"Enzo, le mythe Ferrari" : le doc sur Maranello qui fait oublier tous les autres
Archives rarissimes, casting de légende et exhaustivité presque totale, le documentaire produit par Canal+ est à ce jour le plus complet jamais réalisé sur le cheval cabré. Une somme.

On ne les compte plus. Les docs sur Ferrari sont à l’audiovisuel automobile ce que les vœux présidentiels sont à la politique : un passage obligé et souvent redondant. Du coup, on se dit que cet Enzo, le mythe Ferrari, diffusé en quatre épisodes sur Canal+ (les deux derniers débarquent ce week-end) n’est qu’un centième panégyrique vu et revu de plus. Et l’on aurait bien tort.
Car pendant près de trois heures, son créateur Thierry Soave et le réalisateur Yannick Saillet, nous font ce que personne n’avait fait auparavant : la totale.
Le who’s who de la planète auto
Les autos de série, la course, les drames en piste et en dehors, le business et l’héritage laissé par cette aventure, bien au-delà du cheval cabré, sont racontés, décryptés et dévoilés avec des archives souvent rarissimes.
Quant au caractère, trempé, pour ne pas dire insupportable du personnage, il apparaît en filigrane, à chaque image. Mais étonnamment, il n’écorne pas le mythe. Car c’est aussi ce fichu caractère, et ses actes parfois limites qui façonnent la statue du commendatore et l’étrange fascination qu’il suscite.

Ses déboires, ses hauts, ses bas et ses failles sont exposés, et commentées, par tous les témoins encore vivants de cette aventure du siècle qui dépasse de très loin l’automobile.
Dresser la liste des personnages interrogées revient à établir le who’s who de l’automobile mondiale, de A comme Jean Alesi, à T comme Todt en passant par Lewis Hamilton, Jacky Ickx où Alain Prost. Mais surtout, Thierry Soave a tendu son micro à Piero Ferrari, le fils d’Enzo qui n’est pratiquement jamais apparu à l’écran auparavant. Le fil conducteur de cette saga, c’est lui, qui raconte, comme personne d’autre ne saurait le faire, les 45 ans passées aux côtés du Padre.

Mais la série va bien au-delà des courses, au-delà de la tragédie des Mille miglia 1957 et de celle du Grand prix de Monza 1961, ou Wolfgang von Trips a trouvé la mort et fauché 15 spectateurs.
Elle va au-delà aussi des 250 GTO et F40, Enzo : le mythe Ferrari permet de se rendre compte de la vista du bonhomme, qui, avant tout le monde, a inventé les codes marketing du luxe qui ont toujours cours aujourd’hui, en jouant la rareté de ses produits comme sa propre rareté, s’auto-transformant en star, en personnifiant sa marque
Ces raisons, et 100 autres, font de ce doc une bonne excuse pour s’offrir, si ce n’est déjà fait, un abonnement à Canal+, histoire de passer trois heures devant son poste et traverser 80 ans d’histoire du côté de Maranello.
Trois questions à Thierry Soave
Auteur et journaliste, il est le créateur de la saga "Enzo : le mythe Ferrari"
Comment avez-vous réussi à convaincre une chaîne comme Canal + de produire une série sur Ferrari alors qu’il existe déjà une bonne centaine de documentaires sur le personnage et son aventure ?
Thierry Soave : par l’exhaustivité de la démarche, par le fait de ne passer aucun pan de l’histoire à la trappe, même s’il nous a fallu éliminer quelques éléments moins importants. Pour y parvenir, il fallait une série. Et la chaîne a dit oui.
Vu la somme d’images d’archives et de témoignages, on imagine un travail colossal pour parvenir à ces quatre épisodes de 44 mn ?
Cela représente cinq ans de ma vie, dont trois ans avec les équipes de Canal. En ce qui concerne les témoins rencontrés, certains ont été évidemment plus difficiles à convaincre que d’autres. Mais celui dont je suis le plus fier, c’est Piero Ferrari, le fils du Commendatore, pratiquement jamais aperçu devant une caméra. Pour le convaincre, j’ai fait une démarche à l’ancienne. J’ai pris rendez-vous, tout simplement, et je suis allé le voir dans son bureau. Au bout de deux heures, on s’est tapé dans la main.
Y aura-t-il une suite à cette aventure télévisuelle ?
Vu le bon accueil critique et public de la série, et ses ventes aux chaînes étrangères, on est en discussion avec Canal pour une deuxième aventure. Avec une autre marque bien sûr.
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