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Après l’annonce d’un trou de 22 milliards de dollars, le nouveau patron de Stellantis pointe l'une des erreurs stratégiques de son prédécesseur

Dans Economie / Politique / Industrie

Cédric Pinatel

Alors que l’ancienne direction de Stellantis se félicitait d’avoir réduit drastiquement les coûts de développement de ses voitures, le nouveau patron italien admet qu’il s’agissait d’une grave erreur stratégique.

Après l’annonce d’un trou de 22 milliards de dollars, le nouveau patron de Stellantis pointe l'une des erreurs stratégiques de son prédécesseur
Le directeur de Stellantis Antonio Filosa. Photo MaxPPP.

Souvenez-vous de l’année 2023 du groupe Stellantis. Carlos Tavares revendiquait alors une rentabilité exceptionnelle, avec une marge opérationnelle à faire rougir les meilleurs constructeurs premium. Le groupe dévoilait des résultats financiers excellents assortis de très beaux dividendes, avec un joli bonus pour tous les salariés en complément.

Dans la presse, les cadres dirigeants de Stellantis évoquaient fièrement les économies réalisées depuis quelques années. L’ancienne directrice financière se vantait même d’avoir divisé par deux le budget du développement total d’un nouveau modèle par rapport aux constructeurs automobiles concurrents. Les scandales du Puretech et les problèmes de conception des nouveaux modèles liés à ces efforts de réduction extrême des coûts commençaient à poindre mais les actionnaires semblaient satisfaits de cette stratégie à court terme.

Une grosse erreur

Alors que la situation de Stellantis a bien changé depuis, avec notamment une charge exceptionnelle de 22 milliards de dollars annoncée il y a quelques jours et de gigantesques travaux à venir pour changer toute sa stratégie industrielle, le nouveau patron Antonio Filosa admet que cette politique de réduction des coûts très poussée a été une grave erreur.

« Stellantis a voulu faire trop d’économies dans des secteurs clés comme l’ingénierie. Nous n’aurions pas dû laisser partir nos meilleurs ingénieurs et depuis que je suis arrivé, on a déjà recruté 2000 ingénieurs pour que les choses reviennent à la normale. L’innovation reste vitale dans notre industrie », a-t-il expliqué à la presse italienne et notamment aux journalistes italiens de Quattroruote et dans de précédents propos notés par ItalPassion.

Ce n’est pas que la faute de l’électrique

La stratégie de la précédente direction de Stellantis misait sur un basculement complet et rapide du marché automobile européen vers l’électrique, réglementation oblige. Comme tous les autres groupes automobiles, les nécessaires changements stratégiques pour s’adapter à une progression moins rapide que prévu de la technologie électrique ne sont pas entièrement imputables à l’ancienne direction.

Mais la compétitivité moyenne de certains produits conçus sous la présidence de Carlos Tavares, qu’ils soient électriques ou thermiques, sont sans doute davantage liés à ses choix stratégiques. Ce qu’on entend de la part d’anciens salariés du groupe Stellantis, témoignant avoir été confrontés à des situations ubuesques à cause de contraintes budgétaires intenables, n’était certainement pas de nature à concevoir les meilleurs produits possibles.

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