Cupra Tavascan : ce SUV électrique fabriqué en Chine échappe aux surtaxes européennes, une décision qui change tout
Depuis hier, le Cupra Tavascan est officiellement exempté de la surtaxe européenne appliquée aux véhicules électriques produits en Chine. Cette décision ouvre une nouvelle ère dans les discussions entre Bruxelles et Pékin sur la voiture électrique et rebat les cartes du marché automobile.

Cette décision, publiée lundi au Journal officiel de l’Union européenne, marque une première dans le cadre des mesures instaurées à l’été 2024 par Bruxelles pour contrer les subventions jugées déloyales accordées par Pékin à son industrie automobile.
En levant les surtaxes sur le Cupra Tavascan produit en Chine, la Commission européenne ne se contente pas de régler un bras de fer commercial avec le groupe Volkswagen. Elle inaugure une ère nouvelle de la réalpolitique industrielle, où les engagements individuels des constructeurs priment désormais sur les blocs tarifaires globaux.
Une première pour Bruxelles
Jusqu’à présent, le SUV électrique espagnol, fabriqué dans l’usine chinoise de Volkswagen à Anhui, était soumis à un droit de douane total de 30,7 % : 10 % de droit de base à l’importation, auxquels s’ajoutaient 20,7 % de surtaxe spécifique. Désormais, le Tavascan reste assujetti au taux de base de 10 %, mais échappe à la surtaxe additionnelle.
En contrepartie, Cupra s’est engagé à respecter un prix minimum à l’importation ainsi qu’un quota annuel de volumes. Deux notions restées confidentielles. Les niveaux précis de ce prix plancher et du quota n’ont pas été rendus publics.
Aucune incidence tarifaire pour les clients
Pour obtenir cette exonération, le groupe Volkswagen a dû démontrer que la production du modèle ne reposait pas sur des subventions chinoises, considérées par l'UE comme déloyales, mais sur un investissement avec des capitaux propres.
Pour les clients, cette décision n’a "aucune incidence sur le tarif" fait savoir le constructeur à Caradisiac. Dès l’origine, Cupra s’était engagé "à ne pas répercuter ces frais additionnels" sur ses tarifs catalogue.
Une brèche dans le mur européen
Cette décision ouvre une brèche dans la doctrine de défense commerciale adoptée à l’été 2024. Les mesures européennes visent l’ensemble des véhicules électriques fabriqués en Chine, qu’ils soient issus de marques chinoises ou européennes. Si certains constructeurs, comme Tesla (7,8 %) ou BYD (17 %), avaient obtenu des taux réduits, aucun n’avait jusqu’alors bénéficié d’exonération totale de surtaxe.
Inauguration d’une nouvelle voie commerciale
Dans un communiqué, la Chambre de commerce de la Chine auprès de l’UE (CCCEU) "prend note" de la décision. Et affirme que "les constructeurs chinois de véhicules électriques évaluent et examinent actuellement l’opportunité de soumettre leurs propres propositions d’engagement de prix individuellement à la Commission européenne, en fonction de leur situation commerciale respective." Tout en demandant que les entreprises chinoises et européennes soient traitées "sur un pied d’égalité."
Parmi les marques chinoises contactes par Caradisiac, seule BYD a répondu ne pas avoir "à ce stade d’information à communiquer sur ce sujet."
Même mutisme du côté des constructeurs européens produisant en Chine. Il y a pourtant fort à parier qu'en dehors de Cupra, d’autres marques, comme BMW qui avait en son temps dénoncer les surtaxes aux importations, pourraient elles aussi demander un aménagement de peine.
Protéger sans fermer le marché
Sur le plan stratégique, le cas du Tavascan illustre l’imbrication croissante des chaînes de production entre l’Europe et la Chine. Il pourrait préfigurer une nouvelle phase de régulation commerciale, où les surtaxes laisseraient place, sous conditions strictes, à des accords individualisés conciliant protection du marché européen et maintien des échanges industriels et commerciaux.
















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