L’envol du losange : Renault fait revivre ses « Flèches Bleues » ce week-end à La Ferté-Alais
À l’occasion du célèbre meeting aérien Le Temps des Hélices ce week-end sur l’aérodrome de Cerny La Ferté-Alais, Renault réveille les glorieux fantômes de la filiation entre le monde de l’automobile et celui de l’aviation. Une pérégrination mécanique entre ciel et piste, où l’audace des années 1930 éclaire les ambitions d’aujourd’hui.

Ce week-end, sur le plateau de l’aérodrome de Cerny - La Ferté-Alais, le ciel appartient aux pionniers de l’aviation. Au milieu des hélices, un losange. Que vient donc faire le constructeur automobile Renault dans cette grand-messe de la voltige et de la nostalgie aérienne ?
La présence de Renault sur un aérodrome n’est pas une anomalie. C’est un retour aux sources. Celui où la firme française ne se contentait pas de faire rouler la France mais la faisait voler, plus vite et plus haut que quiconque. Avec à la clé, le début des transferts technologiques aériens vers la voiture.

L’alliance du sapin et du génie mécanique
En 1933, la société des avions Caudron, installée à Issy-les-Moulineaux, bat de l’aile financièrement. Louis Renault obsédé par la vitesse et la performance mécanique, décide de racheter l’entreprise. De cette fusion naît la filiale Caudron-Renault et une lignée d’appareils légendaires peints d’un bleu roi éclatant, rapidement surnommés les « Flèches Bleues ».
Pour dessiner ces bolides, Louis Renault s’appuie sur l’ingénieur en chef Marcel Riffard. Obsédé par la pénétration dans l’air et la légèreté. Comme le sera plus tard un autre concepteur de flèches, automobiles cette fois, Jean Rédélé, fondateur d’Alpine.
Refusant les structures métalliques massives, Riffard conçoit le Caudron-Renault Rafale (et son dérivé de course, le C.460) en bois. Un squelette en sapin, une robe en contreplaqué de bouleau, le tout marouflé avec délicatesse. Sur la balance l’avion de 7,13 m et 6,75 m d’envergure, affiche un poids plume de moins de 560 kg. Un poids de ballerine qui permet en 1936 au Caudron Rafale avec son moteur 6 cylindres Renault de 360 chevaux de terrasser les monstres américains de 1 000 chevaux lors célèbres National Air Races de Los Angeles.

Le miracle de la reconstruction
La quasi-totalité des modèles originaux ayant été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, la présentation en vol de cet oiseau bleu ce week-end relève du miracle.
L’appareil qui fendra le ciel de La Ferté-Alais est une réplique historique parfaite, construite à partir des plans d’époque par des passionnés en Californie. Repéré par Renault à Los Angeles, l’avion a été racheté par la marque au losange et rapatrié en France pour intégrer The Originals Renault – La Collection. Pour pousser la fidélité à son paroxysme, les mécaniciens de Flins ont réalisé l’exploit d’installer sous le capot un véritable moteur 6 cylindres d’origine Renault d’époque, précieusement conservé dans les réserves du constructeur.

Du ciel à la piste
Louis Renault, subjugué par cette science de la pénétration dans l’air, exige que les théories aéronautiques de Riffard soient appliquées à ses automobiles.
Dès 1934, Riffard dessine la silhouette fuselée de la Renault Nervasport des records, brisant à jamais le dogme des voitures-boîtes de l’entre-deux-guerres. Avec un moteur de 8 cylindres en ligne, de 4825 cm3 développant 108 ch, ainsi qu’une boîte de vitesse à 3 rapports (plus la marche arrière), pour un poids de 1600 kg, la voiture peut atteindre une vitesse d’environ 190 km/h. Les 4 et 5 avril 1934, la Nervasport parcourt 8 037 km en 48 heures, à une vitesse moyenne de 167,445 km/h de (arrêts compris).
La 40 CV des records (1926), le Tank Riffard (1956) dessiné come une aile roulante et la mythique turbine de l’Étoile Filante (1956) feront partie des quatres modèles historique présentés par Renault ce week-end en marge du meeting aérien. La récente filante y aurait également eu toute sa place.

La filiation du vent
À côté de ces reliques de toile, de bois et d’aluminium brossé, Renault présente également trois exemplaires de son tout nouveau SUV coupé, le Renault Rafale. Le contraste visuel est saisissant, presque anachronique. Pourtant, la filiation avec l’aviation est revendiquée avec force par l’état-major du constructeur.
En faisant revivre le Caudron-Renault Rafale aux côtés de ses héritières automobiles, la marque au losange rappelle que l’automobile moderne se construit peut-être en regardant le ciel, avec le fol espoir de voir les planètes s’aligner.
Photos (16)





















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