Les Etats-Unis interdisent la vente des voitures de Polestar juste parce que c’est une marque chinoise
Après avoir travaillé pendant des années sur un projet de loi pour interdire la commercialisation des voitures chinoises dans le pays, les Etats-Unis mettent pour la première fois en action cette stratégie. Jugées comme de potentielles espionnes permettant au gouvernement chinois de récupérer des informations sensibles, les autos de la marque Polestar deviennent officiellement proscrites. L’un de ses modèles est pourtant construit là-bas !

Le projet de loi existait bien avant l’arrivée au pouvoir de la seconde administration Trump : à l’époque où Joe Biden était le président des Etats-Unis, déjà, les fonctionnaires planchaient sur un moyen d’interdire la commercialisation des voitures chinoises dans le pays.
Pourquoi ? Parce qu’à l’heure des automobiles ultra-connectées, le grand nombre de capteurs, caméras et autres éléments permettant de collecter des informations sur les habitudes de vie des citoyens américains (mais aussi des choses beaucoup plus sensibles grâce aux données enregistrées par des véhicules circulant près de sites stratégiques) peut potentiellement permettre à une puissance comme la Chine de nuire aux Etats-Unis.
La fin de Polestar aux Etats-Unis
Le US Department of Commerce’s Bureau of Industry and Security (bureau pour l’industrie et la sécurité) vient de retirer à la marque automobile Polestar le droit de commercialiser des voitures neuves aux Etats-Unis. C’est la première fois que l’administration américaine prend une mesure concrète contre un constructeur automobile chinois, qui n’aura ainsi plus la possibilité de vendre ses véhicules sur ce marché ô combien important une fois qu’elle aura fini de livrer ses autos du « millésime 2027 » (ceux de l’année 2026 dans les conventions de l’autre côté de l’Atlantique).
C’est ainsi la mise en application du « Connected Vehicle Rule », visant à bannir les voitures contenant de la haute technologie provenant de Chine (ou de Russie même si elle n’en conçoit de toute façon pas). Cette mesure, s’intéressant d’abord au logiciel présent dans les voitures à partir des véhicules « millésime 2027 » avant de s’étendre à tous les composants mécaniques dès 2030, va théoriquement rendre impossible la vente de voitures neuves pour les constructeurs chinois sur le marché américain. Dans les faits les modalités sont plus complexes que ça puisque Volvo, appartenant elle aussi au groupe chinois Geely et intégrant du logiciel chinois dans ses voitures, a obtenu l’autorisation de continuer à vendre ses voitures pour cette année au moins. Comme le rapportent les journalistes de Carscoops, les marques Lincoln et Buick, qui commercialisent des véhicules fabriqués en Chine, doivent aussi passer ce contrôle du « Connected Vehicle Rule » et sont en attente de traitement par l’administration américaine.
Le Polestar 3 était pourtant fabriqué aux Etats-Unis !
La décision de l’administration américaine est d’autant plus sévère dans le cas de Polestar que la marque fabriquait l’un de ses modèles, le SUV 3, en Caroline du Sud depuis 2024. Certains de ces véhicules construits étaient d’ailleurs exportés ensuite vers le marché européen.
Le site de production de Polestar aux Etats-Unis devra donc fermer (ou exporter uniquement les véhicules construits sur place) et compte tenu du très faible succès commercial de cette marque là-bas, elle ne perdra pas grand-chose même si cette décision mettra un nouveau coup d’arrêt aux ambitions de développement de l’enseigne du groupe Geely dans le monde. Mais les clients de modèles Polestar achetés aux Etats-Unis pourront-ils se rendre chez Volvo pour faire l’entretien et les réparations de leur auto ?
Le même problème risque de se poser pour d’autres marques du groupe Geely (Lotus en tête) et freinera totalement les ambitions des géants comme BYD ou Chery d’accéder à ce marché américain.








Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération