lancée en 2015, cette variante s’équipe d’une gamme importante de moteurs, d’abord le 2,0 l TDI en 110 ch, 150 ch et 184 ch, ensuite le 1,8 l essence TSI en 184 ch. Il y a même un blocage de différentiel EDS, uniquement électronique hélas.
Très bien équipée (clim auto bizone, régulateur de vitesse actif, GPS, sélecteur de modes de conduite), l’Alltrack débute à 32 150 € (38 900 € actuels selon l’Insee), ce qui est considéré comme cher à l’époque. A ce prix corrigé de l’inflation, on n’a à l’heure actuelle plus droit qu’à une Golf Life Plus TDI 116 (une traction) avec peinture métal. Mais que s’est-il passé ? L’Alltrack se déniche dès 7 000 € en bon état.

Volkswagen Golf Country (1990), la fiche technique
- Moteur : 4 cylindres en ligne, 1 781 cm3
- Alimentation : injection
- Suspension : jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, bras transversaux, amortisseurs (AV), essieu de torsion, ressorts à hélicoïdaux, amortisseurs (AR)
- Transmission : boîte 5 manuelle, quatre roues motrices
- Puissance : 98 ch à 5 400 tr/min
- Couple : 143 Nm à 3 400 tr/min
- Poids : 1 245 kg
- Vitesse maxi : 155 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 12,3 secondes (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces, rendez-vous sur le site de La Centrale : Volkswagen Golf II







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