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Chez Renault, des résultats honorables et une IA qui s’invite dans le réseau

Dans Economie / Politique / Industrie

Michel Holtz

Leader du marché français au premier semestre, la marque au losange récolte les fruits de sa stratégie et du carton de la nouvelle R5. Mais au-delà des chiffres, une révolution tech s’amorce dans les ateliers : de la reprogrammation à distance au « Shazam du bruit » pour diagnostiquer les pannes, l’IA s’installe dans le réseau.

Chez Renault, des résultats honorables et une IA qui s’invite dans le réseau
L'IA débarque, à l'abri des murs du réseau Renault. Photo : MaxPPP.

C’est un directeur général zen. Guillaume Sicard, en charge de la France pour la marque Renault, est plutôt serein en égrenant les premiers résultats du losange dans l’hexagone pour le premier semestre de cette année. La marque est leader dans l’hexagone avec 19,79 de part de marché « mais en plus, on progresse de 30,2 % sur les utilitaires ».

Il y a bien ce net recul sur les ventes aux loueurs de courte durée, avec 11 000 voitures en moins ces six derniers mois. Une baisse que le boss assume « c’est une décision volontaire », ajoutant que la stratégie de Renault, « c’est de privilégier les canaux les plus créateurs de valeur. » En somme, ceux qui rapportent le plus.

Le profit plutôt que le volume

Exit, donc, les énormes remises faites aux loueurs. Une stratégie plutôt à l’opposé de l’ensemble du secteur qui, après des années de pseudo-montée en gamme et de course au profit, mise désormais sur le volume. Pas Renault qui, par la voix de son dirigeant français, entend miser sur le long terme, mais aussi sa prudence multi-énergie.

Son image de spécialiste de l’électrique, avec notamment l’énorme carton de la R5, qui vaut à l’usine de Douai ou elle est assemblée, l’adjonction d’une équipe de plus, la marque l’accepte, mais ne s’en contente pas.

Elle se veut la spécialiste du tous azimuts, du VE au full hybride en passant par le GPL, réintroduit sur la Clio. « Nous sommes focus sur la faible consommation, sur l’ensemble de la gamme, et j’ai l’impression que nous sommes les seuls » complète le dirigeant qui semble tout aussi focus sur ses clients, du moins sur l’amélioration numérique du SAV.

Gullaume Sicard, confiant dans ses produits, sa stratégie et l’IA.
Gullaume Sicard, confiant dans ses produits, sa stratégie et l’IA.

Car l’IA est entré dans les ateliers des concessionnaires sous deux formes. La régie met en effet en place progressivement le diagnostic prédictif. Pas de boule de cristal dans l’opération, mais une simple affaire d’autos connectées.

Lorsqu’un conducteur prend rendez-vous pour un entretien courant ou un problème technique, le réparateur active son ordinateur qui interroge la voiture à distance. Lorsque le client débarque à l’atelier, les pièces déficientes sont ainsi déjà commandées et livrées. Un gain de temps pour ce dernier, mais aussi pour le garagiste.

Même conséquence pour l’autre nouveauté introduite ces temps-ci : un « Shazam » du bruit. Tous les mécanos de la planète ont couramment au téléphone des clients qui leur expliquent que leur auto fait un drôle de bruit, en imitant parfois le son de leur moteur défaillant. En expliquant que « ça fait chlomp-chlomp, vous savez bien ». Le professionnel ne sait généralement pas, mais dorénavant, il aura une meilleure idée du bruit en question, et de sa cause.

L’avenir est au diagnostic à distance

Car une IA mise à disposition du réseau dispose de 4 000 bruits enregistrés, et elle est capable de les diagnostiquer. Pour l’activer, rien de plus simple : le client enregistre son moteur avec son smartphone, le fameux « chlomp-chlomp », et l’envoie à son concessionnaire qui peut ainsi diagnostiquer le mal à distance.

Ce Shazam de l’auto, qui n’a évidemment pas le droit de s’appeler ainsi, devrait rapidement être installé de série sur les futures autos, comme la nouvelle génération de Trafic E-Tech (doté de 800 V) mais aussi de la Megane restylée qui devrait être présente au Mondial de l’automobile au mois d’octobre. Un salon ou Renault entend affirmer sa présence, « avec le plus grand stand de la manifestation ».

En attendant cette échéance, l’ex-régie doit d’ici là publier ses résultats mondiaux, pour la marque Renault comme pour l’ensemble du groupe. Le 30 juillet, on saura si la bonne tenue française se vérifie sur toute la planète Renault.

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