Quand France 5 fait le procès des pneus
Alors que les émissions à l’échappement sont sous haute surveillance, l’usure des pneus révèle une pollution chimique trop souvent ignorée. Dans son documentaire inaugurant la série Légitime Défense, France 5 met en lumière la contamination du lac d’Annecy par les microparticules et additifs issus des gommes.

Il n’y a pas que les moteurs thermiques. Les freins aussi relâchent des particules dans la nature, et les pneus polluent. C’est justement sur ce dernier élément que France 5, dans sa nouvelle enquête au titre choc, Légitime Défense, a décidé d’enquêter. La chaîne inaugure sa série avec ce doc de 52 minutes disponible en replay, intitulé, excusez du peu, l’affaire de la route toxique.
Le lac le plus pur d’Europe ne l’est pas tant
Ce n’est pas l’asphalte qui est visé ici par le journaliste Martin Boudot et l’avocate spécialiste de l’environnement Louise Tschanz, mais bel et bien les pneus qui roulent dessus. On sait que les gommes des autos et des camions sont abrasifs et émettent des particules. Mais on découvre que l’eau du lac d’Annecy, un lieu censé être le plus pur d’Europe, est contaminée, non seulement par ces particules, mais aussi par un super cocktail de molécules chimiques utilisé dans la fabrication des pneus.
Pourquoi Annecy est-il particulièrement touché ? Car l’étendue d’eau est ceinturée par 40 km de routes, empruntées chaque jour par 40 000 véhicules équipés de pneus.
Conséquence : l’eau du lac, celle du robinet, les poissons et les urines des riverains sont contaminés. Évidemment, les enquêteurs ont sonné à la porte de chez Michelin, et le manufacturier, en toute bonne foi, reconnaît le problème, mais refuse de livrer sa recette pour fabriquer ses gommes, secret industriel oblige.
Attention aux voitures électriques
Évidemment, au-delà de leurs tests sur quelques volontaires locaux, l’équipe de France 5 ne peut pas livrer de verdict précis sur les conséquences de cette pollution sur les vies humaines, sur la flore et la faune d’Annecy et d’ailleurs. Mais elle a le mérite de soulever un lièvre dont on connaissait vaguement l’existence sans que jamais les pouvoirs publics ne s’en soient émus.
Reste que le cas des pneus routiers n’est pas isolé, et leur abrasivité non plus. Des études avaient révélé les cas des plaquettes de frein des voitures, comme du métro. Et ce que ne soulève pas l’émission, c’est que, avec la généralisation des voitures électriques, plus lourdes que les thermiques, l’abrasion des gommes, comme celle des freins, est encore accentuée.




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