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C’est officiel et très brutal, Renault annonce mettre un coup d’arrêt aux plus beaux rêves d’Alpine

Dans Economie / Politique / Industrie

Cédric Pinatel

Les inquiétudes du maire de Viry-Châtillon étaient légitimes : le groupe Renault confirme qu’il abandonne tous ses programmes internationaux en sport automobile en exceptant la Formule 1. Surtout, il annule aussi les projets de voitures les plus ambitieux d’Alpine et avoue déjà que tous les emplois ne seront pas conservés. Sur quoi travailleront les survivants de l'usine française ?

C’est officiel et très brutal, Renault annonce mettre un coup d’arrêt aux plus beaux rêves d’Alpine
Il n'y aura plus d'Alpine au Mans après 2026... Photo MaxPPP.

« Ils nous ont roulés dans la farine », déclarait en début de semaine le maire de Viry-Châtillon, stupéfait, que le groupe Renault entendait annuler totalement la création de l’Hypertech Alpine sur le site précédemment consacré à la construction des moteurs de Formule 1 Renault.

Le communiqué officiel du groupe Renault vient de tomber et effectivement, tout ce qui a été énoncé par le maire de Viry-Châtillon ce lundi se vérifie : l’écurie Alpine se désengagera totalement du championnat du monde d’endurance (WEC) au terme de la saison 2026, après trois saisons avec ses protos en catégorie Hypercar. Pour l’instant, elle n’a réussi qu’à décrocher une victoire opportuniste lors des six heures de Fuji 2025 mais reste très loin des meilleures au classement général de la discipline et aux 24 Heures du Mans. « Je suis convaincu que nous continuerons à nous battre jusqu’à la toute dernière seconde, de la toute dernière course dans laquelle nous serons engagés toute l’année 2026 », explique tout de même le directeur de la marque Alpine Philippe Krief.

Le groupe Renault confirme aussi le retrait de Dacia du Dakar et du championnat du monde des rallyes-raids, un choix plus logique puisque la marque roumaine a remporté l’épreuve il y a quelques semaines. Mission accomplie, donc, mais Sébastien Loeb devra se trouver une nouvelle équipe s’il veut enfin réussir à gagner la célèbre épreuve.

A quoi va servir « l’Alpine Tech » ?

Les 500 salariés de l’usine de Viry-Châtillon, qui travaillaient tous sur le moteur Renault jusqu’à la fin de la saison 2025, ne plancheront donc finalement plus sur ces deux importants programmes de sport automobile. Ils laisseront les employés de l’usine d’Enstone en Angleterre s’occuper seuls des Formule 1 Alpine survivant pour l’instant aux décisions du groupe Renault, utilisant désormais des moteurs Mercedes au lieu de la mécanique française. Mais alors, que vont-ils faire ?

Bonne question. « Le site de Viry-Châtillon – désormais Alpine Tech – poursuivra sa transformation en mettant l’accent sur l’innovation au service de Renault Group et de la marque Alpine. Cette transformation s’appuie sur les compétences uniques des collaborateurs et sur un ensemble d’équipements haut de gamme et de haute technologie déjà en place. Depuis janvier, l’entreprise recherche des partenariats avec des sociétés externes susceptibles de tirer parti de ces atouts », est-il écrit dans le communiqué officiel. « L’Alpine Tech », qui ne s’appelle donc plus « Hypertech », se transformerait ainsi en une sorte de bureau d’études au service d’entreprises externes au groupe Renault.

Hélas, l’objectif n’est visiblement plus de garder tout le monde comme c’est écrit noir sur blanc : « Comme toujours, la priorité du groupe et de la marque reste ses employés. La marque cherchera à préserver les talents et expertises, en accompagnant les collaborateurs dans leur développement et leurs perspectives de carrière. Un plan de protection de l’emploi soutiendra les employés tout au long du processus, avec des options incluant un autre poste au sein du groupe, l’accès à un programme de formation dédié, un plan de départ volontaire ou de départ à la retraite anticipée ».

Il n’y a plus de supercar Alpine !

Ce communiqué officiel ne fait pas mention de la nouvelle supercar hybride annoncée l’année dernière par Luca de Meo et confirmée à l’époque par Philippe Krief, qui devait justement bénéficier de toute l’expertise des salariés très qualifiés de l’usine de Viry-Châtillon. Nous avons contacté l’équipe d’Alpine pour en savoir davantage à ce sujet -sans réponse pour l’instant- mais il s’agirait donc d’un gigantesque renoncement à l’un des projets les plus excitants de toute l’histoire de l’industrie automobile tricolore : celui de mettre une marque française au même niveau que Ferrari et Lamborghini parmi les sportives routières de rêve. Quelle déception !

Alpine laisse entendre que le développement de la gamme électrique routière continuera : « nous devons poursuivre nos investissements dans la gamme de produits et la marque Alpine ». Mais même là, Alpine constate que « le marché des véhicules électriques connaît une croissance plus lente que prévu ». Est-ce que la nouvelle A110 de troisième génération attendue pour cette année et la nouvelle famille de l’A310 seront bien lancées comme prévu ?

Pour être fier d’une supercar fabriquée en France, en tout cas, il faudra hélas continuer à regarder ce qui sort du côté de Molsheim, dans une usine sous capitaux croates et allemands.

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