Malgré une domination effrontée de la recharge à domicile, les bornes rapides ont de l’avenir
Les pouvoirs publics, comme les constructeurs automobiles, ont tendance à se désengager du déploiement de bornes de recharge rapide, mais les opérateurs y croient dur comme fer. À l’instar de Fastned qui veut plus que doubler son nombre de stations d’ici à 2030.

Ils ont tendance à reculer. Les pouvoirs publics ont renoncé à financer le déploiement des bornes, et les constructeurs autos, comme certains pétroliers ralentissent eux aussi. Pourtant, Fastned, l’opérateur du trio de tête européen est persuadé que la recharge rapide ne peut que progresser.
Certes, la recharge à domicile prédomine et représente toujours 80 % des branchements pour les possesseurs de voitures électriques. En plus, avec 192 000 bornes à travers le pays, on est en droit de penser que le territoire est bien couvert, du moins les grands axes.
De 410 stations aujourd’hui, à 1 000 en 2030
Mais l’apparition de nouveaux modèles à l’autonomie augmentée et au temps de recharge accéléré, comme la Denza Z9GT plaident évidemment en faveur des bornes ultrarapides. Pierre Courgeon, directeur opérationnel de Fastned France et Jean Baryla, le secrétaire général de la maison n’en pensent pas moins et se sentent pousser des ailes. D’ici à 2030, ils entendent bien multiplier les stations. Ils en exploitent aujourd’hui 410 dans 9 pays d’Europe et souhaitent atteindre le chiffre de 1 000 en 2030.
Mais qu’est ce qui, outre les nouvelles autos, justifie leur euphorie ? Un retour d’expérience des usages qu’ils ont constaté avec leurs propres bornes, surtout en place sur les autoroutes. Selon les patrons de Fastned, 77 % des propriétaires de voitures électriques utiliseraient les charges rapides plus de 10 fois par an. « Et 95 % d’entre eux attendent moins de 5 mn avant de pouvoir se brancher lors des départs en vacances d’hiver, le moment le plus encombré » précise Pierre Courgeon, qui oublie un peu vite les chassés-croisés de l’été.
Évidemment, et même en dehors des périodes de bouchons, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes électriques et un tiers des usagers des bornes ne surveille pas la progression de sa charge et ne débranche pas sa voiture lorsque 80 % de son plein est atteint, au grand dam de celui qui poireaute derrière lui.
Mais l’opérateur croit néanmoins dur comme fer à la multiplication des bornes, et à leur mise à jour continuelle, « on a upgradé 87 stations en 2025 et plus aucune ne fonctionne à moins de 150 kW » se réjouit Jean Baryla. Quant aux limites énergétiques imposées par les infrastructures énergétiques, il n’y croit pas, et surtout pas en France.
La guerre en Iran et le leasing social complices de la recharge
Il est une autre source d’euphorie pour les deux hommes : c’est évidemment la situation géopolitique actuelle et l’envolée du prix des carburants qui pousse à l’achat de voitures électriques. « Une charge rapide coûte en moyenne 8,80 euros pour 100 km, c’est incomparable avec le thermique ». Et les deux hommes estiment que les conducteurs d’électriques économisent chaque année entre 600 et 1 600 euros selon le kilométrage qu’ils effectuent.
S’ils n’applaudissent pas les conséquences de la guerre, ils sont en revanche ravis de la décision gouvernementale et du nouveau bonus. Même si toutes les autos éligibles ne se rechargent pas dans leurs stations. Le malheur des uns ne fait pas forcément le bonheur des autres, même s’il peut y contribuer.




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