Pertes nettes, zéro dividendes, coup de frein brutal sur l’électrique : Stellantis veut s’empresser de faire oublier le cauchemar de 2025
L’INFO DU JOUR - Le groupe italo-franco-américain annonce une charge exceptionnelle de 22 milliards d’euros et des pertes à venir. Les actionnaires ne percevront aucun dividende au titre de 2025 et le titre chute en Bourse.

Les rumeurs circulaient depuis quelques semaines, mais la réalité est d’une toute autre ampleur. Alors que la presse italienne soupçonnait une charge exceptionnelle de 8,6 milliards d’euros, Stellantis annonce qu’elle sera près de 3 fois supérieure, pour atteindre 22 milliards.
Évidemment, les conséquences de cette charge, annoncée 1h avant l’ouverture de la Bourse de Paris ce 6 février, s’enchaînent façon dominos : une perte nette pour l’exercice est déjà programmée et elle sera annoncée le 26 février prochain. Quant aux actionnaires, ils ne percevront aucun dividende au titre de 2025. La Bourse a reçu le message 5/5 et le cours Stellantis a baissé de plus 20 % dans la matinée.
La faute à Carlos ?
Mais qu’est ce qui peut expliquer ce dévissage industriel ? Le patron du groupe, Antonio Filosa, évoque une surestimation « du rythme de la transition énergétique, qui nous a éloignés des besoins, des moyens financiers et des désirs réels de nombreux acheteurs ». En somme, ce que Stellantis appelle un « reset » (c’est plus moderne et moins anxiogène qu’un gros crash) est destiné à effacer le tout-électrique prôné par son prédécesseur Carlos Tavares.
L’ex-boss a d’ailleurs encaissé un sérieux tacle de la part de son successeur, puisque Filosa dans le communiqué annonçant la catastrophe, précise qu’en 2026, ses équipes, « s’attacheront sans relâche à combler les insuffisances d’exécution du passé ».
L’électrique a bon dos ? D’autres constructeurs ont également reculé en la matière. Mais, de General Motors à Ford, aucune charge exceptionnelle n’a atteint l’ampleur de celle de Stellantis.
Y aurait-il donc d’autres raisons pour expliquer le gadin du groupe ? Antonio Filosa livre lui-même quelques indices, en chargeant les pilotes d’avant. Pour lui, ces soucis « reflètent l’impact de problèmes opérationnels antérieurs, dont les effets sont progressivement traités par notre nouvelle équipe. »
Et les chantiers sont nombreux, du pricing power abandonné, à la politique produits américaine recadrée, en passant par les soucis de qualité du PureTech européen qui pourrait voir le retour plus généralisé qu’il ne l’est du moteur italien Firefly.
Pour autant, si de nombreux errements de la politique mise en place par Carlos Tavares justifient le coup de barre nécessaire que Filosa est en train d’opérer, tous les déboires ne sont pas à mettre sur le dos de l’ex. Le changement de politique américain, et le virage pris par l’administration Trump en faveur du thermique, n'est pas imputable à l’ingénieur portugais, pas plus que la domination chinoise sur l’électrique.
Stellantis se relâche sur l’électrique alors que les ventes sont en hausse
reste que le groupe garde l'espoir d'une amélioration en 2026 et annonce une hausse de ses ventes de 9% au quatrième trimestre dernier. Reste que la décision d’en finir avec la coentreprise entamée avec LG au Canada, prise dans la foulée de ces mauvaises nouvelles, n’est peut-être pas l’idée du siècle pour un avanir serein. Car l’arrêt de cette opération ne favorise pas la souveraineté du groupe en matière de batteries.
Stellantis va continuer d’être dépendant du Coréen, et de livraisons chinoises en la matière. Comme il risque de prendre du retard dans la marche vers l’électrique. Car malgré une montée en puissance qui n’est pas à la hauteur espérée, le VE progresse bel et bien. Ses ventes ont explosé à plus 33 % l’an passé en Europe et il serait pour le moins hasardeux de se relâcher dans un marché en pleine expansion.















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