90 000 € pour un Audi Q5 hybride ? Le piège fiscal qui fait exploser la facture du nouveau SUV.
Avec une puissance cumulée de 367 ch, l'Audi Q5 e s'établit comme la variante la plus performante du SUV d'Ingolstadt. S'appuyant sur une batterie de 20,7 kWh nets, cette version promet plus de 90 km en électrique. Cependant, son positionnement interpelle, car le prix flirte avec les 90 000 € une fois la taxe au poids incluse. Un tarif qui le place en concurrence directe avec le nouveau Q6 e-tron 100 % électrique.

Sommaire
Note
de la rédaction
14,1/20
En bref
SUV premium
Autonomie : 97 km
Puissance : 367 ch
A partir de 79 300 €
Impossible de passer au travers d’une motorisation hybride rechargeable sur le marché français, réputé pour être l’un des plus rudes d’Europe en matière de taxes. La nouvelle génération de Q5 propose d’ailleurs deux niveaux de puissance pour ces hybrides. Nous testons aujourd’hui la plus puissante, revendiquant 367 ch. Le Q5 e-hybrid permet ainsi d’approcher les 100 km en électrique en une charge. Il s’adresse principalement aux cadres et aux flottes d'entreprises, attirés par l'exonération de malus écologique et de TVS (taxe sur les véhicules de société), tout en bénéficiant d'une image de marque statutaire. Pour cela, il faudra débourser la coquette somme de 79 300 € pour cette finition S-Line équipée de la transmission Quattro. Comme sur la précédente génération, ce Q5 est décliné dans une version coupé dénommée Sportback, facturée 2 200 € supplémentaires.

Si la technologie PHEV lui octroie un avantage « CO2 », elle ne permet pas à l’Allemand d’échapper à la taxe au poids qui atteint ici des sommets. Ainsi, notre version d’essai écope d’une taxe de 9 380 €, à ajouter au prix de la voiture. Qui débourserait alors près de 90 000 € pour un Q5 hybride rechargeable ? Dès lors, pourquoi ne pas passer directement au tout électrique ? La question se pose, sachant qu’un Q6 e-tron, plutôt facile à vivre avec ses recharges en 20 minutes, s’affiche à 75 000 € à finition équivalente.

Cette version embarque la même hybridation que le Q5 e-hybrid de 299 ch. Elle associe un moteur essence 2.0 TFSI et un électromoteur intégré à la boîte de vitesses. Seule la gestion électronique permet de tirer plus de puissance du système hybride. La puissance atteint ici 367 ch au total.
Une autonomie en électrique en dessous de la concurrence
La capacité de la batterie augmente de 45 % par rapport au précédent modèle PHEV et atteint désormais 20,7 kWh nets. De quoi répondre aux déplacements quotidiens domicile/travail avec une autonomie annoncée de 97 km (WLTP) est globalement en dessous de ce que propose BMW avec le X3 et Mercedes avec le GLC. Nous n’avons pas atteint cette distance avant de solliciter le bloc thermique, mais les 72 km relevés devraient satisfaire bon nombre d’acheteurs, sachant que notre parcours incluait une longue portion à 110 km/h. En électrique, les 143 ch de l’électromoteur suffisent à mouvoir ce gros SUV sans jamais peiner, y compris dans les montées. De plus, les palettes au volant servant à passer les rapports permettent aussi de gérer la récupération d’énergie (trois niveaux) lorsque le Q5 est en mode électrique. Cela apporte un côté ludique à la conduite. Avec les batteries pleines, la consommation en carburant reste sous la barre des 2 l/100 km.


Une fois le seuil de décharge atteint, le véhicule fonctionne comme un modèle hybride classique, alternant entre le moteur électrique et le bloc thermique selon les besoins de puissance. Le passage d'une énergie à l'autre s'effectue sans vibrations et avec une transition fluide. Quasi inaudible au démarrage, le 2.0 turbo essence de 252 ch se montre plus présent lors des accélérations franches, mais toujours en souplesse. Le 0 à 100 km/h est réalisé en 5,1 s et la V-Max est limitée à 250 km/h. Le gain de tempérament par rapport à son petit frère n’est pas flagrant. Notre modèle d’essai offre des sensations de poussée pas vraiment plus marquées que la version 299 ch dont elle dérive.
Autonomie électrique et consommation en carburant correctes
Les consommations sont relativement contenues pour un véhicule aussi lourd et puissant. Nous avons ainsi observé une moyenne de 7,8 l/100 km, une fois les batteries vides. Pour davantage de sobriété et de confort, les jantes 19’’ sont vivement conseillées.


Contrairement à certains SUV du groupe Volkswagen, construits sur la plateforme MQB Evo et dotés d’un port de charge compatible avec les bornes rapides, le Q5 ne peut se charger qu’en courant alternatif jusqu’à 22 kW. Le fait que le Q5 ne dispose pas de charge rapide nous paraît plus choquant pour des raisons de standing que pratiques. En effet, le prix du kWh sur une borne rapide n’est pas intéressant financièrement. Audi a maximisé la puissance AC. Trois heures et demie suffiront à recharger l’Allemand sur une Wallbox (7,4 kW) et une heure environ sur une borne publique 22 kW.
Le comportement en virage est remarquable, le roulis étant idéalement contenu et le confort est assuré par la très recommandable suspension pneumatique (2 300 €). Malgré les 2 300 kg de l'engin, l’Audi Q5 fait preuve d’une volonté rassurante à l’inscription. Le grip est impérial sur le sec, avec un train arrière qui pivote en douceur pour limiter le sous-virage. Sur sol mouillé, la transmission Quattro régule le couple de manière à optimiser la motricité.

À bord, on retrouve l’immense dalle numérique recourbée chère à Audi, composée d’une instrumentation de 11,9 pouces et du système multimédia 14,5 pouces permettant d’afficher la carte Google Earth. Le système est plutôt réactif. Ici, un troisième écran optionnel vient distraire le passager avec différentes applications… dont un karaoké. Une fois la voiture en mouvement, il réduit son champ de diffusion afin que le conducteur ne puisse plus le regarder.
Une qualité de présentation décevante


Les finitions apparaissent soignées, mais les matériaux sont toujours en régression par rapport aux précédentes productions de la marque, avec notamment des plastiques durs et sonnant creux au niveau de la console centrale ou des vis apparentes (!). Des défaut difficilement tolérables au regard des prix pratiqués.


On apprécie aussi de pouvoir étendre les jambes grâce à un espace pour glisser les pieds sous les sièges avant et la position confortable aux places latérales. Celle du centre hélas, dure au niveau du dossier et encombrée par un immense tunnel de transmission, ne servira qu’en dépannage. Amputé de 82 litres à cause de la batterie, le coffre de l’hybride rechargeable manque de hauteur et se prive de rangement sous plancher. Pénalisant pour ranger les câbles. Avec 438 litres à disposition, il s’avère juste pour partir en vacances en famille. Dommage pour un SUV à vocation familiale.
Chiffres clés *
- Longueur : 4,71 m
- Largeur : 1,90 m
- Hauteur : 1,64 m
- Nombre de places : 5 places
- Volume du coffre : 438 l / 1 358 l
- Boite de vitesse : Auto. à 7 rapports
- Carburant : Hybride essence électrique
- Taux d'émission de CO2 : NC
- Date de commercialisation du modèle : Septembre 2024
* pour la version III 2.0 E-HYBRID 367 QUATTRO S LINE S TRONIC 7.
Le bonus / malus affiché est celui en vigueur au moment de la publication de l'article.
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