Prix des carburants : l’État va aider (un peu) les professionnels, mais toujours pas l’automobiliste lambda
Ils atteignent des sommets. Les prix des carburants flirtent avec les valeurs records que l’on avait observées en 2022, après le début de la guerre en Ukraine. Le gouvernement semble enfin prendre la mesure des dégâts, et a prévu des mesures pour soutenir les filières professionnelles les plus dépendantes du carburant. Mais pour les automobilistes lambda, toujours rien à l’horizon malgré les promesses de surveillance.

Hier lundi 23 mars, le prix moyen du sans-plomb 95E10 s’établissait à 1,995 €/l, un record depuis le début de la crise en Iran, tandis que le gazole pointait à 2,139 €/l après un pic à 2,157 €/l le 21 mars.
Des valeurs qui flirtent de plus en plus avec les records observés à la suite du déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, ou les ont ponctuellement dépassés. En juin 2022, le gazole était monté à 2,15 €/l en moyenne hebdomadaire, et le SP 95E10 à 2,09 €. Et à l’époque, le gouvernement avait décidé la mise en place d’aides pour les automobilistes, à hauteur de 18 centimes de rabais par litre, puis 30 centimes par litre.
Depuis la flambée des prix, les automobilistes désespèrent que l’État intervienne à nouveau. Une aide qui ne semble pas d’actualité, la seule action ayant été le déblocage de 400 millions de barils des réserves stratégiques, ce qui n’a eu qu’un effet complètement marginal, voire invisible.
Mais devant la grogne, il semblerait que ça bouge, un peu, côté services de l’État. Hélas, pas pour l’automobiliste lambda, pas pour les particuliers. Seulement pour les corporations les plus dépendantes du carburant pour leur activité commerciale. À savoir : les transporteurs routiers, les pêcheurs et les agriculteurs.
Une aide « indirecte » aux transporteurs, pêcheurs et agriculteurs, mais rien pour les automobilistes
Pas sûr cependant que cela les satisfasse. Car l’aide n’est pas appliquée au prix du litre, comme en 2022, mais consiste seulement à accorder des délais de paiement sans frais ni pénalités pour « s’acquitter des charges sociales et fiscales ». Les entreprises concernées pourront aussi souscrire à des prêts « attractifs » et garantis par la banque publique d’investissement. En résumé, payez plus tard ou avec des emprunts intéressants, mais payez quand même.
Et concernant les « simples » automobilistes, toujours rien. Les particuliers les plus impactés, parce qu’ils sont dépendants de leur voiture pour se déplacer ou aller travailler, vont continuer à payer leur plein aussi cher, et cela pourrait durer. Pourtant, d’autres pays d’Europe ont débloqué des aides.
L’Espagne a décidé de réduire le taux de TVA sur le carburant de 21 % à 10 %, soit - 20 centimes/litre, l’Italie a décidé de baisser également les taxes, pendant 20 jours, pour gagner 25 centimes par litres. La Chine également a baissé les taxes, tandis que l’Australie débloque ses possibilités de raffinage et de production en allégeant les normes qui s’y rapportent.
Mais la France semble camper sur ses positions, et la salve de contrôles dans les stations-service ressemble à une mesurette sans efficacité, puisqu’il s’agissait juste de vérifier la concordance des prix entre les totems et les pompes, pas de sanctionner les distributeurs profitant de la situation pour augmenter leurs marges. Et rien n’indique qu’une aide sur le prix au litre, comme en 2022, soit dans les tuyaux, au contraire.
Le gouvernement argue que « les finances publiques ne le permettent pas ». Mais le discours tiendra-t-il face à la montée de la grogne ?




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