Un break de chasse italien, performant et efficace ? La Lancia Beta HPE !
Singulière et pratique, confortable et sûre, âgée mais rapide, la Lancia Beta HPE présente bien des qualités qui en font une auto à collectionner mais aussi à utiliser régulièrement, tant son agrément est palpable. Reste à bien l’acheter, et là, gare aux mauvaises surprises !

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !
En se recréant avec la Beta, Lancia a vu en grand et prévu une gamme complète. Berline en 1972, coupé en 1973, Spyder en 1974 puis, surprise, break de chasse en 1975 : la HPE. Variaponte très atypique et quelque peu osée, elle propose la même formule que la Volvo P1800 ES ou en encore la confidentielle Reliant Scimitar : surbaissée comme un coupé et fonctionnelle comme un break grâce à son hayon et son joli volume utile à l'arrière. Un rien snob, la Beta HPE rencontre son public, grâce à son élégance pratique. Originale, efficace, spacieuse et rapide, elle montre comment Lancia peut marquer pertinemment sa différence. Un objet rare, à collectionner avant que la marque, gérée avec les pieds par Stellantis, ne disparaisse...

Même les puristes de la marque n'oseront dire le contraire, le rachat en 1969 par Fiat de Lancia a vraiment sauvé cette dernière. Le géant italien lui a permis de concevoir en un temps record la berline Beta (moins de trois ans !), sachant que la carrosserie, la plate-forme, la suspension et la transmission sont inédites. Que dites-vous de ça ?

Seuls les moteurs proviennent de chez le géant italien, et on ne s’en plaindra pas car il s’agit des excellents 4-cylindres double arbre conçus par Aurelio Lampredi. La Beta, présentée en 1972, rencontre un accueil très favorable, même si tout n’est pas parfait, loin de là. Mieux encore, une large gamme est prévue, qui comprend, outre la berline bicorps (et la Montecarlo qui n’a en fait rien à voir), un coupé, une découvrable et un break de chasse. Ce dernier apparaît après les autres, en mars 1975.

Il en reprend toute la partie avant, jusqu’au montant central, mais conserve l’empattement de la berline (2,54 m), ce pour maximiser l’espace à l’arrière. Car ce break à trois portes, le premier et le dernier de l’histoire de Lancia, arbore un hayon arrière donnant sur un vaste coffre et des sièges rabattables permettant d’en porter le volume de 300 l à 1 200 l. En clair, cette version, nommée HPE (pour High Performance Estate) concilie l’élégance d’un coupé et la praticité d’un break. D’abord proposée avec en 1,6 l de 100 ch et 1,8 l de 111 ch, la Beta est rapide, pointant respectivement à 170 km/h et 180 km/h.

De plus, elle est bien équipée : boîte 5, compte-tours, mano de pression d’huile, projecteurs à longue portée, banquette en deux parties, pare-soleil arrière, essuie-glace arrière… A 41 880 F en 1600 (34 700 € actuels selon l’Insee), elle n’est pas donnée. Mais la HPE remporte un vif succès, au point que la production ne peut suivre. Très vite, la voiture évolue. Dès décembre 1975, elle troque le 1,8 l au profit d’un 2,0 l de 119 ch (nouvelle grille de calandre), qui l’emmène à près de 190 km/h.

De légères retouches interviennent dans l’habitacle (nouveaux tissus pour les sièges), alors qu’en 1978, la Beta HPE accueille un tout nouveau tableau de bord, tout en abandonnant les projecteurs sous verre. Le 2,0 l descend à 115 ch mais les sièges avant et le rabattage de la banquette s’améliorent. Fin 1981, la Beta HPE subit son dernier restylage, et peut-être le plus marquant, puisque sa calandre, ses rétroviseurs et ses pare-chocs sont revus, tandis qu’un bandeau argenté s’installe au bas du hayon.

Sous le capot, le 2,0 l gagne une injection électronique Bosch L-Jetronic, portant la puissance 122 ch, mais une variante plus puissante encore débarque en 1983 : la Volumex, du nom de son compresseur. De type Roots, celui-ci booste la cavalerie à 135 ch, tout en revenant à un carburateur, l’objectif étant la vigueur à bas et mi-régime plus que la performance pure. N’empêche que la Beta HPE Volumex atteint 200 km/h ! Ce sera son chant du cygne, puisqu’elle quitte la production en 1984. Plus de 70 000 unités ont été écoulées, un joli score pour une auto de niche.

Combien ça coûte ?
La Beta HPE n’est pas très chère. Un très bel exemplaire en 1600 phase 3 ou 4 débute à 7 000 €, contre 9 000 € en 2,0 l ie, alors que la Volumex réclamera 14 000 €. Les prix des phases 2 ne sont pas supérieurs, mais ceux des phases 1 et 2, si. Bien plus rares, et dotés d’un habitacle aux couleurs flashys, ils sont plus cotés. Ajoutez 4 000 € en moyenne.
Comme toujours sur des autos aussi âgées, n’hésitez pas à dépenser davantage si l’état, l’historique et la configuration le méritent. De toute façon, cela se traduira par une meilleure fiabilité et une revente plus aisée, donc se révèlera intéressant.

Quelle version choisir ?
Pour un usage fréquent, une 2000 ie représente le meilleur choix, vu son prix raisonnable, ses performances, et son anticorrosion améliorée.

Les versions collector
Toutes les HPE sont des collectors, mais les toutes premières 1,8 l, introuvables, le sont plus que les autres. D’une manière générale, celles dotées du premier tableau de bord et fortes d’une sellerie colorée sont plus recherchées.

Que surveiller ?
Mécaniquement, ces Beta sont très robustes. Vidange du moteur tous les 5 000 km (30 000 km pour la boîte), réglage allumage carburation tous les 10 000 km, courroie de distribution tous les 50 000 km, et ça roule pendant largement plus de 200 000 km. On surveillera tout de même les niveaux fréquemment vu les fuites fréquemment diverses et variées (couvre-culasse, soufflets de cardan). Heureusement, tant les carburateurs que l’injection posent peu de problèmes, même si le Volumex a besoin de vidanges spécifiques.
Les ennuis proviennent plutôt du circuit électrique (mauvaises masses, faux contacts, connecteurs HS), et des accessoires qui vont avec. Dans l’habitacle, la finition est correcte, mais le tissu des sièges est très fréquemment déchiré, le tableau de bord fissuré, les commandes sont parfois inopérantes (commodos, boutons).
Toutefois, le plus gros souci de ces Beta HPE reste la rouille, qui attaque partout avec férocité : bas de caisse, tour de pare-brise et de lunette arrière, portières, passages de roue, planchers mais aussi longerons et attaches de suspension. La situation est un peu moins alarmante après 1981, mais tout exemplaire devra être scrupuleusement inspecté. Côté pièces, on trouve aisément tout ce qui a trait à la mécanique, mais c’est nettement plus compliqué pour les éléments spécifiques, comme la sellerie et la carrosserie.

Sur la route
Fine et ciselée, la Beta HPE détone dans la circulation actuelle, encombrée de véhicules bien trop massifs. A bord, grâce au volant réglable, on trouve une bonne position de conduite, très basse, même si le siège semble trop petit. Au démarrage, le 2,0 l diffuse sa sonorité bien pleine dans l’habitacle, et d’emblée, on apprécie sa souplesse. Vigoureux à mi-régime, il chante plaisamment à l’abord du compte-tours, en somme, il distille un grand agrément. La boîte aussi, de par son maniement aisé et son excellent étagement.

Quant au châssis, il étonne encore davantage. Déjà, la direction assistée (de série) régale par sa précision, sa consistance et ses remontées d’informations. Ensuite, les trains sont bien guidés, enfin, l’amortissement excellent aide à limiter efficacement les mouvements de caisse. En ressort une tenue de route étonnante, la stabilité étant augmentée par l’empattement long. Certes, la suspension sautille à basse vitesse, mais ensuite, elle lisse adroitement les inégalités. Enfin, le freinage demeure très correct. En somme, un youngtimer qui se prête aux longs voyages, son insonorisation étant correcte et la consommation acceptable, à 9 l/100 km.
L’alternative newtimer*
Lancia Delta HPE (1995 – 2000)

C’est en 1995, pas avant, que Lancia décide de raviver son sigle HPE. Non pas pour désigner un break de chasse mais une version à trois portes de sa berline Delta II. Dérivant de la Fiat Tipo, elle profite d’un bon niveau technologique, et se pare de moteurs parfois performants. Pas tellement le 1,6 l de base ni en turbo-diesel, mais plutôt le 1,8 l double arbre (dérivant de celui de la Beta) de 103 ch et surtout le 2,0 l 16 soupapes de 139 ch.
Mieux encore, on trouve un 2,0 l turbo de 186 ch dans la version HF, qui fait de cette HPE une excellente sportive, d’autant qu’un Viscodrive répartit le couple entre les roues avant. Un amortissement piloté est même proposé ! Légèrement restylée en 1996, la Beta HPE bénéficie de l’excellent 1,8 l Pratola Serra que l’on verra aussi dans la Fiat Barchetta (130 ch), alors qu’en 1997, à l’occasion d’une légère mise à jour, où la HF passe à 193 ch. Seulement, la Delta est un échec commercial, et lors de son retrait en 2000, elle n’est pas remplacée. A partir de 3 000 €.

Lancia Beta HPE 2000 ie (1981), la fiche technique
- Moteur : 4 cylindres en ligne, 1 995 cm3
- Alimentation : injection électronique Bosch
- Suspension : jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, triangles, amortisseurs, barre antiroulis (AV), jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, biellettes transversales, amortisseurs, barre antiroulis (AR)
- Transmission : boîte 5 manuelle, traction
- Puissance : 122 ch à 5 500 tr/min
- Couple : 175 Nm à 2 800 tr/min
- Poids : 1 110 kg
- Vitesse maxi : 185 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 10,2 secondes (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces de Lancia Beta, rendez-vous sur le site de La Centrale.






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