Malus : les acheteurs de voitures neuves vont contribuer au budget de l’État à hauteur de près d’1 milliard d’euros
C’est un record de plus en plus difficile à assumer. En 2026, la France s’approchera du cap d’un milliard d’euros de recettes grâce au malus. Entre abaissement des seuils de CO2 et durcissement de la taxe au poids, plus d’une voiture sur deux est désormais frappée au portefeuille. Des SUV de luxe aux petites citadines populaires, personne ne semble plus échapper au fisc.

C’est un exploit que Bercy ne fêtera pas publiquement. Roland Lescure, en tant que ministre de l’Économie, ne se lancera pas dans un discours de remerciements façon Césars pour rendre hommage à tous ceux qui auront participé au record.
Et pourtant, ils étaient 695 000 acheteurs d’une voiture neuve à avoir acquitté un malus l’an passé et seront encore plus nombreux cette année pour établir le fameux record : faire entrer près d’1 milliard d’euros dans les caisses de l’État grâce à cette taxe. Il s’agit d’une estimation réalisée par le cabinet Dataneo et Mobilians, le syndicat de la distribution et de la réparation automobile.
Les seuils baissent et les contributions augmentent
Le chiffre, pour élevé qu’il soit, n’a pourtant rien de stupéfiant. L’an passé, Bercy avait déjà récolté 867,6 millions et compte bien en ramasser 971 cette année, histoire de frôler le fameux milliard.
Pour y parvenir, il suffit de bouger les curseurs et d’abattre les seuils. Ainsi, cette année, le malus démarre à 108 g de C02, au lieu de 113 l’an passé. Dans la foulée, la ponction au poids, qui débutait à 1,6 tonne l’année dernière démarre aujourd’hui à 1,5 tonne. Rien d’étonnant donc à ce que 231 millions d’euros soient déjà récoltés depuis le 1er janvier. Ce qui permet à Dataneo et Mobilians de se projeter vers le milliard à la fin de 2026.
Pour parvenir à ce sommet, un constat s’impose : pour la première fois, les autos malussées sont majoritaires en France puisque 50,3 % sont ponctionnées, alors qu’elles n’étaient que 48,5 % en 2024 et 47 % l’année d’avant.
De moins en moins de voitures y échappent et, hormis les 100 % électriques, la voie est de plus en plus étroite même pour les PHEV qui sont visées elles aussi, même si on leur concède 200 kg de handicap.

Le constat étant posé, les deux organismes se sont également penchés sur le classement des plus gros contributeurs au malus depuis le 1er janvier. Dans ce match, ce sont les Allemands qui gagnent, puisque Mercedes, BMW et Volkswagen sont aux quatre premières places. Les deux premiums ont contribué chacun à hauteur de 27,5 millions d‘euros et VW a versé 21,7 millions à la résorption de notre dette.
Mais en toute chose il faut un champion, et en ce début 2026, the winner is le Mercedes GLC qui, toutes motorisations confondues, est malussé à hauteur de 10 000 euros en moyenne. Le SUV n’est évidemment pas le plus ponctionné, et Dataneo a établi son classement en le corrélant avec les ventes, et le GLC est un succès.
À l’inverse, la Porsche 911, affublée de 80 000 euros de malus n’est pas dans le Top-10 pour cause d’immatriculations plus confidentielles. Le montant de la ponction expliquant, peut-être en partie, ses ventes minimalistes.
Il est d’ailleurs étonnant que le premium germanique soit le plus malussé. Évidemment, ce sont des autos plus lourdes, plus grandes et plus puissantes que les généralistes. Mais ce sont également celles qui sont le plus souvent équipées de motorisations hybrides rechargeables, pour d’évidents coûts supérieurs plus facilement absorbés. Ces hybrides sont justement étudiés pour permettre d’échapper ou de minimiser le malus.
Une situation qui pourrait évoluer
Le malus serait donc un truc de riches ? Pas vraiment, car parmi les modèles contributeurs, les généralistes accessibles, voir très accessibles, sont bien placées. À l’instar de la Dacia Sandero qui a contribué au budget de l’État à hauteur de 5 millions d’euros depuis le début de l’année, alors que la petite Citroën C3 a fait mieux encore avec 5,27 millions.
Ces situations, et le fait que le malus soit devenu une taxe comme une autre, presque aussi fatale que la bonne vieille vignette, font réagir l’industrie automobile qui y voit un énième clou dans son pneu déjà bien abîmé.
L’exécutif semble avoir compris le message et le ministère de l’industrie a accepté la création d’un groupe de travail autour de ces questions. Un assouplissement du malus serait-il en ligne de mire ? Réponse avant l’été.


















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