Permis de conduire : faut-il assouplir les critères de notation et modifier l'idée de note éliminatoire pour fluidifier un système sclérosé ?
Alors que la moyenne nationale d’obtention du précieux sésame s’établit à cinq mois, certains départements s’enfoncent dans l’immobilisme. Entre délais records et notation jugée trop rigide, des voix s’élèvent pour réformer un système sclérosé.

Décrocher le permis de conduire en France s’apparente de plus en plus à un parcours du combattant.
Une France à deux vitesses se dessine, où le temps de formation peut varier du simple au quintuple selon que l’on réside dans la Marne ou en Haute-Savoie. Pour désengorger le système certains propose de réformer les régles de notation de l'examen.

Jusqu’à 10 mois d’attente
L’Auto-école en ligne En Voiture Simone a analysé 31 022 examens présentés en 2025 dans les 65 départements où elle est implantée. Si 75 % du territoire parvient à maintenir des délais de passage entre quatre et six mois, des points de congestion critiques subsistent. En Haute-Savoie, l’attente moyenne culmine à dix mois. À l’inverse, une douzaine de départements font figure de bons élèves avec une formation bouclée en moins de trois mois.
Cet engorgement n’est pas sans conséquence. Il sature les auto-écoles et décourage les apprentis conducteurs, souvent contraints de multiplier les leçons coûteuses pour maintenir leur niveau de conduite en attendant une date de passage. Au-delà des délais, c’est la structure même de l’examen qui est aujourd’hui sur la sellette.
L’erreur éliminatoire en question
Avec un taux de réussite de 56 % au premier passage, près d’un candidat sur deux se voit renvoyé à ses études. En cause : la faute éliminatoire. Ce couperet administratif, qui ne distingue pas toujours l’imprudence caractérisée de la simple maladresse technique, est jugé trop rigide par de nombreux professionnels. Un candidat peut ainsi démontrer une maîtrise globale de son véhicule mais se voir recalé pour une erreur ponctuelle, sans mise en danger immédiate.
Vers un système de rattrapage comme au bac ?
Face à cette sclérose, le secteur tente de faire bouger les lignes. Comme pour le baccalauréat le candidat pourrait avoir droit à une session de rattrapage, avec la création d’une catégorie d’erreurs « graves mais rattrapables »
L’idée portée par l’auto-école en ligne En Voiture Simone, épaulée par la FENAA (Fédération des enseignants et Auto-écoles d’Avenir) est simple. Si le candidat a les points nécessaires mais commet une erreur non dangereuse, il ne repasserait pas l’examen. À la place, « une formation ciblée de cinq heures en auto-école (payante NDLR) sur le point qui a posé problème, puis obtiendrait son permis sans repasser l’épreuve pratique » explique En Voiture Simone.
Cette mesure permettrait, selon ses défenseurs, de désengorger les centres d’examen et de rendre au permis sa vocation première. À savoir certifier une capacité de conduite plutôt que de sanctionner un stress passager.
Comment établir le niveau de la faute ?
Comment étalonner de manière certaine ce qui relève de l’erreur « dangereuse » ou « grave mais sans danger immédiat ». Glisser un stop sans voiture en face par exemple pourrait être jugé différemment d’un inspecteur à l’autre. Cela pourrait accroître le sentiment d’injustice territoriale ou individuelle déjà présent.
Pour les associations de sécurité routière, une « faute grave » est, par définition, le signe d’un manque de maîtrise qui pourrait tuer demain. Accepter qu’un candidat valide son permis sans une nouvelle vérification par un agent de l’État pourrait être perçu comme un abaissement du niveau d’exigence.
En 2019, la députée Françoise Dumas avait remis au Premier ministre Édouard Philippe, un rapport contenant dix recommandations pour un permis « moins cher et plus rapide ». L’idée d’un contrôle continu ou d’une validation par les enseignants (et non plus seulement par un inspecteur) y était déjà évoquée. La proposition est toujours sur la table.




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