Le nouveau patron de Renault ira-t-il jusqu’à revendre l’écurie de Formule 1 Alpine après des années d’échecs ?
Alors qu’elle ne semble pas partie encore cette année pour viser le titre de champion contrairement aux promesses de Flavio Briatore, l’écurie Alpine serait convoitée par Mercedes. Le groupe Renault pourrait-il la céder après plus d’une décennie d’échecs et la destruction de son usine de moteurs ?

« C’est la faute du moteur ». Voilà en substance le message adressé par Flavio Briatore, propulsé « consultant exécutif » de l’écurie Alpine F1 en 2024 par l’ancien patron du groupe Renault Luca de Meo, alors qu’il devait expliquer les mauvais résultats en course de l’équipe qui cherche désespérément à retrouver le chemin vers le titre de champion après près de deux décennies d’échecs.
Cette justification a permis à Flavio Briatore et Luca de Meo de valider l’abandon de la fabrication du moteur de Formule 1 Renault, traditionnellement mis au point à Viry-Châtillon depuis 1977, en faisant d’Alpine un simple concepteur de châssis et le client de Mercedes pour ses groupes motopropulseurs dès cette année. Mais justement, les monoplaces de la formation françaises ne semblent pas beaucoup plus performantes en ce début de saison 2026 alors qu’elles utilisent désormais une mécanique Mercedes au lieu de celle de Renault : même si Pierre Gasly a réussi à marquer le point de la dixième place en Australie lors du premier grand prix grâce à plusieurs abandons parmi les leaders, on reste très loin des promesses de Flavio Briatore assurant qu’Alpine serait en « mesure de viser des victoires à la régulière dès 2026 et le titre de champion en 2027 ».
Quelle suite pour Alpine F1 ?
Alors que Luca de Meo promettait une transformation de l’usine de Viry-Châtillon vers d’autres activités de pointe (et notamment la conception d’une supercar routière), son successeur à la tête de Renault François Provost a décidé de quasiment démanteler le site en annulant beaucoup de projets dont ceux d’Alpine en catégorie Hypercar au championnat du monde d’endurance. L’homme étant notoirement désintéressé du sport automobile, ce n’est sans doute pas lui qui va militer pour la sauvegarde de l’activité d’Alpine F1 alors que l’écurie peine à progresser.
Et justement, l’avenir d’Alpine F1 pose question. Comme le rapportent notamment les journalistes d’Auto Hebdo, plusieurs investisseurs seraient très intéressés pour acheter les parts dans l’écurie du groupe formé par Otro Capital alors que la valeur de toutes les équipes de la grille a tendance à augmenter chaque année grâce au succès économique de ce sport : Christian Horner, l’ancien directeur de l’écurie Red Bull, mais aussi Mercedes qui chercherait à récupérer les 24 % d’Alpine F1 détenus par cette structure, désormais évalués à plus d’un demi-milliard d’euros.
Une écurie B de Mercedes ?
Quel intérêt pour Mercedes d’investir dans une écurie concurrente ? On l’a vu, Alpine utilise désormais des moteurs du géant allemand et l’idée serait potentiellement d’en faire une « équipe B » un peu à la façon de Red Bull avec Racing Bulls ou, dans une moindre mesure, de Ferrari avec Alfa-Romeo Sauber à la fin de la précédente décennie.
Le groupe Renault possède à l’heure actuelle 76 % des parts de l’écurie Alpine F1 et l’éventuelle montée au capital de Mercedes à 24 % ne l’empêcherait pas de conserver sa direction. Mais justement, le groupe Renault prévoit-il de garder son écurie à court ou moyen terme ? Depuis son arrivée l’année dernière, François Provost a déjà défait beaucoup de choses au sein du constructeur : ses filiales Mobilize et Ampère, notamment, mais surtout une bonne partie des projets d’Alpine en sport automobile et dans ses gammes routières. Tout le monde se demande ce qu’il compte faire de l’écurie de Formule 1 sachant qu’elle ne semble toujours pas capable de viser les victoires à la régulière et que sa valeur marchande a augmenté ces dernières années comme celle de toutes les autres équipes du championnat. La transformation de Renault F1 en Alpine F1 à partir de 2021 devait également servir à préparer l’arrivée de la marque sur le marché américain, objectif désormais écarté par François Provost.
D’ailleurs, le géant chinois BYD serait également en train de réfléchir au rachat d’une écurie de Formule 1 pour faire son entrée dans la discipline reine du sport automobile. Le directeur général pourrait-il saisir une opportunité de ce genre pour arrêter définitivement l’engagement du groupe Renault en Formule 1 ? En termes de stratégie et d’image, ce serait du jamais vu depuis les débuts de l’enseigne au losange dans la discipline à la fin des années 70 : même aux moments où Renault s’était officiellement désengagé (en 1985 et à la fin de la saison 1997), le constructeur français conservait une activité au sein de son usine de moteurs. Le bloc Renault reste aussi le second plus titré de toute l’histoire de la Formule 1, à égalité avec Mercedes et derrière Ferrari. C’est vraiment l’une des plus belles fiertés de l’histoire du sport automobile français qui a été tué par la direction de Renault. Alors, va-t-elle boucler la boucle en se séparant d’Alpine F1 ?















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