Votre navigateur ne supporte pas le code JavaScript.
Logo Caradisiac    

Publi info

Puisque les constructeurs freinent sur la voiture électrique, les opérateurs de bornes de recharge en font-ils autant ?

C’est un paradoxe : alors que les ventes de véhicules électriques décollent, les industriels restreignent leurs investissements dans l'électrique et le déploiement des infrastructures de recharges. Entre le retrait radical de Shell et la nouvelle stratégie Plug Inn de Renault, le paysage de la recharge est en pleine mutation. Décryptage d’un marché qui délaisse peu à peu les stations publiques pour se recentrer sur nos garages.

Puisque les constructeurs freinent sur la voiture électrique, les opérateurs de bornes de recharge en font-ils autant ?
L'ex Mobilize, redevenu Renault va compléter son offre à 100 stations et s'en tenir à ce chiffre.

C’était une inauguration en grande pompe. Ce mardi 7 avril, à Calais, ce n’est pas seulement une nouvelle station de recharge, et son accueillant lounge d’attente, que Renault étrennait, mais une nouvelle appellation.

Mobilize est tombé au champ d’honneur des marques disparues et la défunte s’appelle désormais Plug Inn. La première regroupait les activités de recharges de VE, ce que la seconde entend bien continuer.

La France saturée de bornes ?

Jusqu’à quand ? « L’idée c’est de proposer une solution de recharge à tout moment, des bornes fixes à domicile, jusqu’aux stations, en passant par la carte ChargePass. Nous allons continuer de déployer les stations jusqu’à atteindre le chiffre de 93 dans l’hexagone » explique Jérôme Faton. Il est vice-président Customer Experience & Energy du groupe Renault et n’a pas de plus amples ambitions dans la course aux bornes de recharge après ce chiffre fatidique.

La France serait-elle suffisamment équipée, ou est-ce le marché qui ne nécessite pas un déploiement plus important ? Les deux mon général. La reculade de l’industrie automobile occidentale spécialisée ou non dans ce domaine est un fait avéré.

Car du côté des bornes déjà installées, si le compte n’y est pas encore dans de nombreux pays, malgré une hausse de près de 40 % entre 2023 et 2024, il est plutôt bon dans les nations du trio de tête que sont l’Allemagne, les Pays Bas et la France qui comptait, fin décembre, 181 149 bornes. L’objectif fixé par l’Europe qui compte bien installer une prise tous les 60 km est donc en passe d’être atteint, du moins par chez nous.

Jérôme Faton, vice président Customer Experience & Energy du groupe Renault.
Jérôme Faton, vice président Customer Experience & Energy du groupe Renault.

Jérôme Faton se dit donc, fort logiquement, que si Renault déploie encore 27 stations supplémentaires, les comptes seront bons pour son groupe. Et il est loin d’être le seul à freiner de la sorte.

Du côté du pétrolier Shell, on est beaucoup plus radical. Il y a moins d’un an, la compagnie britannique a tout simplement fermé, ou revendu, ses stations allemandes, anglaises et scandinaves. Aux États-Unis, sa filiale Volta, rachetée deux ans auparavant, a tout simplement mis la clé sous la porte peu après l’élection de Donald Trump. 2 000 bornes n’ont plus délivré d’électricité.

Au niveau mondial, l’union française de l’électricité (UFE) a noté elle aussi un ralentissement net de l’installation de bornes. Alors qu’elle était régulièrement en hausse de près de 4 %, elle stagne désormais à + 0,8 %. Le frein est donc réel, au-delà de Shell et de Renault.

Pour autant, Jérôme Faton ne désarme pas. Et les stations Plug Inn ne sont pas ses seules munitions. « L’idée c’est de couvrir toute la palette de recharges, des bornes à domicile, jusqu’aux stations », sans oublier la carte ChargePass qui permet de se recharger, notamment chez Ionity et Electra « à partir de 39 cts le kWh ».

Le rôle du groupe Renault n’est pas tant de rendre service au pays ou à l’UE que de rassurer ses clients, et le vice-président reconnaît qu’il y a encore des réticences à l’électrique que de tels dispositifs permettent de lever. Le résultat se fait d’ailleurs sentir à travers les chiffres, puisque le losange revendique aujourd’hui 20 % de parts de marché des VE, grâce à la star R5, évidemment, « mais aussi grâce au Scenic qui ra réalisé en mars son meilleur mois en immatriculations» se félicite le vice-président.

Des recharges à la maison, pas à la station

Les clients, qu’ils soient particuliers ou entreprises, sont donc rassurés. Même si la tendance de la recharge à la maison (ou au bureau) reste très ancrée. Elle passe notamment par les offres proposées par le réseau pour l’installation d’une borne à domicile, un dispositif ou Renault reconnaît une marge de progression possible. Elle passe par la nouvelle législation en matière de bornes dans les habitats collectifs également.

Une tendance domestique qui, en tout cas, contredit les projections réalisées par l’UE en 2020 qui prévoyait, à l’horizon de 2030, que la plupart des propriétaires de VE iraient se recharger en dehors de chez eux, à la manière du plein d’essence au bon vieux temps.

Commentaires ()

Déposer un commentaire

SPONSORISE

Actualité Renault

Fiches fiabilité Renault

Essais Renault

Comparatifs Renault