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François Provost (Renault) est-il un optimiste raisonnable ou un adepte de la méthode Coué ?

Dans Economie / Politique / Personnalités

Michel Holtz

Alors que l’industrie automobile européenne plonge dans la crise, entre alertes boursières et coupes sombres en Allemagne, le directeur général du Losange affiche sa sérénité. Investissements massifs maintenus, rentabilité affichée des R5 et R4, refus catégorique d’ouvrir ses usines aux constructeurs chinois : quelques jours avant de présenter ses résultats semestriels, le patron de Renault affiche un grand sourire. Mais ne se prive pas de lancer un plaidoyer pour que l’UE se modère en matière d’électrification et de réglementation.

François Provost (Renault) est-il un optimiste raisonnable ou un adepte de la méthode Coué ?
La crise de l'industrie européenne ? Même pas peur. Photo : MaxPPP.

On peut être optimiste pour soi-même et pessimiste pour le monde qui nous entoure. Ainsi va François Provost, l’homme qui a pris la tête de Renault il y a un an. Le directeur général du losange s’est livré à nos confrères des Échos et s’il ne nie pas les difficultés de l’automobile européenne en général, et la voracité chinoise, tout va très bien en ce qui concerne l’entreprise qu’il dirige.

Alors que la chute de BMW en bourse et les suppressions d’emploi en Allemagne donnent des sueurs froides à la planète auto, Provost reste zen. Le plan stratégique qu’il a mis en place pour les quatre ans à venir, il n’en dévie pas. Ni de la trentaine de nouveaux modèles à lancer, ni des 13 milliards d’euros qu’il compte investir d’ici à 2030.

Meilleurs que les Chinois ?

Pour contrer l’offensive chinoise, François Provost à des idées et une méthode qu’il souhaite appliquer au groupe Renault : faire comme eux. « Nous devons montrer qu’on est capable de développer en France, avec nos ingénieurs et nos fournisseurs européens, des voitures au niveau de technologie des meilleurs constructeurs chinois, à la même vitesse qu’eux. ». Mais en se passant de 800 ingénieurs qui vont quitter l’entreprise.

Mieux, en matière de « management de la marque, de produit, d’expérience client, ou encore de fabrication, je pense que nous sommes meilleurs que nos concurrents chinois. ».

En ce qui concerne la déferlante chinoise en Europe, et l’ouverture d’usines des constructeurs de l’empire du Milieu, il souhaite que l’UE s’inspire de ce que la Chine a fait sur son propre sol, en conditionnant l’installation des marques occidentales « à une localisation en profondeur, incluant les fournisseurs, les chaînes de valeur et la R&D. » En clair : ne pas uniquement accepter les ouvertures d’usines à seule fin de donner du travail à quelques milliers d’ouvriers, mais à tout l’écosystème automobile.

200 000 R5 produites à Douai devraient être vendues d’ici la fin de l’année. Photo : Caradisiac.
200 000 R5 produites à Douai devraient être vendues d’ici la fin de l’année. Photo : Caradisiac.

Quant à la vente, ou à l’accueil des constructeurs chinois dans ses propres usines, à la manière de Stellantis ou de Nissan, il ne mange pas de ce pain-là. « Nous n’avons pas de problème de surcapacité ». Grâce aux électriques de Nissan, Mistubishi ou Ford assemblées chez Renault à Douai ? « C’est la compétitivité des solutions Renault qui attire des partenaires ». Soit.

Mais si tout va bien pour Renault, il n’en va pas de même pour l’industrie auto en Europe. Alors le directeur général du groupe propose quelques remèdes. Comme l’abaissement du seuil des voitures électriques en 2035. Les 100 % sont pour lui « inatteignables ». Alors il s’aligne sur ses collègues de l’ACEA qui réunit les constructeurs européens. Ils réclament « 10 % de flexibilité, plus éventuellement 10 % de conditionnel ». À savoir 80 % de voitures thermiques cachées sous un fumeux « flexible conditionnel ».

Mais François Provost le martèle : son groupe va bien et les ventes de ses électriques aussi. « On va dépasser cette année les 200 000 R5 produites ». Une auto, qui cartonne, mais rapporte-t-elle de l’argent ? « Nous faisons des marges positives sur la R5, la R4 et la Twingo »

Un modèle de série plutôt qu’un programme sportif

Pas suffisamment pour maintenir les budgets intacts en sport auto en tout cas. Si le patron veut (d’une manière ou d’une autre) rester en F1 coupant court à la rumeur, il est inutile de lui parler d’endurance. « Participer au Championnat du monde équivaut au coût d’un nouveau modèle. Je préfère faire un véhicule de plus ».

Reste néanmoins qu’au-delà du Mans qui attendra un retour du losange, François Provost se veut plutôt positif sur l’avenir. Mais pourquoi donner une interview aussi optimiste aux Échos en ce début juillet ?

C’est que Renault doit présenter ses résultats semestriels à la fin de ce mois. Les premières déclarations, de bon augure, de Guillaume Sicard pour la France la semaine passée, suivies de cette sortie du boss, préparent les analystes et les marchés aux chiffres qui tomberont dans quelques jours. Et compte tenu de ces prémices, les chiffres qui seront annoncés ne devraient pas être négatifs, et, au minimum, stables.

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