Après les déboires de Stellantis, Carlos Tavares recruté pour gérer les milliards du budget militaire portugais
Carlos Tavares pourrait bien reprendre du service. Selon la presse portugaise, le gouvernement de Luís Montenegro souhaite confier à l’ancien « cost-killer » la supervision du budget militaire du pays. Une mission stratégique à près de 6 milliards d’euros qui ne manque pas d’interroger, compte tenu de son bilan contrasté dans l’automobile.

On l’avait un peu oublié et seuls les critiques de sa gestion de Stellantis, notamment de la part de son successeur Antonio Filosa, le rappelait à nos souvenirs. Mais Carlos Tavares, depuis son départ du groupe fin 2024, n’a plus défrayé la chronique automobile, préférant se consacrer à ses vignes.
L’achat de trois frégates au programme
Mais le cost-killer pourrait bien reprendre du service, si l’on en croit la presse portugaise. Il pourrait même réendosser son costume de gestionnaire, mais très loin de la filière auto. D’après le quotidien Publico, son nom est pressenti pour intégrer la comissão de Acompanhamento dos Investimentos na Defesa, la commission chargée de contrôler et superviser le budget militaire du pays.
Le Portugal, comme la plupart des États européens membres de l’Otan a augmenté ses dépenses militaires qui représentent aujourd’hui plus de 3,1 % de son PIB. Et la somme est rondelette. Le pays a en effet validé un prêt auprès de l’UE de 5,84 milliards d’euros, dont 3,9 milliards sont destinés à l’achat de trois frégates à l’industriel naval italien Fincantieri.
Carlos Tavares et ses pairs sont donc chargés de vérifier le bon usage de ces milliards, d’en surveiller les investissements, de négocier et de finaliser le contrat italien.
L’homme est certes un gestionnaire redoutable pour qui un euro est un euro, mais il est aussi celui qui a entraîné Stellantis dans ses mauvais choix stratégiques aux États-Unis, et dans ses mauvais choix qualitatifs en Europe.
Une stratégie malheureuse en matière de qualité
Car si l’on ne peut lui imputer le fait d’avoir acheté des airbags Takata alors que leurs défauts étaient connus (il n’était pas encore à la tête de PSA à ce moment-là), c’est lui, en revanche, qui a validé, les moteurs PureTech défectueux, ou du moins en porte-t-il la responsabilité.
Le parti social-démocrate du Premier ministre portugais Luís Montenegro a donc voulu confier son budget militaire à un chasseur de dépenses inutiles. Mais, fort heureusement, il ne sera pas seul dans cette commission, ce qui évitera peut-être la chasse à une qualité qui peut s’avérer fort utile, surtout s’agissant d’affaires militaires.





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