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Quand on avait peur pour cet équipement de nos voitures

Accessoire parfois cher et souvent désiré, l’autoradio était souvent dérobé, poussant les fabricants à développer des stratégies pour dissuader les voleurs. Notamment le fait de pouvoir le retirer facilement, de sorte qu’on voyait des gens des gens se promener avec leur appareil à la main…

Quand on avait peur pour cet équipement de nos voitures

Commercialisé dans les années vingt, puis intégré dans les années trente, l’autoradio était alors un appareil lourd, encombrant (il fonctionnait avec des lampes) et très cher. Trop d’ailleurs (jusqu’à 25 % du prix d’une voiture), puisque les constructeurs qui avaient commencé à le proposer en option l’ont retiré. Les années cinquante ont vu une certaine expansion de l’autoradio, qui demeurait pourtant cher et lourd, mais durant la décennie suivante, l’avènement du transistor en a réduit la taille, puis le prix.

Les autoradios d'agrément sont apparus dans les années 30. Des installations complexes et chères, vite abandonnées.
Les autoradios d'agrément sont apparus dans les années 30. Des installations complexes et chères, vite abandonnées.

Les constructeurs ont commencé à prévoir un emplacement spécifique dans le tableau de bord pour installer un poste, chose qui s’est généralisée dans les années 70. A cette époque, les cartouches puis les cassettes, inventées et améliorées constamment par Philips, ont rendu l’autoradio bien plus attirant. Les gammes, signées Alpine, Blaupunkt, Clarion, Grundig ou Kenwood notamment, se sont développées tous azimuts, ce qu’a renforcé l’apparition de systèmes hi-fi, avec égaliseur et ampli séparé, le tout à prix d’or.

Dans les années 50, certaines américaines, comme cette Cadillac Eldorado 1953 intègrent déjà un autoradio dans leur tableau de bord, dès l'usine. On ne pense encore pas à lutter contre le vol, juste à l'agrément et à l'esthétique.
Dans les années 50, certaines américaines, comme cette Cadillac Eldorado 1953 intègrent déjà un autoradio dans leur tableau de bord, dès l'usine. On ne pense encore pas à lutter contre le vol, juste à l'agrément et à l'esthétique.

Puis, dans les années 80, les tarifs ont baissé en même temps que l'afficheur digital et le compact-disc ont commencé à faire tache d’huile. Il fallait bien ça pour profiter des tubes du Top 50 ! L’offre s’est considérablement développée, les hypermarchés et centres-autos dédiant de vastes espaces aux systèmes audios pour voitures. 

En 1961, Blaupunkt commercialise un autoradio partiellement amovible, le Capri Serie E : précurseur, mais encore trop cher.
En 1961, Blaupunkt commercialise un autoradio partiellement amovible, le Capri Serie E : précurseur, mais encore trop cher.

Même la plus modeste citadine s’en voyait équipée par son propriétaire, décuplant ainsi les… vols. Vitres cassées, tableau de bord abimé, et autoradio envolé. « Y en a qui vont jusqu’à flinguer pour sauver leur autoradio », chantait Renaud dans son tube Miss Maggie. C’était vrai ! Pour remédier à ces vols, les fabricants ont pensé à quelques astuces. D’abord, l’appareil extractible, dès les années 60.

Dans les années 60, Philips minaturise les autoradios grâce au transistor. Mais l'appareil reste encore cher : l'équivalent de 430 € actuels juste pour une radio : de quoi tenter les voleurs !
Dans les années 60, Philips minaturise les autoradios grâce au transistor. Mais l'appareil reste encore cher : l'équivalent de 430 € actuels juste pour une radio : de quoi tenter les voleurs !

Mais cela coûtait extrêmement cher, alors dans les eighties, ils ont développé un dispositif plus simple, à tiroir. On coupait le moteur, on retirait son poste, et on se rendait où on voulait avec : au bureau, chez soi, chez des amis. Cela dit, ça n’était pas très pratique, alors souvent, on se contentait de le planquer sous les sièges. Ça suffisait parfois, votre serviteur ne s’étant ainsi jamais fait dérober le sien.

Dans les années 80, Renault propose déjà une chaîne hifi, dans sa R25, qui plus est intégrée dans un tableau de bord pour lequel elle a été spécifiquement dessinée. Les voleurs n'aiment pas.
Dans les années 80, Renault propose déjà une chaîne hifi, dans sa R25, qui plus est intégrée dans un tableau de bord pour lequel elle a été spécifiquement dessinée. Les voleurs n'aiment pas.

Conscients du défaut, les fabricants ont ensuite imaginé la façade détachable, bien plus pratique… On la mettait dans sa poche de veste (ou dans un sac), quand on ne se contentait pas de la cacher dans la boîte à gants. Seulement… On la perdait parfois, et là, adieu autoradio (ça m’est arrivé). Il en allait de même avec la carte qu’on devait insérer dans le poste pour l’activer, un principe qui n’a jamais vraiment pris. La solution pérenne contre le vol ? Elle viendra des constructeurs dans les années 90.

Si on n'a pas les moyens de s'offrir une auto de luxe avec hifi intégrée, reste la solution de l'autoradio extractible pour prévenir les vols.
Si on n'a pas les moyens de s'offrir une auto de luxe avec hifi intégrée, reste la solution de l'autoradio extractible pour prévenir les vols.

C’est à cette époque qu’ils ont commencé à dessiner des autoradios pour qu’ils ne s’insèrent que dans le tableau de bord d’un modèle spécifique (même si la hifi des  Renault années 80 préfigurait ce principe). J’avais ça dans ma Fiat Bravo 1.8 GT  de 1996, et là, plus de crainte de se le voir dérobé par un voleur à la roulotte, puisque toutes les Bravo/Brava en avaient un ! Les marques ont perfectionné le principe, en éclatant l’autoradio façon puzzle :  façade en bas du tableau, afficheur déporté sur le haut, ampli séparé. Inviolable, sauf à démonter l’habitacle, ce qui prend beaucoup trop de temps.

Plus pratique que l'extractible, l'autoradio à façade détachable, légère, peu encombrante... mais fragile et facile à perdre.
Plus pratique que l'extractible, l'autoradio à façade détachable, légère, peu encombrante... mais fragile et facile à perdre.

Désormais, les autoradios n’existent pratiquement plus en tant que tels dans les voitures neuves. Ils s’intègrent dans les écrans multimédias, omniprésents pour le meilleur comme pour le pire. Les plus mélomanes s’en émeuvent car il est devenu très compliqué d’améliorer la sono de sa voiture. Sans oublier que la radio hertzienne est vouée à disparaître, ce qui n’ira pas sans poser problèmes dans les autos non équipées d’un récepteur DAB…

Lancé en 1995, le duo Fiat Bravo/Brava résout la question des vols d'autoradio : le leur ne peut s'intégrer que dans leur tableau de bord, et toutes les versions en sont équipées, du moins en France.
Lancé en 1995, le duo Fiat Bravo/Brava résout la question des vols d'autoradio : le leur ne peut s'intégrer que dans leur tableau de bord, et toutes les versions en sont équipées, du moins en France.

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