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La Chine menacerait 55 % de l’industrie européenne, et l’automobile serait le secteur le plus exposé

Dans Economie / Politique / Industrie

Michel Holtz

L’INFO DU JOUR - Selon un rapport du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan, les usines du Vieux Continent sont plus menacées que jamais. Pour y remédier, le document préconise une taxe de 30 % sur tous les produits manufacturés chinois et une dévaluation de l’euro.

La Chine menacerait 55 % de l’industrie européenne, et l’automobile serait le secteur le plus exposé
La Byd Atto 2 sera très bientôt européenne et fabriquée en Hongrie.

Le Haut Commissariat à la Stratégie et au Plan l’a baptisée « la deuxième lame », celle qui n’en finit pas de raser de près ce qu’il reste de l’industrie européenne. Cette deuxième lame est loin d’être un second couteau puisque c’est de l’industrie chinoise qu’il s’agit.

Pour le HCSP et Clément Beaune son haut-commissaire, tout s’est emballé après le Covid. Car jusqu’à cette date, l’Europe se rassurait. Les produits Chinois ? Ils ne sont pas chers, mais ils sont moins bons que les nôtres. Depuis 2021, l’industrie européenne est directement menacée, et l’automobile est en première ligne, face à des voitures de qualité selon le rapport du haut-commissariat publié le 9 février et remis à Matignon la semaine prochaine.

La Chine quatre fois plus rapide

D’après le document, « les acteurs chinois sont en mesure de construire jusqu’à quatre fois plus rapidement, à qualité et niveau de sécurité du travail comparables ».

À quel degré situer le péril pour la vieille Europe ? 55 % de la production est menacée sur l’ensemble du continent. Mais c’est en Allemagne, que le danger est le plus vif puisque 70 % de l’industrie de l’auto et de la machine-outil sont dans le collimateur chinois. Et Clément Beaune de rappeler que, « depuis 2023, l’industrie allemande a perdu 240 000 emplois, soit 10 000 par mois ».

La France est moins touchée, puisque selon le rapport, son industrie ne serait affectée « que » de 36 %. Sauf que ce taux reste dramatique et risque de mettre à mal les dernières usines de l’hexagone.

Le Haut Commissaire au Plan Clément Beaune propose des solutions. Crédit photo : MaxPPP.
Le Haut Commissaire au Plan Clément Beaune propose des solutions. Crédit photo : MaxPPP.

Devant l’ampleur de la catastrophe annoncée, le Haut-Commissaire au Plan propose deux solutions pour permettre à l’Europe de surnager. La première est limpide, assez simple à mettre en place et à comprendre. Il s’agit d’une taxation de 30 % pour tout produit manufacturé en provenance de Chine. Un protectionnisme qui dit vraiment son nom, alors que jusqu’à présent, les taxes sur les autos chinoises se font à la tête du client, entre 12 et 48 %, pour sanctionner des aides de l’État chinois qui n’ont plus lieu d’être selon le nouveau plan quinquennal de Pékin qui réoriente ses aides. D’autant que ces taxes en vigueur depuis deux ans ne s’adressent qu’aux voitures électriques, les hybrides passant au travers des mailles du filet.

Le second remède est plus macroéconomique, et n’aura pas forcément l’adhésion de tous les pays membres et de la Banque Centrale Européenne. Il s’agit de dévaluer l’euro pour qu’à l’inverse, le yuan chinois soit surévalué et que ses produits le soient aussi.

Ces projets en particulier, et le rapport du HSCP en général, ne sont évidemment pas rendus publiques à une date au hasard et une bonne semaine avant leur remise officielle à Matignon. Les dirigeants européens, et les gouvernements des 27, doivent se réunir le 12 février avec un ordre du jour parfaitement en phase avec la démarche française : la compétitivité européenne.

L’automobile, nouveau panneau solaire chinois ?

De son côté, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission a elle aussi évoqué, la « préférence européenne dans des secteurs stratégiques » en début de semaine. Une manière de changer de logiciel et d’en finir avec le libre-échangisme sans failles ?

Peut-être. Mais il est peut-être trop tard. L’exemple des panneaux solaires vient évidemment à l’esprit des économistes du Plan. Et de rappeler que les importations chinoises de ces produits ont eu totalement raison de la filière européenne aujourd’hui quasi inexistante.

D’autant que les deux barrières voulues par Clément Beaune ne suffiraient pas à freiner l’expansion chinoise en Europe, si jamais elles sont validées. Car des constructeurs de l’empire du Milieu comme Byd et Chery (Jaecoo, Omoda) ont un coup d’avance. Le premier annonce être capable de produire 300 000 Atto 2 à Szeged en Hongrie quand le second ouvre ce printemps son usine à Bercelone. Ni les taxes, ni la dévaluation de l’Euro ne sauraient les ébranler.

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