"Les voitures thermiques ne sont pas les seules concernées" : cet expert alerte sur les fraudes au kilométrage
Ce mercredi 4 novembre 2026, Moundyr Gainou, expert du secteur automobile s’est exprimé dans le cadre d’une conférence de presse de l’entreprise CarVertical. Au cœur de son discours sur la transparence du marché des véhicules d’occasion, il alerte sur les fraudes qui touchent désormais également les voitures électriques.

Le CarVertical 360 summit est l’occasion pour l’entreprise de data automobile de partager ses chiffres-clés de l’année 2026. Après étude des plus de 12 millions de contrôles d’historiques de véhicules passés sur le site dans 37 pays, Moundyr Gainou, expert du marché auto, a présenté pour l’entreprise un rapport, face à la presse, ce mercredi 4 novembre.
La fraude en hausse cette année
Le chiffre qui ressort en premier dans cette étude est la hausse de la fraude au kilométrage, 3,22 % contre 2,46 % en France en 2025, dans les dossiers consultés. « En moyenne les compteurs sont abaissés de 61 166 kilomètres en France » précise l’expert. Il ajoute : « La majoritée des fraudes constatées proviennent des véhicules diesels, suivis des véhicules à essence, et des hybrides. »
Selon lui, les véhicules présentant une fraude seraient surpayés d’environ 45 % par véhicule. « À la fin de l’année on se retrouve avec un surcoût de 1,06 milliard d’euros pour la France et de près de 7 milliards en Europe » ajoute-t-il.
L’électrique d’occasion aussi concernée
Sur ces véhicules victimes de fraude, 0,71 % sont des véhicules électriques. « Ce chiffre ne peut qu’augmenter dans le futur, puisque le marché se tourne de plus en plus vers l’électrique », admet Moundyr Gainou. L’électrique représentait en octobre 2026, 41 % des immatriculations de véhicules neufs français selon AAA Data.
Moundyr Gainou met donc en garde : « on oublie souvent que les voitures électriques peuvent elles aussi avoir un compteur trafiqué, mais c’est le même système électronique que sur des véhicules thermiques. »
Les batteries aussi ?
Il évoque aussi de possibles fraudes au SOH (pour State of Health, ou état de santé en français), un indicateur qui mesure la capacité actuelle d’une batterie par rapport à sa capacité d’origine. « Je pense que c’est un élément à surveiller dans le futur, car c’est une partie très importante pour la valeur d’une électrique d’occasion » insiste-t-il.
Moundyr Gainou explique que la fraude peut se jouer sur l'utilasition de certains logiciels. « Tous les apareils de mesure du SOH ne sont pas aussi performants. Il suffit d'en choisir un qui prend des mesures trop large pour tromper l'acheteur et gonfler les prix.»

Se protéger efficacement
Se protéger efficacement contre la fraude passe inévitablement par l'historique du véhicule. Avant d'effectuer un achat, même en ligne, n'hésitez jamais à demander l'historique complet d'entretien et de controle technique du véhicule qui vous intéresse.
En plus de ces documents, un site officiel, Histovec, vous permet de trouver un historique plus complet du véhicule en France, à partir de la plaque d'immatriculation de celui-ci. Une vérification par d'autres sites tels que CarVertical est aussi possible afin de trouver des traces des véhicules importés avant leur arrivée sur le territoire.
La France 5e de la transparence
Malgré cette hausse de la fraude, la France se classe 5e, après le Royaume uni, l’Allemagne, la Suisse et la Finlande, du point de vue de la transparence cette année. Un placement stable depuis les 4 dernières années, selon les données présentées par Moundyr Gainou. Il explique : « C’est avant tout la corrélation des informations disponible sur le territoire d’un pays pour les futurs acheteurs de véhicules d’occasion ».
L’expert automobile précise que même un bon classement ne signifie pas que toutes les informations sont toujours disponibles. « Il y a peu de problèmes avec des véhicules qui n’ont jamais quitté le pays, mais il peut y avoir des trous en ce qui concerne les véhicules importés, tout l’historique ne passe pas les frontières. »



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